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Brétigny-Sur-Orge (09/06/2017)

Publié le 28/06/2017 par Baptiste , Flying Shark

 

Deuxième édition pour la version française du Download.
Après une édition 2016 que je qualifierais gentiment de « bancale », j’attendais beaucoup de cette version 2017 qui devait donner des éléments de réponse sur la viabilité à long terme de l’événement.
A ce niveau,  je dirais que le Download a encore de beaux jours devant lui car, si tout n’a pas été parfait, il est indéniable que cette édition a surpassé la précédente à tout point de vue.

Et ce d’abord par un bon choix : changer d’endroit.
En abandonnant volontairement ou non le cadre guindé et réduit de l’hippodrome de Longchamp, les organisateurs ont choisi une option risquée mais gagnante.
Plus grand, plus aéré, plus dépaysant, le site de Brétigny a accueilli avec les honneurs l’événement.Si l’accès est long pour les parisiens, les trains supplémentaires de nuit ont permis un retour relativement aisé vers la capitale.Je ne saurais en revanche pas trop parler du camping mais les retours que j’ai eu étaient plutôt bons.
N’hésitez pas à m’envoyer un mail d’insulte si ce paragraphe au demeurant très court s’avérait totalement erroné. 
 
Le nouveau terrain a permis une configuration proche de celle du Hellfest et ses deux mainstage côte à côte. Choix à nouveau payant, le mouvement des troupes se faisant rapidement et facilement d’un concert à l’autre, sans obstruer le reste des infrastructures comme cela a pu être le cas l’année dernière.
L’autre grand gagnant de cette édition, c’est évidemment la programmation.
Si 2016 n’était déjà pas honteuse, reste qu’elle était en deçà de celle-ci. Plus de groupes, plus de variété, une vrai possibilité de choix, autant de chose que l’on avait pu regretter.Et bien entendu, des têtes d’affiches alléchantes avec notamment System Of A Down sur lesquels je reviendrai plus tard.
Trêves de bavardages, place au report !

 
VENDREDI
 
Après une bonne heure de transports, me voici enfin arrivé sur le site ! Ou du moins à l’entrée car cette année le Download se mérite : il faut marcher une bonne dizaine de minutes pour arriver à l’entrée. L’après-midi est déjà bien entamée et j’entre sur le festival à temps pour choper la moitié du set de Pierce The Veil. Mauvais sur CD, mauvais sur scène, c’est sans regret que je laisse ce concert se terminer.
Une petite mousse et on rejoint la scène Warbird pour le set de nos frenchies de Dagoba. Si le groupe ne m’a jamais transcendé, force est de reconnaître qu’ils envoient méchamment en live, portés par un frontman charismatique et des titres rentre-dedans de bonne facture.

  

Dagoba - 1

Dagoba - @François Lampin

 

Dinosaur Jr. ne m’intéressant que peu, je continue à découvrir les lieux en me rendant sur la Spitfire, dernière scène que je n’avais pas encore exploré.
En cours, ma première bonne surprise avec le set de The Charm The Fury. Second couteau assez générique et passe-partout, le groupe fait preuve d’une grande énergie en live, incarnée avant tout par une frontwoman qui ne tient pas en place. Une assez belle découverte.

The Charm The Fury - @François Lampin

 

Place maintenant à la Mainstage pour la première grosse tête d’affiche avec les punk-rockeurs à roulette de Blink-182. Premier concert en France depuis la reformation à ma connaissance, l’occasion pour le public hexagonal de découvrir le nouveau line-up du groupe. Je vais m’y intéresser une minute car il s’agira là d’un vrai problème pour moi. Aller voir Blink, c’est faire tourner à plein régime la machine à nostalgie.Ce n’est pas un groupe extraordinaire musicalement parlant mais pour ce qu’il a représenté à une période de ma vie, et de celles de beaucoup d’autres, c’est avec plaisir qu’on assiste à un tel concert. Le même effet se crée avec The Offspring ou Sum 41 par exemple. D’où une question existentielle : Blink sans son chanteur est-il encore Blink ? A mon sens, non. Les deux tiers du groupe sont certes encore là mais avec un nouveau chanteur, on a la mauvaise impression d’assister au show d’un cover band.Le groupe dispose en plus d’un assez mauvais son qui n’a pas aidé.

Je ne finirai même pas le concert et me dirige plutôt vers la Warbird pour aller voir Hatebreed et me prendre une bonne grosse claque hardcore dont le groupe a le secret.C’est violent, c’est carré, le pit est en feu. Bref, c’est un concert de Hatebreed, mené une nouvelle fois de main de maitre par Jamey Jasta dont le charisme n’est plus à prouver.

Hatebreed - 2

Hatebreed - @François Lampin

 

Deuxième tête d’affiche de la journée avec nos superstars nationales de Gojira. Malgré quelques interventions mi cul-cul mi coach de développement personnel sur l’amour et l’importance de l’énergie intérieur, franchement un peu ridicules, le concert est une franche réussite. Très axé sur le dernier né et excellent Magma, les landais livrent un show précis et ultra efficace. Les anciens titres comme Flying Whales ou Backbone font encore mouche et comblent une foule de toute façon déjà acquise.Le groupe jouit d’une belle côte de popularité qui clairement ne se dément pas.Une chance que le public ait pu assister à un bon concert car la suite allait clairement décevoir.

 

Gojira - 4

Gojira - @François Lampin

 

Le main évent de la journée avec Linkin Park s’avèrera être un accident industriel auquel je n’assisterai même pas jusqu’au bout. Personne n’a du leur dire que le Download était un festival de metal… De rock à la limite.Certainement pas de pop/électro. Sans même revenir sur la qualité de leur dernier album One More Light qui est unanimement reconnu comme une catastrophe, c’était suicidaire d’axer son show sur celui-ci. Le metalleux moyen peut être tolérant mais a ses limites. Quand on paye un billet pour aller écouter sa musique favorite et qu’on se retrouve otage d’un tel show il y a de quoi être déçu. Je ne tiendrai pas plus d’une demi-heure et m’en vais sans me retourner.Les nombreux avis récoltés après le concert viendront renforcer mon sentiment et me confirmer que la suite du show n’était guère mieux. Dans l’ensemble, les gens sont déçus.

Pour ma part, je vais me nettoyer les esgourdes en assistant au show de Nostromo qui a vraiment mis le feu à la Spitfire. Pour la reformation d’un groupe culte, ils auraient pou avoir les honneur d’une scène un peu plus grande mais cela n’a pas entamé l’enthousiasme ni du groupe, ni d’un public clairement ravi de les retrouver.Un concert comme une grosse mandale en pleine gueule, c’est à peu près la façon la plus simple et concise de résumer le show.J’ai pris quelques bonnes décisions dans ma vie, quitter Linkin Park pour venir écouter Nostromo en était une.Une façon idéale de conclure un premier jour de qualité.

 

Nostromo - 1

Nostromo - @François Lampin

 

 SAMEDI

 
Début des hostilités avec Far From Alaska et leur rock planant de grande qualité.Je connaissais assez peu le groupe et découvre avec plaisir leurs compo psychés mais entrainantes du combo ayant eu l’honneur de la mainstage.

Dur tout de même de tenir le coup en plein soleil car la chaleur commence a se faire écrasante.L’occasion d’ailleurs de pointer du doigt deux gros défauts du festival.L’absence de points d’ombre d’abord. A part les tentes bar distillant quelques minis coin de fraicheur, c’est 99% de la surface qui est en plein soleil.  Un véritable problème sous cette chaleur et un point à réfléchir pour la prochaine édition.Ensuite, les bars. Trop peu nombreux, ils ont été littéralement pris d’assaut pendant tout le weekend créant parfois des queues de 25 ou 30 min. Quand aller prendre une bière signifie rater un concert, la décision devenait vraiment douloureuse.

C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé et ma fait rater la quasi intégralité du set de Lonely The Brave. Ce que j’en ai vu avait l’air plutôt sympa mais je ne ferai pas l’outrage de donner un avis sur 5min de concerts.
Tant pis, je me rattrape avec Alter Bridge et son metal alternatif de bonne facture. Avec un son au poil et un Myles Kennedy toujours aussi bluffant de maîtrise vocale, le groupe envoie tube sur tube et se met le public nombreux dans la poche en quelques minutes.Grand moment avec Black Bird, chanson magnifique qui trouve une dimension incroyable en live. Hérissage de poil garanti ! 

 

Alter Bridge-2

Alter Bridge - @François Lampin

 

Même constat pour Blue Pills : un son au top pour un show de grande qualité. Moins de monde que pour Ater Bridge évidemment mais il semble tout de même que le public soit réceptif à la (grande) qualité des deux premiers albums du groupe. La chanteuse Elin Larsson fait des miracles et ne peine aucunement à reproduire en live ses prouesses d’enregistrement.Une belle découverte pour les uns, une confirmation pour les autres : oui, Blue Pills est bien l’un des groupes de rock les plus intéressants de ces dernières années.

Un groupe à chanteuse chasse l’autre, c’est maintenant l’heure d’Epica et personnellement l'une des grosses claque du weekend. Parfois, les astres s’alignent pour qu’un show tutoie les sommets. Ce fut ici le cas. Le groupe est  au top de la forme, avec une Simone rayonnante et très en voix et un Mark Jansen au growl toujours puissant et profond. La setlist est un parfait équilibre entre anciens titres et dernières compo tirées de l’excellent The Holographic Principle. Mention spéciale à Beyond The Matrix qui est une véritable bombe en live et à n’en pas douter un futur incontournable des concerts du groupe. Un mot également sur le son qui était probablement le plus pure et le plus précis du weekend (et un des seuls de qualité soit dit en passant). La musique riche d’Epica ne supporte pas l’approximation, c’est peu dire qu’ils ont été gâtés et on rêve que chaque groupe puisse bénéficier d’un son aussi excellent.

Epica-1

Epica - @François Lampin

 

Ce fut loin d’être le cas pour tous les groupes, et notamment pour AqME avec lesquels j’ai enchainé. Difficile de reconnaître les chansons tant le son sur la Spitfire était approximatif. Malgré cela, force est de reconnaître que le groupe assure et qu’en changeant de frontman, les français n’ont pas perdu au change. Aussi à l’aise dans les screams que dans le chant clair, il enterre le précédent sans problème et confirme en live ce qui était déjà palpable sur album.

Puisqu’on parle de bons chanteurs, la suite avec Five Finger Death Punch n’était pas mal non plus.Un concert d’autant plus spécial que le chanteur Moody allait quitter le groupe 3 jours plus tard, les spectateurs du Download on pu assister à l’un des derniers show du groupe dans cette configuration. On pourra toujours dire que ça se voyait, que l’ambiance semblait tendu et autres facilités une fois le fin mot de l’histoire connu, la vérité est que le concert était pro et réussi, avec un public au taquet  et connaissant tous les refrains par cœur.Je souhaite bon courage à Tony Vext pour prendre la suite !

5FDP - 1

Five Finger Death Punch - @François Lampin

 

N’aimant pas Slayer,  mais ne les ayant jamais vu, je n’allais pas rater une occasion de voir ce groupe légendaire sur scène.Je dois bien admettre que le groupe en a encore sous le pied et balance encore ses titres avec rage et conviction. Même pour le réfractaire que je suis, Reign In Blood reste un tube immense qui ferait exploser n’importe quel pit dans le monde.

F.L : Ayant déjà vu Slayer un bon paquet de fois et adorant les Islandais de Sólstafir, je me suis donc dirigé vers leur set pour un moment qui s'est avéré aussi prenant qu'efficace. Entre deux blagues sur Slayer ("Yeah, I can do that too" du chanteur en imitant le riff de Raining Blood ou un "I can't hear you, Kerry King is playing too loud" ), les comparses du Nord nous ont gratifiés de morceaux issus de leur nouvel album tout comme de classiques tels que "Fjara", chanson qui reste aujourd'hui emblématique de la formation tant elle a tourné et rassemblé les opinions. M'attendant à un groupe nettement moins communicatif du fait de la réputation des Islandais de manière générale, j'ai été très agréablement surpris de les voir échanger avec le public tout au long de leur concert.

Mais malgré la légende, il est clair que l’immense majorité, pour ne pas dire la totalité, des spectateurs du Download avait fait le déplacement pour un groupe et un groupe seulement. Aucun suspens, il s’agit évidemment de System Of A Down. Le groupe s’étant fait très rare, voire complètement absent, l’occasion était trop belle pour le public français d’aller les applaudir et c’est un accueil triomphal qui leur a été réservé. 95% des gens se sont massé devant la main stage, donnant au reste du festival des allures de ville fantôme.
Le groupe, fidèle a sa réputation, n’a quasiment jamais échangé avec le public. Pas de bonjour, à peine un « Ca va ? » et un bref au revoir, pour la chaleur humaine on repassera.Mais la communion peut passer par d’autres choses et dans le cas de SOAD, c’est clairement par la musique. Avec un son presque aussi excellent que Epica, le groupe a conquis tout le monde avec ses immenses atouts à savoir des tubes, des tubes, et encore des tubes, et une musicalité irréprochable.Serj Tankian n’a rien perdu, sa voix reste stupéfiante de profondeur et d’émotion. Chaque riff, chaque refrain, chaque mélodie résonne dans les cœurs et les esprits de quiconque a déjà posé une oreille sur un de leurs albums.On touche du doigt ce qui fait la différence entre un groupe nostalgie à la Blink qui peut même échouer comme vu plus haut, et un authentique bon groupe qui se recentre sur l’essentiel : la musique.Est-ce qu’on aurait aimé un groupe un peu plus joueur et sympathique ? Certainement.Mais il est indéniable qu’il s’est passé quelque chose qui dépasse le cadre d’un bon concert. J’en ai personnellement pris plein les oreilles et garderai un souvenir indélébile de cette prestation.

C’est sur cette note plus que positive que ce deuxième jour s’est achevé.Pour des raisons personnelles, je n’ai pas pu assister au troisième et dernier jour, je laisse donc mon éminent collègue Flying Shark , et un invité très spécial, terminer ce report de sa plume acérée !

 

 DIMANCHE (par Flying Shark)

 
Nous arrivons un peu tard en ce troisième jour de Download festival, assez tard pour constater avec tristesse la faiblesse de Suicide Silence et la répétition quasi-permanente des mêmes phases lors de leurs compositions que nous choisissons d’entendre de loin par instinct de survie.

Les choses sérieuses commencent avec Architects, de retour après le douloureux décès de Tom Searle, guitariste du combo, l’année dernière des suites d’une longue bataille contre le cancer... à 28 ans ! Parfois il n’y a pas de justice. Le groupe ne manquera d’ailleurs pas de nous rappeler en cours de set qu’à partir d’aujourd’hui, tout ce qu’ils font sera pour lui et qu’Architects sera à jamais le groupe de Tom. La prestation est digne de la réputation des anglais : technique, violente tout en restant parfaitement maîtrisée. Un show parfait pour émerger après le bon repas arrosé dont nous venions de bénéficier chez nos hôtes. Les cinquante minutes défilent comme si de rien n’était, enchaînant titres anciens et plus récents, gros breakdowns et accélérations furieuses, un bonheur !

 

Architects - 3

Architects - @François Lampin

 

Ayant déjà vu Suicidal Tendencies plusieurs fois, nous nous décidons sur conseil d’un ami à aller jeter un coup d’œil à Stray From the Path. Et quelle bonne idée ! Ce petit groupe de hardcore jusque-là complètement inconnu pour moi va nous mettre une branlée phénoménale qui le classera parmi les meilleurs concerts de cette édition 2017 du festival. Son hardcore nerveux et positif s’alterne avec des phases de communication avec le public qui étoffent le lien entre la foule et la scène pendant près de cinquante minutes. Parmi quelques pics glissés, que nous suspectons d’être destinés à d’autres groupes un merveilleux « It is not okay to take advantage of underage girls because you are in a band » (Ce n’est pas acceptable de profiter de filles trop jeunes simplement parce que l’on est dans un groupe) pose l’ambiance, le chanteur nous expliquera également qu’il ne se soucie pas de Facebook, des likes, etc. mais uniquement de ce qui se passe ici, sur scène, avec nous. Une mentalité que l’on aime voir à une époque où tout est clic et dématérialisé. Je ne savais pas à quoi m’attendre et finalement, ce fut une découverte géniale à côté de laquelle nous aurions probablement regretté de passer.

 

Stray From The Path - 1

Stray From The Path - @François Lampin

 

Il est l’heure pour nous de faire entrer les patrons en scène : Mastodon. Au-delà du son pourri (ce sera d’ailleurs le cas de la quasi-totalité du festival), il est inutile de dire que les ricains ont, comme toujours, assuré. Un show de Mastodon, ça se distingue avant tout par une intensité qui ne redescend pas d’un iota pendant tout le set. La densité des compositions, mêlée à la présence scénique de ce groupe permettent tant aux néophytes qu’aux inconditionnels de la formation de se retrouver pour passer un moment marquant. Le soleil décroissant donnait de plus un effet visuel qui ne gâchait rien. En bref, ce fut un bien bon moment et s’il l’on en juge par la réaction du public, nous ne sommes pas les seuls à avoir été de cet avis.L’avantage d’avoir des amis qui masterisent la compétence de trouver des choses farfelues sur internet (Anaïs, on pense à toi très fort), c’est que tu fais parfois, entre deux lolcats, des découvertes plutôt intéressantes.

 

C’est le cas avec Kontrust, amené à mes délicates oreilles il y a maintenant près d’un an. Quand au début d’un concert le groupe entre sur scène en tenue bavaroise traditionnelle, on se doute qu’on ne va pas avoir affaire à un show des plus sérieux… Mais attention, pas sérieux ne signifie pas à l’arrache car la prestation est maîtrisée sur le bout des doigts. Seulement, entre les danses folkloriques ou les chansons aux clips illustrés par des chaussettes en concert, il est un peu difficile de rester de marbre. Même un « trve du cult » avec son joli tee-shirt Nargaroth aurait du mal à faire la moue bien longtemps et serait tenté de s’acheter la même tenue, c’est dire ! Musicalement, on oscille entre influences bavaroises et gros metal moderne, le tout accompagné par un homme et une femme au chant, un régal !

Kontrust - 2

Kontrust - @François Lampin

Nous arrivons à la partie compliquée de ce report : Prophets of Rage. Car oui, si j’ai toujours admis la qualité de la musique de Rage Against the Machine, je n’ai jamais réussi à rentrer dedans et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Prophets of Rage, ce sont les musiciens de RATM et deux rappeurs, l’un de Cypress Hill et l’autre de Public Enemy, qui reprennent tous ensembles les grands titres de RATM. Sur le papier c’est plutôt alléchant et il faut dire que ça se défend vraiment bien en live. On notera particulièrement un passage de deux chansons uniquement rap pendant le show, chose aussi surprenante qu’appréciable dans un festival metal, milieu où l’ouverture d’esprit n’est pas toujours de mise. Tom Morello nous gratifiera d’ailleurs d’une petite surprise en levant sa guitare au niveau du visage afin de jouer avec ses dents, dévoilant un magnifique « FUCK TRUMP » sous le corps de cette dernière, petit caméo très apprécié par le public si l’on en juge par l’ovation qui a suivie. Même si je ne suis clairement pas rentré dans le concert comme l’ont fait mes comparses, il est indéniable que cette prestation fut dantesque et que les fans des trois groupes en ont eu pour leur compte. A part pour System of a Down la veille, je n’ai pas vu de public aussi réactif sur tout le festival.

Afin de varier les plaisirs, nous laissons aujourd’hui la place à un invité pour conclure le report de ce festival. Jérémy aka « Spike » va donc nous faire son compte-rendu des 2h30 de concerts de Green Day qui ont clôturé le Download 2017. En tant que fan de la première heure du groupe, qui de mieux placé pour vous parler d’eux ? 

 SPIKE
 
Pour la petite histoire, j’ai un lien particulier avec Green Day. En effet, c’est mon premier “gros” concert (halle Tony Garnier, 2004). J’en ai gardé un excellent souvenir, mais ce n’était pas la raison de ma venue au Download, des groupes comme System of a Down ou Prophets of Rage étant plus dans mes “cordes”.
C’est donc avec  une appréhension mêlée d’envie que nous nous sommes dirigés vers la Mainstage 1. Après le “bide” de Linkin Park (que j’attendais, malheureusement) et ayant un peu écouté les derniers morceaux de Green Day, beaucoup plus pop (trop?), j’avais peur d’un autre choix désastreux de setlist avec une farandole de morceaux à vous faire danser un slow à un fan de Gorgoroth. Heureusement, il n’en fut rien. Le concert commence par un morceau récent, mais assez “punk-rock”, avec une scéno type plateau de télé américaine. Question setlist, jusqu’à la fin du concert, de deux heures et demi s’il vous plaît, le groupe a prouvé qu’il connaissait suffisamment la scène pour savoir choisir ses morceaux (n’est-ce pas LP ?) et les montées/descentes d’ambiances, avec une grosse dominante de morceaux punchy et entraînants comme Green Day le fait si bien depuis si longtemps.
Question show en général, on assiste à un croisement entre un show à l’américaine et le côté nihiliste du punk (ces mecs doivent coûter cher a Gibson, puisque le coup de faire monter un mec lambda pour lui faire jouer quelques accords et le laisser partir avec la gratte, ils le faisaient déjà en 2004). Tout est assez spectaculaire (surtout la gonzesse qui est montée sur scène pour chanter avant de péter un plomb qui nous a bien fait rire), à grand coups de pyrotechnique, de changement de backdrop ou de costumes et d’un jeu de lumières très fourni et dynamique. Malgré tout, on sent que le show est « rôdé », c’est-à-dire que tout est prévu, jusqu'au moindre mouvement. C’est à la fois un gage de qualité et un manque d’imprévu et de vivant. C’est déjà ce que je reprochais, dans un autre style, à Shaka Ponk. Sachant cela, le concert reste sur le ton de l’humour, ponctué de singeries et d’interludes comiques (« Always look on the bright side of life ! »).
Les années passées sur la route à composer et jouer ont également permis à  Green Day d’étoffer le line-up avec un deuxième guitariste (déjà là depuis longtemps), un « back » vocal, un claviériste/accordéoniste et un saxophoniste, ce qui commence à faire une scène bien remplie et bigarrée.
On a donc passé un très agréable moment, partagé entre les découvertes de nouveaux morceaux et les vieux hymnes du punk Californien (ah, Basket Case…), assisté à un vrai show de son (je ne l’ai pas précisé, mais le son était très bon, mais étant du milieu et connaissant leur mixeur de face de réputation, le contraire auraient été étonnant) et de lumières. Ce fut également un joyeux bordel sur scène alors que c’est assez rare pour un groupe de cette envergure et sur une scène de cette taille de faire monter autant de gens à leurs côtés. Voilà enfin un groupe qui comprend que le son sur album peut évoluer sans perdre de pêche sur scène et qui nous fait toujours passer un bon moment !

 

Malgré ses problèmes de son quasi systématiques indignes d'un festival de cette ampleur, et les quelques problèmes énoncés plus haut, cette nouvelle édition du Download fut plutôt une réussite. Les organisateurs ont su tirer les leçons des erreurs passées pour proposer un festival solide qui et sur la bonne voie pour s'imposer dans le paysage français.

 

Toutes les photos présentes dans cet article sont l'oeuvre de François Lampin. Vous pouvez retrouver l'ensemble de son travail sur : http://www.fransland.fr/

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