/// Dagoba - Apocalyptica

Aéronef, Lille (14/04/2011)

Publié le 14/04/2011 par S.

Depuis 2007, dans notre bonne capitale des Flandres, nous avons l’occasion d’assister à la mise en place d’un festival fort sympathique : Les Paradis Artificiels (www.lesparadisartificiels.fr). Ce festival se déroule sur une période de 10 jours durant lesquels, tous les soirs, les plus grosses salles de concert de la ville nous proposent un panel de show des plus variés.

Il se trouve que pour beaucoup ce festival s’est avéré être une vraie bénédiction car la date d’ Apocalyptica initialement prévue courant février avait été annulée, puis finalement repoussée pour rentrer dans le cadre des Paradis Artificiels. Ouf. Cerise sur le gâteau, c’est aux côtés de Dagoba que nous allons nous mettre en jambe lors de cette tournée française commune.

Nous nous présentons aux portes de l’Aéronef (www.aeronef-spectacles.com) vers 19h30, ravis de constater qu’une petite foule se presse lentement mais surement devant les portes bien que les spectateurs aient déjà commencés à pénétrer dans la salle.

C’est avec le sourire aux lèvres que nous nous dirigeons vers le passage obligé des contrôles de sécurités, on notera encore une fois l’amabilité des vigiles car visiblement ça leur arracherait la gueule de répondre quand on leur dit bonjour avec le sourire. Ce n’est pas le manque flagrant de tact qui me ruinera la soirée, qui semble d’ores et déjà plus que prometteuse.

Petit détour par la case “Merchandising” en attendant que le reste du public fasse tranquillement son entrée. Pour une fois, les fans en tous genres ne sont pas pris pour des cons. En effet, l’orga n’y va pas de mains mortes en nous proposant un panel de produits fort conséquent. Petit plus fort agréable pour les plus mordus. Et avec le sourire des vendeurs, que demander de plus ?

Concernant le public justement, chose pour le moins étonnante qui se remarque lors que presque tous les concerts ayant lieu dans cette salle : nous nous retrouvons en plein cœur d’un public complètement disparate allant de la mère de famille venue accompagner son gamin, au PDG en passant par quelques looks improbables difficilement descriptibles. Le tout parmi la foule des habitués : métalleux, gothiques, emo gringalets par-ci par-là etc. Néanmoins on remarque également la présence de métalleux tournés vers la scène extrême. Une vraie tour de Babel.

Cependant, nous sommes forcés de constater que même si la majeure partie du public affiche clairement une ambiance bon enfant, l’autre partie montre une crispation presque palpable. Passera, passera pas ?

Crochet vers le bar, en assistant de manière plus que sceptique à la performance de deux DJ qui mixent du métal sur scène histoire de faire patienter le public. Perdue dans mon délire j’aime/j’aime pas je n’ai pu que constater avec humour que bien que l’idée soit bonne, mixer du Slayer ou du Maiden devant une salle qui comporte autant d’horizons différents ne pouvait que faire un bide. Pendant que la moitié de l’assemblée chantonne mollement, l’autre moitié se braque de plus en plus.

Les lumières s’éteignent. C’est amusée que j’attends l’arrivée sur scène des Marseillais de Dagoba (www.myspace.com/dagoba). J’avoue volontiers que je ne suis pas fan devant l’éternel de cette formation, bien que j’apprécie énormément les écouter de temps en temps.

C’est pour cette raison que le show qu’ils ont réalisé ce soir ne dérange pas plus que ça. Il faut comprendre deux choses : la première est que jouer devant une grosse partie de gens qui ne connaissent rien ou presque à la scène Metal n’est pas une mince affaire, surtout quand la plupart des “non-initiés” font des bonds de surprise dès que Franky Costanza commence à faire gronder ses fûts. La seconde ce que j’aime appeler le “syndrome de la première partie”, un set de 40 minutes à peine, pour une formation de cette trempe c’est peu d’autant que sans être accro je reste grandement sur ma faim, de même, on constate également que quelques petites choses sont faites ici et là pour que le set de la formation qui ouvre soit un peu moins bon que celui de la tête d’affiche. Même si ça peut se comprendre, personnellement ça me gonfle au plus haut point. Heureusement pour eux, leur réputation n’est plus à faire et c’est un show des plus énergiques qui se déroule sous nos yeux. Le placement est bon, les compos s’enchainent à toute vitesse, le set est hyper bien mené.

Pour un set qui n’était pas gagné d’avance, nous avons assisté à une performance remarquablement efficace. De même, nous avons trouvé des gens qui, complètement hostiles à ce genre de musique, ont reconnu l’intérêt et le professionnalisme de Dagoba. Personnellement je n’avais assisté qu’à un concert dans le Nord, suite à la sortie de “Dagoba” alors forcément ils ont fait un sacré bout de chemin depuis et c’est à se demander jusqu’où ils vont aller. Face à un public donc majoritairement hostile, les Marseillais s’en sortent haut la main et avec les honneurs en prime. En leur souhaitant beaucoup de réussite et merci à eux d’avoir partagé cette tournée avec Apocalyptica. (www.apocalyptica.com/fr)

Applaudissements, suivis de l’attente. C’est long, très long. Il est bien sûr compréhensible que la mise en place puisse être un peu plus longue étant donné les instruments. Pourtant, la foule commence sérieusement à perdre la motivation et l’énergie gagnées durant la première partie. Las, certains discutent des concerts à venir, d’autres enchainent clope sur clope à l’extérieur. Ce n’est qu’après 45 bonnes minutes que les lumières s’éteignent et que la foule se calme, en attendant presque religieusement la montée du groupe sur scène.

La tension monte encore davantage, c’est pratiquement face à un public en apnée que retentissent les premières notes de “On the rooftop with Quasimodo”. Dès lors, deux constats : primo c’est qu’il est VRAIMENT CASSE COUILLE d’entendre miauler des nanas de 15 ans quand nos trois violoncellistes déboulent sur scène. Talentueux, sexy, etc certes, cependant, les “I love you” toutes les 5 secondes à par donner des envies de meurtres je ne suis par certaine que ça serve à quelque chose. Secondo : le son est superbe. C’est un des atouts majeurs de l’Aéronef à mon sens, le son est parfait, ce qui n’est pas évident avec des instruments classiques, sans parler du fait qu’ils soient en plus amplifiés. Je craignais que le son soit beaucoup trop brouillon pour pouvoir apprécier le show, je suis absolument ravie de m’être trompée.

“2010” enfonce le clou. Il semble que pour beaucoup, nos quatre finlandais soient un dérivé du boys band niais au possible. En voila une belle erreur. Qui peut se venter de mettre une ambiance rock’n’roll endiablée à la fois dans la salle mais aussi sur scène en seulement deux titres ? Énorme je vous dis. D’autant plus impressionnant vu la taille des instruments qu’ils manipulent avec une virtuosité vertigineuse.


Petite digression histoire de mettre les choses au clair. N’oublions pas que nous avons sous les yeux le fleuron des musiciens classique de Finlande dont, Perttu Kivilaakso par exemple, qui n’est autre que membre à vie du philarmonique d’Helsinki. Forcément, ça en impose.

C’est avec “Grace” titre extrait cette fois de l’album Worlds Collide, que la formation termine de séduire les membres du public les plus réticents. La performance est fantastique, ça headbang dans tous les coins, ils n’ont même pas besoin d’insister le moins du monde pour que la foule les suivent, je n’avais que trop rarement vu une telle relation entre un groupe et son public.

Soudain, c’est au tour d’Eicca Toppinen de rugir “Are you ready for Metal ?” A la suite de quoi c’est à “Master of Puppets” de déchainer la foule. L’original est déjà un titre qui vaut la peine d’être vu/vécu en live, mais vous retrouver devant trois violoncellistes et un batteur horriblement bons, avec un public qui chante sur leur musique c’est monstrueux. Une expérience à vivre, sincèrement.

Nous avons la surprise de voir sur scène le chanteur officiel de la tournée qui n’est autre que Tipe Johnson. Très bonne voix, c’est avec plaisir qu’il reviendra chanter sur plusieurs titres : “End of Me” “I’m not Jesus” le fameux et tant attendu “Bring them to Ligth” (réalisé avec le sieur Joe Duplantier de Gojira) puis enfin “I don’t care”. Avoir l’opportunité d’assister à un show d’Apocalyptica avec un chant aussi bien ficelé donne une dimension toute particulière à leur travail, nos quatre finlandais maitrisent avec brio l’instrumental comme les titres chantés sans que la lassitude se fasse sentir dans le public.

“For whom the bell tolls” puis “Refuse/Resist” achèvent de rallier les métalleux présents à la cause finlandaise. C’est ensuite sur deux titres extraits de leur dernier album 7th Symphony “Beautiful” et “Sacra” que poursuit la formation, ces titres sont déjà superbes en studio, attendez de voir ce que ça donne en live : la dimension humaine qui se déroule ici est d’une telle beauté qu’ils en feraient presque vivre leurs morceaux.


C’est alors que les premiers accords de LA chanson que tout le monde espérait voir se font entendre. Timides, nous voici plongés dans une ambiance presque acoustique, plus un bruit dans la salle, juste “Nothing Else Matters” qui, outre son côté chef-d’œuvre, fait vibrer l’Aéronef.

J’ai été plutôt surprise lorsqu’ils ont joué “Last Hope” même chose pour “Seek’n’Destroy” avec encore une fois un public des plus présents. Les membres du groupe sont aux anges, on ne peut s’empêcher de remarquer les sourires qui s’étendent d’une oreille à l’autre dès que la foule scande les moindres paroles, des reprises bien sûr mais également des propres compositions de la formation. Un vrai bonheur.

C’est sur “Inquisition Symphony” que se termine le show après une bonne heure et quart de frissons de toutes sortes. Les groupies crient toujours à la vue d’Eicca et de Perttu qui se sont progressivement retrouvés torse nu durant le concert, applaudissements du public mais également du groupe, toujours aussi fier du public français. Remerciements chaleureux avec un Perttu allant jusqu’à faire des petits cœurs avec ses doigts. Kitch ok, cependant vu la performance qu’on vient de voir on passera sur le côté un peu niais de la chose, car malgré tout, une telle entente public/groupe fait plaisir à voir.

Après avoir prouvé aux yeux de tous qu’en plus d’être des musiciens hors pairs, Apocalyptica nous revient sur scène pour un rappel façon bulldozer avec trois titres géniaux : “At the gates of Manala” “I don’t care” ainsi que le bouquet final qui n’est autre que “Hall of the mountain king” En somme, bien qu’un peu déçue qu’ils n’aient pas joué “Path” je suis complètement enchantée par cette soirée. Groupe et public sont repartis heureux, que dire de plus ?

Dagoba (Setlist):
The Nightfall and all its mistakes,
The man you’re not,
Black Smokers,
It’s all about time,
Degree zero,
The things within,
The white guy.

Apocalyptica (Setlist):
On the rooftop with Quasimodo,
2010,
Grace,
Master of Puppets,
End of me,
I’m not Jesus,
For whom the bell tolls,
Refuse/Resist,
Beautiful,
Sacra,
Nothing else matters,
Last Hope,
Bring them to ligth,
Seek’n’Destroy,
Inquisition Symphony,

Rappel :
At the gates of Manala,
I Don’t care,
Hall of the mountain king.

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