/// Savoie Rock Fest / Day 1 (The Exploited, Tagada Jones, Parabellum..)

La Bâthie (73) (03/07/2009)

Publié le 03/07/2009 par .:Niklas:.

Première édition du Savoie Rock Fest, et à la lecture de l’affiche, une seule pensée traverse l’esprit c’est le jeu de mot pourave, mais ô combien vrai : « Savoie envoyé du gros ! ». Jugez plutôt : Deux jours de concerts et 14 groupes dont Tagada Jones, Parabellum, The Exploited, Napalm Death, Black Bomb A, Lofofora…
Organisé à La Bâthie (à 5 min. d’Albertville), les deux journées sont complémentaires et on pourrait presque dire à thème ! En effet, le Vendredi c’est le Punk qui sera à l’honneur, alors que le lendemain c’est le Metal qui sera à la fête.
Malgré un petit retard, l’équipe de MetalFrance arrive suffisamment à l’heure pour le concert d’ouverture !

.:J’aurais voulu:.
C’est ce groupe de Punk/Rock français, déjà ses dix ans au compteurs cette année, qui a la tâche difficile d’ouvrir le festival. Le public est largement éparse, la sécurité et l’organisation semblent un peu dépassés par les évènements, mais gèrent plutôt bien la masse de festivaliers qui arrive progressivement.
Sur la scène, le quartet délivre un Punk/Rock à la française assez classique mais énergique. Ça bouge bien sur scène, les paroles (en français, donc) largement intelligibles et revendicatrices résonnent au cœur des montagnes. Un bon point donc, surtout qu’il y a un fort potentiel aux sing-alongs festifs, ambiance stade de foot !
Dommage que le public arrive au compte goutte, en revanche pour le groupe ça ne les arrête pas, ils se donnent à fond !

.:Charge 69:.
On reste dans la même ambiance Street Punk, avec les classiques Charge 69. Le groupe messin qui vient de garnir ses rangs d’un nouveau chanteur en la personne de Vérole (vocaliste des Cadavres). D’après les infos que j’ai pu récolter sur place, c’était le premier concert sous ce line-up. La prestation du groupe est là aussi tout à fait honorable, même si le public est encore peu nombreux. Dans un style très proche de la précédente formation, Charge 69 bénéficiant d’une dimension quasi-culte, le public assez coloré semble conquis.
Un public vraiment large, tapant aussi bien dans le d’jeun’s que dans le quadra !
Sur la scène le son est assez "brut", du keupon 100% pur jus !.. Les amateurs étaient en terrain connus et ne cachent pas leur plaisir.

.:Uncommonmenfrommars:.
Jusqu’à présent les deux formations précédentes ont délivré des sets honorables, avec des prestations assez énergiques mais un son plutôt moyen. Et lorsque les Uncomonmenfrommars investissent les planches savoyardes, c’est la première grosse claque de la journée !
Le combo va littéralement enflammer la Bâthie. Tout d’abord, le son vraiment énorme ! C’est puissant et d’une qualité remarquable !
Les compos énergiques, et mélodiques, prennent une tout autre dimension sur scène ! D’une part, vous l’aurez compris, grâce à un son dantesque ; d’autre part grâce à une prestation nickelle. Les voix mélodiques faisant la part belle à des harmoniques parfaitement exécutées. Techniquement les gaziers sont irréprochables, c’est à la fois fou et carré, ça joue fort et bien.
Le public afflue vraiment au fur et à mesure du set.
Autre point fort, la complémentarité des musiciens. Trois sur quatre sont des frères, et cela se ressent mais leur point fort est leur capacité à partager cette entente avec le public. L’un des guitaristes descendant de la scène pour jouer au plus près du public sur la fin.
Sans prise de tête, et authentique les UMFM, malgré un nom à coucher dehors et des paroles anglophones, ont fait coulé les premiers litres de sueurs dans le pit savoyard !

.:Parabellum:.
Le public est désormais chauffé à blanc, et très nombreux pour assister au set des Parabellum. Des parabellum qui fêtent leur 25ième année de carrière !
Et ce sera la deuxième claque de la soirée ! Les papys font plus que jamais de la résistance, et ont démontré que le punk n’était pas mort ! Le plus beau était de voir un public en liesse, balayant un large spectre de générations, bras dessus bras dessous reprendre en cœur les classiques du groupe.
Car Parabellum est une usine à tubes il ne faut pas l’oublier ! Et nous avons eut droit, entre autre, à "Cayenne", "La Belle", une reprise du Amsterdam de Brel avec un arrangement au niveau des paroles, "Le dernier trocson" punk flirtant avec le rock-à-billy, le puissant et très efficace "Anarchie en chiraquie (/en Sarkozie)" qui a mis tout le monde d’accord (ça jumpait dans la foule !).
Sur scène ils ont assuré le spectacle que se soit Sven au style vestimentaire incertain et aux allures de ZZ Top, ou Schulz aux rouflaquettes grisées.
Du grand Parabellum, en somme, qui a encore des choses à dire, et le montre avec une énergie folle et improbable ! Respect, donc, aux vieillards !

.:The Exploited:.
L’impact des Parabellum se mesure facilement tant les sourires affichés sur les visages des festivaliers sont béants. On prend juste le temps de souffler et d’une petite pause houblonnée, avant l’entrée en scène d’une autre légende du Punk : les anglais de The Exploited.
Du côté du public, la concentration de crêtes rouges dans les premiers rangs augmente de façon exponentielle. Les anglais déboulent sur scène et déverse sans retenue leur Thrash/Punk assez violent.
Dans le pit c’est devenu beaucoup plus brutal, et la sécurité a eu un peu plus de travail... Les festivaliers cherchant plus à « jouer » qu’à réellement foutre le bordel, aucun incident n’est à déplorer.
Le groupe assure un show brutal. Au niveau du son ce n’était pas loin d’être vraiment crade, avec un son de basse vraiment trop fort. Wattie, hurlant ses lyrics dans son micro avec une rage extrême et en remuant sa crête dans tous les sens. Très intense, le set atteint son apogée, lorsque Wattie fait monter sur scène, un festivalier, pour jouer la chanson qu’il désire. Le jeune homme demande, comme la plupart des festivaliers, le fameux "Sex And Violence". Le festivalier qui chantera entièrement la chanson avec le groupe, et le public !
Brutal, brûlant… Un brin répétitif peut-être… The Exploited ont explosé la plupart des tympans de l’auditoire, qui n’en demandait pas plus !

.:Suns Owl:.
Voilà l’ovni, de la soirée. Totalement inconnu au bataillon, les japonais de Sun’s Owl vont devoir exécuter leur set devant un public assommé par The Exploited, et qui ne les connait probablement pas.
Et dès les premières notes on sent que le public keupon pur et dur qui vient de prendre son pied avec The Exploited va être déboussolé !.... En effet, Suns Owl officie dans un crossover de Neo-Metal/Hardcore dopé aux samples indus ! Si premièrement, l’étonnement est sur tous les visages, avec les gros yeux et la bouches baie sur l’into du titre "Matrix Addict" les premiers riffs et les premiers hurlements, vont mener le pit à se remuer le popotin et tout le monde va se mettre à jumper en rythme, avec les zicos !
Car sur scène ils ne chôment pas ! Ils se démènent et occupent largement la scène ! Musicalement, j’ai pensé à Machine Head époque « Supercharger »/« The Burning Red ». Une musique qui à défaut d’être originale envoie le bois et s’avère être terriblement efficace ! Seul bémol les rares passages chantés étaient assez faux, mais pour ce qui est du beuglement, le frontman connaissait son sujet.
Le public, et principalement les plus jeunes, ont plutôt bien apprécié et ont pu se donner à fond !
Un set précis et puissant, entre jump et bûcheronnage.

.:Tagada Jones:.
C’est à Tagada Jones d’achever un public qui commence à avoir les traits marqués, mais qui visiblement en demande encore. Pour les bretons, le public a conservé une moyenne d’âge plus basse. Les Tagadas ont assuré un set carré et ravageur. Piochant dans à peu près toute la discographie, c’est pour ma part les morceaux de « L’envers du décor » que j’ai préféré, qui ont beaucoup plus de pêche et sont plus variés que les derniers… En témoigne les pogos sur "Ecowar" ou "Un Kulte" notamment.
Sinon malgré quelques soucis avec la console (qui vaudra une belle gueulante du bassiste en coulisse !), le retard cumulé… le groupe doit envoyer le bouzin et rapidos ! Et excellente surprise au niveau du son, il est très bon ! Car les Tagadas ont quand même la mauvaise réputation d’avoir un son de cave en live, et bien ici, c’était nickel.
Les tubes made in Tagadas ont plu "H200", "Cereal Killer", "Manipulés"…
De quoi achever comme il se doit les festivaliers qui tenaient encore debout. Une bonne prestation, avec un nico en verve qui a bien communiqué avec le public.

Au final, cette première soirée du Savoie Rock Fest fut une réussite sur bien des points, malgré une organisation un peu dépassée sur les premiers instants. Tout d’abord, au niveau de la prog, l’ensemble était très homogène et les sets d’assez bonne facture pour la plupart. En ce qui me concerne, LA révélation de la soirée, et LA grosse claque s’appelaient Uncommonmenfrommars. D’autant plus que pour avoir discuté avec l’un des jumaux (Trint, que je salue amicalement au passage) ils sont très sympathiques !
Place donc au premier véritable apéro du festival, en attendant les déflagrations métalliques du lendemain avec Napalm Death en tête d’affiche, Lofo, L’Esprit Du Clan, Ultra Vomit…

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