/// Behemoth, Cradle Of Filth, In Solitude, Inquisition, Svarttjern

Z7, Pratteln (CH) (13/02/2014)

Publié le 22/02/2014 par Dzo

Premier concert pour moi de cette année au Z7 de Pratteln, et pas des moindres, car c’est face à Inquisition et Behemoth que je vais me frotter ce soir. Avec respectivement Obscures Verses Of The Multiverses (chronique ici) et The Satanist (chronique ), ces deux formations nous ont servis sur un plateau d’argent deux pièces de très grande qualité, alors les voir ce soir sur une même scène est une excellente manière de démarrer ce cru 2014 sur les chapeaux de roue.

J’évoquais ces deux groupes en particulier, mais ce soir, pas moins de 5 boys band vont se succéder sur les planches, on retrouve ainsi Svarttjern (que je n’ai pas vu car arrivé trop tard) qui ouvrait les hostilités pour les plus ponctuels, mais aussi In Solitude (groupe en pleine ascension) et Cradle Of Filth.

 

Inquisition:

18h40, le duo américain fait son entrée en scène, devant un public clairsemé et distrait. Juste le temps de pénétrer dans la salle que le premier morceau a déjà commencé. C’est donc sur les notes de ‘Force Of The Floating Tomb’ que je redécouvre le duo américain sur les planches du Z7. La scène paraît cruellement vide, mais Dagon n’hésitera pas occuper tout l’espace disponible, divaguant d’un bout à l’autre de la scène, en posant à coup de grand écart/guitare. Globalement, le son est plutôt bon et pas trop fort, ce qui rend le show appréciable sans se péter les tympans (pour le moment). Les croassements aux allures d’Immortal rendent aussi bien en concert que sur cd, ce qui fait que l’immersion est rapide et totale. Quant aux compos du nouvel album, elles passent comme une lettre à la poste!

C’est la deuxième fois que j’ai l’occasion de voir Inquisition à Pratteln, et c’est sans surprise que je découvre à nouveau un show très simpliste, sans fioriture mais parfaitement rôdé et très prenant. L’osmose entre Dagon et Incubus est palpable et opère de manière idyllique; côté setlist ça envoie aussi le nécessaire pour se raboter la nuque avec des titres comme ‘Astral Path To Supreme Majesties’, l’excellente ‘Embraced By The Unholy Power Of Death And Destruction’, la martiale ‘Crush The Jewish Prophet’, ‘Nefarious Dismal Orations’ ou encore du ‘Infinite Interstellar Genocide’ du dernier opus que j’évoquais plus haut.

Après 40 minutes d’un show intense sans interruption, le binôme américain quittera la scène sans un geste envers le public ni un au revoir, Dagon repartant avec sa setlist comme si sa vie en dépendait! Hormis ça, excellent show, quoiqu’un peu court malheureusement.

 

In Solitude:

Au tour d’In Solitude de jouer un peu plus d’une grosse demi-heure également. Le combo suédois évolue dans un Heavy occulte atypique, à se demander si ce groupe a vraiment sa place sur cette tournée axée BM. Personnellement, je ne suis pas du tout amateur de heavy en général, leur son et leur prestation m’auront donc laissé de marbre, mais le groupe développe une bonne énergie sur scène et semble avoir conquis les fans, qui étaient mine de rien quelques-uns à avoir fait le déplacement pour eux.

Photos ici.

 

Cradle Of Filth:

Pas de chance pour moi, Behemoth étant en tête d’affiche ce soir, je vais devoir me coltiner le show entier de Cradle Of Filth, il fallait bien que ça arrive un jour. 21h, les anglais montent sur scène sur l’intro de …Midian! L’espoir d’un show enfin bien mené?

Réponse dès le premier cri strident aigüe de Dani Filth, c’est un non franc et massif pour moi, même en essayant de rester un maximum objectif. Malgré ça, il faut tout de même admettre que côté setlist, la discographie des premières heures de Cradle Of Filth est bien représentée, à l’image de morceaux comme ‘The Principe Of Evil Made Flesh’, ‘Cruelty Brought Three Orchids’, ‘Summer Dying Fast’ et ‘Born In A Burial Gown’. Mais la mayonnaise ne prend pas, et je n’arrive définitivement pas à rentrer dedans à cause de la voix, car musicalement c’est bien construit, en particulier les chansons jouées ce soir.

Le groupe est devenu l’ombre de lui-même depuis bien longtemps et le confirme une énième fois ce soir avec un Dani risible au possible. Le décor de la scène est digne d’un rayon de Vima lors de la période d’Halloween, avec ce pied de micro atroce, et l’écran de fond de scène qui ne cessera de débiter des .gif du logo du groupe, franchement pathétique.

Mis à part deux ou trois titres, peu d’éléments des derniers albums sont joués, au détour de ‘Nymphetamine’ où la nouvelle claviériste rehaussera un peu le niveau de chant du groupe. Oui car niveau chant, Dani ne cessera de s’auto-parodier comme à son habitude, sautillant sur lui-même pendant qu’il braille dans sa tenue aussi ridicule que lui. D’ailleurs, ses petits sauts à répétition feront marrer un mec de la sécurité, et on le comprend.

Le line-up de scène ayant été bousculé juste avant le début de la tournée, on ne retrouve ni Paul Allender (absent pour raisons familiales) ni James Mc Ilroy (qui devait se faire opérer du cou), mais deux guitaristes de sessions, dont l’un qui joue dans le groupe tchèque Root.

Le show se poursuit sur d’autres grands classiques du groupe comme ‘Her Ghost In The Fog’ et se conclura sur ‘Funeral In Carpathia’, si je ne me trompe pas. Bref, un show aussi prévisible qu’insipide, long et pénible.

Photos ici.

 

Behemoth:

22h30, la salle s’est considérablement renflouée par rapport à Inquisition. Pour cette nouvelle tournée promotionnelle de The Satanist, les polonais trimballent avec eux tout l’armada habituelle pour plonger les spectateurs dans un rite occulte. Les pieds de micros en fer forgés ont été mis au goût avec le logo triangulaire du dernier album, tandis que l’énorme batterie d’Inferno surplombe le Z7. De chaque côté de cette imprimante à blast, on retrouve le logo du groupe en fer forgé, dans l’esprit des pieds de micro.

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Après quelques longues minutes de patience, les lumières s’éteignent enfin, et rapidement l’excitation générale du public suisse est palpable. Le groupe entre en scène dans l’obscurité sur le riff d’introduction de ‘Blow Your Trumpets Gabriel’. Dès les premiers instants, la magie polonaise opère; le public est comme transcendé, hypnotisé par la prestation irréprochable de Behemoth. Les musiciens ont un charisme peu commun, Orion étant plus que jamais intimidant avec son regard glaçant et sa carrure imposante.

Malgré la distance qui me sépare de la scène, je trouve Nergal toujours terriblement amaigri, malgré que le frontman soit très en forme. Le groupe continu son ascension de The Satanist en interprétant ‘Ora Pro Nobis Lucifier’, qui se révèle très efficace en live, notamment avec cette relance sur la deuxième partie du morceau. Côté son ça ne pêche pas, bien au contraire, ce dernier est impeccable en tout point, sans parler des effets pyrotechniques qui apportent un visuel édifiant et un côté exaltant non négligeable au show.

Le groupe revient sur des grands classiques mais toujours très efficace pour se briser la nuque avec ‘Conquer All’ et l’indispensable ‘As Above, So Below’ qui est un torrent d’agressivité mêlé à une efficacité sans ménagement. L’effet rouleau compresseur continu avec ‘Slaves Shall Serves’Inferno exercera son talent de blasteur fou et ‘Decade Of Therion’, toujours sans une fausse note et dans une ambiance qui ne cesse de monter.

On passe par la case Evangelion avec ‘Ov Fire And The Void’, agrémenté lui-aussi de flammes, pour revenir sur l’orientale ‘At The Left Hand Of God’, hit indispensable dans la riche setlist que proposent les polonais ce soir.

Mais un concert de Behemoth n’est pas un concert de Behemoth sans ‘Chant For Eschaton 2000’, hymne qui raisonne comme un véritable appel à la destruction de ses cervicales à travers un headbang furieux que l’on regrettera amèrement le lendemain au boulot.

Le temps d’un rappel, le groupe finira son admirable prestation sur ‘O Father, O Satan, O Sun’. Sur la transition avant la deuxième partie du morceau, le quatuor quittera un court laps de temps la scène pour revenir tous masqués de manière identique au clip du dernier album, avant de disparaître sous un épais manteau de brume artificielle, laissant un public médusé par une telle prestation, dans le bon sens du terme, évidemment.

Dommage que des titres comme ‘Lucifer’ ou ‘Moonspell Rites’ habituellement joués ne soient pas de la partie, ou même ‘Ben Sahar’ du dernier opus qui doit être quelque chose en live, mais Behemoth commence à collectionner tellement de hits qu’il devient difficile de tout caser dans une seule setlist (ou bien il faudrait laisser jouer le groupe deux heures).

Quoiqu’il en soit, ce concert était sans doute l’un des plus captivant que j’ai eu l’occasion de voir depuis longtemps, pourtant je ne suis pas à mon premier essai avec Behemoth, mais l’intensité et la surprise de chacun de leur passage est toujours au rendez-vous. Un concert tout simplement mythique et inoubliable, et je pense ne pas trop m’avancer en affirmant que tous ceux qui ont assisté à ce show ce soir-là partagent mon avis.

 

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Setlist:

Blow Your Trumpet Gabriel

Ora Pro Nobis Lucifer

Conquer All

Decade Of Therions

As Above, So Below

Slaves Shall Serves

Christians To The Lions 

The Satanist

Ov Fire And The Void

Furor Divinus

Alas, Lord Is Upon Me

At The Left Hand Of God

Chant For Eschaton 2000

Rappel

O Father O Satan O Sun

 

[Photos à venir très prochainement].

 

Une excellente soirée, avec son lot d’émotions (Behemoth), de fureur (Inquisiton) et de désillusions (Cradle Of Filth) qui a permis de confirmer que les polonais résident désormais comme des piliers live incontournables de la scène Metal extrême.

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