/// Genghis Tron + Behold... The Arctopus + Stuntman

Luynes (13) - Le Korigan (12/11/2008)

Publié le 12/11/2008 par Seonadh

Au départ, le groupe de core expérimental de génie Señor Flores devait jouer la première partie de ce concert, et c'est ainsi que j'ai été amené à écouter Genghis Tron et Behold... The Arctopus, deux groupes qui m'étaient absolument inconnus. J'ai de suite accroché, surtout Behold... qui m'a littéralement dévasté le cerveau! Donc je n'ai pas réfléchi à deux fois avant de me lancer pour voir Genghis Tron, Behold..., et Señor Flores à Toulouse le 10 novembre et ensuite à Luynes deux jours plus tard. Première grosse déception pour moi: deux jours avant de partir pour Toulouse, Señor Flores annule les deux dates. Imaginez ma tête quand la veille du concert Behold... The Arctopus ont annulé eux aussi à Toulouse! J'ai donc fini par ne pas y aller (mais mon voyage n'était pas en vain; cf live report Destinity à Toulouse!) et c'est avec moult appréhension que je me pointe seul devant la salle (qui m'est à présent bien familière!) du Korigan à la sortie d'Aix, n'ayant toujours pas vu d'annulation de la part de Behold... je m'attends à tout! J'arrive à 19h50, début du concert programmé à 20h. Nous sommes trois. Et j'apprends que les deux autres sont du staff... Heureusement (pour les groupes! moi j'avais très froid dehors!) le début a pris pas mal de retard et finalement c'est après avoir entendu une bonne moitié des balances que la cinquantaine de personnes se dirige vers l'entrée, il est 21h. Comme d'habitude, il y un problème au niveau de l'accred, et tout le monde impliqué accuse les autres, donc je paye sans faire d'histoires et je vais patienter pour l'entrée en scène du premier groupe.

Stuntman était annoncé comme un groupe de Noisecore, un genre auquel je ne cache pas être bien réticent! Et finalement je ne suis pas impressionné, ni par le public, ni par le groupe. Le public ne réagit que très peu, voire pas du tout à la musique du groupe, quasiment un rituel pour les premières parties au Korigan! Le groupe balance son core peu accrocheur et assez ennuyeux au final (ou peut-être était-ce parce qu'on savait ce qui arrivait juste après!) avec des rythmes se voulant prog mais qui ne parviennent qu'à rendre la musique plus difficile à apprécier. Le chanteur fait de son mieux pour motiver un peu le public en venant se heurter au premier (seul) rang dans le but vain de créer un pogo, mais malgré ses efforts le groupe quitte la scène un peu déçu, on le sent bien.

Enfin l'entrée en scène que beaucoup d'entre nous attendions bien plus que la tête d'affiche... Le metal ultra-avantgardiste de Behold... The Arctopus. Ceux qui ne connaissent pas prennent une claque avant même le début à l'arrivée de l'ovni qu'est Colin Marston le "bassiste" du groupe, montant discrètement sur scène pour accorder sa Warr Guitar, une contraption incongrue mêlant basse et guitare sur le même manche: six cordes de basse en haut du manche montées à l'envers, directement collées aux six cordes montées en miroir sur le bas du manche, deux sorties, deux amplis, le tout se jouant en tapping! (Non, ce n'est pas juste mon explication qui est compliquée!) Charlie Zeleny, le batteur-dieu de la formation (et représentant mondial de la marque Roland avec le claviériste de Dream Theater s'il vous plaît!) s'installe tranquillement, tandis que s'accorde Mike Lerner sur sa Ibanez vert fluo, de quoi provoquer n'importe quel guitariste à dire "cet homme n'a pas de goût!", et pourtant...
Le groupe est prêt, et nous attendons que le départ soit lancé. Première claque pour moi, le groupe commence sans donner de départ, sans même échanger un regard, à jouer Exospacial Psionic Aura (écoutez-le et vous comprendrez!) et d'entrée on est cloué au sol. Le concert n'est pas un enchaînement de morceaux, c'est un tout purement planant, une entité orgasmique, quarante minutes où le temps s'est arrêté, mais quarante minutes qui sont passées en cinq! Des morceaux comme Canada ou Scepters sont exécutées avec une précision et une passion comme je n'en ai jamais vues auparavant, et ils véhiculent le ressenti de ce qu'ils jouent à merveille. Le début reconnaissable entre mille de You Are Number Six arrive, laissant place à ses blasts et ses mélodies envoutantes, et il est remodelé pour la scène, relançant sur le break de la fin l'intro du morceau contre toute attente! Les génies jouent encore par exemple Sensory Amusia, un morceau de 4 minutes 39 qui a dû en prendre le double sur scène à cause de toutes les modifications apportées, parmi lesquelles on notera le larcène de guitare et de basse interminable durant lequel les deux aliennes resteront tout à fait statiques et le batteur sortira de scène pour revenir pile au moment où le larcène commence à changer et ils repartiront tous encore une fois ensemble avec une précision ahurissante, pour finir et nous laisser assommés par le spectacle ésotérique, aussi froid qu'épique et riche, auquel nous venons d'assister. Ce soir, j'ai ressenti des choses que je n'avais jamais ressenties avant... S'il y a un groupe à voir avant de mourir, c'est bien Behold... The Arctopus!

Malheureusement, encore sous le choc, j'ai manqué une partie du concert de Genghis Tron, mais je savais bien qu'ils ne pourraient jamais égaler ce à quoi je venais d'assister. C'est pourtant l'esprit le plus vide possible que je retourne dans la salle pour découvrir que le groupe est en fait composé d'un guitariste, un claviériste et un chanteur qui s'occupe aussi des samples. Une ambiance agréable et puissante, malgré le manque d'instruments qui leur feraient pourtant le plus grand bien sur scène, mais qui n'arrive pas à la cheville du précédent groupe (je suis obligé de faire la comparaison, c'est plus fort que moi!)
Certainement à voir sans Behold... The Arctopus en première partie!!!

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