/// Devian + Septic Flesh + Vader

Korigan (Luynes, 13) (15/05/2008)

Publié le 15/05/2008 par Thanatës

Comme à notre habitude, nous avons loupé la toute première partie de cette soirée, en l’occurrence le groupe Inactive Messiah. Bien dommage, car c’est un groupe que j’aurais bien aimé découvrir sur les planches mais retard oblige… on fait avec. Le remords ne s’est pas fait sentir longtemps, nous sommes encore dehors quand les effluves sonores des balances du prochain groupe nous parviennent. Devian ! Douce frénésie, quand tu nous tiens… Nos places aussitôt prises, nous nous ruons au premier rang pour savourer cette douce boucherie, sans même prendre la peine de passer au bar prendre une mousse (c’est dire…). Avant même que les premières notes ne se fassent entendre, on entend déjà des ovations à l’intention de l’incroyable front man, Legion, provenant de la fosse. Si peu connaisseurs il y avait dans la salle à ce moment là, il aurait été légitime qu’ils se demandent «pourquoi?» Mais la réponse fut apportée toute faite sur un plateau, dés les premières notes que ces suédois nous crachèrent à la figure, Legion est bel et bien un « putain » de vocaliste. Réellement impressionnant, d’une agressivité communicative admirable auprès de ce public bouillonnant, mais il n’est pas seul sur scène, en effet tout les musiciens sont portés par la main de fer du bonhomme qui en impose par le respect. La setlist fut simple, elle se résumait au seul album sorti par ce line up jusqu'à présent (Ninewinged Serpent). Premier constat, malgré le duo Legion/Dragutinovic, Devian n’a, autant musicalement que scéniquement, absolument rien de « Marduk-esque ». Et c’est tant mieux pour les purs fans de fosses exterminatrices. Le set est remarquable, d’une violence et d’une agressivité à en faire pâlir plus d’un… les compos stars tels que « Serenade for the Fallen » et « Dressed in Blood » sont particulièrement bien reçues par cette fosse déchaînée, logiquement dirais-je. Et elles s’enchaînent avec tout autant d’entrain, rythmé par les interventions inspirées de Legion qui prend un malin plaisir à slamer avec son micro au moins une fois toute les deux compos. Mais juste le temps de faire souffler ces cervicales et le set est déjà terminé… à quand un nouvel album de ces tueurs ?

C’est au tour de Septic Flesh de braver la scène. Souvenez-vous, ce groupe grec largement salué par les critiques, groupe au feeling très chaleureux auprès du public français et qui nous a pondu un dernier album absolument monstrueux. Et bien les voila devant ce public largement chauffé par les swedish du set précédent, prêts à en découdre ! Première grande, très grande surprise, le chanteur clair, Sotiris n’est pas présent et est remplacé par un autre guitariste (inconnu pour le coup) et on s’inquiète donc logiquement quant au devenir des compos (assez nombreuses) où il pose son chant… Cependant, le moment n’est pas à la jugeote, mais au réalisme car l’intro débute. Le groupe s’avance dans le noir, Fotis Benardo (batterie) assis à côté de son ordinateur portable, alors maître des samples, va lancer la première compo. Et c’est alors que le groupe que l’on connaît tout a fait mélodique et harmonique sur album devient tout a fait brutal et gigantesque ! Les compos déboulent dans une grandeur phénoménale, le chant guttural de Seth Siro relève plus de la narration que du chant pur, mais cela donne aux morceaux et à l’ambiance un côté outrageusement «mystique», fidèle à ce qu’à montré le dernier album. En tournée pour son album « Communion », Septic Flesh impose une setlist quasi autoritaire de ce dernier en y ajoutant les classiques inconditionnels. « Sumerian Daemons » ferait presque état de petit inconnu face aux morceaux suivants (à savoir : Communion, Babel’s Gate, Annubis, We the Gods, Persepolis) largement repris par le public et plus particulièrement sur Annubis où la fosse à entièrement compensé à l’absence de Sotiris sur le refrain, quel délice... Le groupe montre ici son grand professionnalisme, du fait de jouer avec les nappes de samples en fond, le groupe joue avec un positionnement sur la note quasi parfait, Fotis parait alors quasi plus mécanique qu’humain (qui voulait un métronome comme batteur ?). Les parties de narration archi présentes nous régalent et le set passe à une vitesse folle. Lorsque le groupe achève la dernière compo du set et que tout le Korigan, d’une seule voix, ovationne d’un « we want more… » L’ingénieur son coupe le micro de Seth (obligé par les horaires assez stricts qu’impose le Korigan) coupant le groupe dans son élan de proposer un rappel. On reste sur notre faim. Mais la faim ne se fait alors que plus grande lorsque notre regard recroise l’affiche, et qu’apparaît à nos yeux le grand de la soirée, sorti pendant quelques instant de nos têtes…

Vader ! Oh oui, vous entendez bien. Les inconditionnels du Metal sur Marseille se demandent encore comment un groupe de cette envergure a pu se retrouver dans une salle comme le Korigan (200 places !)… et pourtant c’est vrai et on en remercie d’ailleurs les organisateurs et la salle parce qu’on en demande tellement des concerts comme celui-là dans le sud (ou ailleurs qu’à Paris !) que quand cela arrive enfin, on ne force pas le remerciement. Merci beaucoup! Ah, c’est beau comme cadeau pour les vingt-cinq ans du groupe. Et c’est exactement dans ce même état d’esprit que la plupart des fans, clop au bec et bière à la main, se font brutaliser les oreilles par les balances de la double de Daray, ultra triggée. On se tourne alors vers le premier compère qui passe : « Putain mais quel son !!! ». Bien sûr en tout état de connaissance, on s’attend au pire… car la formation polonaise, depuis son apparition au Hellfest Open Air, n’a fait que semer Dévastation et Néant autour d’elle, et ce à travers tout le front européen. Une vraie machine de guerre me direz-vous… bien pire vous répondrais-je ! Les balances sont finies, la lumière s’éteint, l’intro arrive, tout comme les membres. Et lorsque les premières notes retentissent, on se répète ce même constat que l’on s’est fait au Hellfest « c’est l’industrie polonaise quoi… », blast frénétique de deux bonnes minutes, riffs mêlant le pesant à l’ultra agressif (dixit : influence Slayer bien sûr) solos mitraillés et autres beugleries du bon vieux Petr nous ravivent les timpans, que du bonheur ! Il semble que tout soit réunit pour combler cette joyeuse fête de bourrins… Bien qu’au premier abord, le son semble mal calibré, la batterie couvre quasiment tout sauf la voix… mais le problème est vite réglé par l’ingé-son, excellentissime tout le long de la soirée. Le groupe est très présent scéniquement, hormis (à ma très grande surprise) Mauser, qui ne fait qu’hocher timidement la tête. Lui qui d’habitude headbang de manière très nonchalante (bizarrement certes) mais aussi très énergiquement, qu’on en soupçonne carrément des problèmes de dos ou de santé (enfin pour ma part…), ce qui est plutôt décevant. Tout comme le cruel manque d’envi que l’on accorde à Petr (est-ce du aux horaires stricts ou à la fatigue ?), en tout cas, il ne parle que très peu entre les compos, ne partage pas grand-chose avec le public et se contente d’enfiler les compos au fil de la soirée. Ça tourne au : « Merci bien (avec l’accent polonais, un régal), this song is called Wings, Enjoy » et on envoie la purée... Après quelques déclics, le son est impeccable, il suffit de fermer les yeux pour se croire sur l’album, c’est du grand, du très grand boulot niveau son. Mais revenons-en à la musique. Malheureusement on s’aperçoit vite que Vader en concert, eh ben ça tourne en rond. Ça blast puis ça se calme pour repartir de plus belle et on répète le schéma jusqu'à ce que mort (du public) s’en suive. Quelques compos sont cependant ravageuses et sortent du lot, « Epitaph » en est le parfait exemple, solide, efficace et violente ! Tout ce qu’il faut pour satisfaire le public, venu en nombre spécialement pour la tête d’affiche. Mon moment préféré fut l’enchainement: Between Day and Night - Shadows Fear, totalement inattendu à ce moment du set et tout a fait l’exemple de l’efficacité du metal polonais. L’agressivité en sort tout de même indemne et la fosse le ressent très vite… et très fort. Le groupe finit par LE morceau, ô combien attendu et hurlé par les fans entre deux compos : Halleluyah (God is Dead) arrive enfin. Fin du set en apothéose donc, des riffs destructeurs, un refrain brandi tel un étendard et soufflé par toute la salle en ébullition (autant de monde à chanter dans une petite salle çà fait du bruit… je vous assure !). Un grand moment de métal ! Malheureusement le groupe n’a pas fait de rappel (malgré les ovations du public et la feuille du setlist qui en affichait un beau!) et nous a laissé sans dire au revoir, assez rare pour une tête d’affiche. Donc Vader en bref, c’est décevant, mais… mais c’est Vader putain !

En tout cas merci au Korigan de nous avoir proposer une telle affiche, c’était monstrueux, à mon sens, le meilleur concert de metal passé au Korigan. On en redemande, pour une soirée comme celle là et quinze euros, je viens tous les soirs ! Patience, Hate Eternal est sur la route…

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