/// DREAM THEATER

Zénith de Paris (12/02/2017)

Publié le 12/03/2017 par Baptiste

Pour chaque style de musique, il existe une poignée d’albums unanimement plébiscités.Le genre d'albums devenus des classiques incontournables que vous pouvez passer sans crainte au plus pointu des mélomanes. 

Dans le monde du metal progressif, c’est une bonne partie de la discographie de Dream Theater qui pourrait prétendre à une telle reconnaissance.En plus de 30 ans de carrière, c’est peu dire que les américains ont pondu quelques merveilles. Mais aucun n’a pu égaler la force de frappe de Images&Words.
Le terme « chef d’œuvre »  n’est pas galvaudé pour parler de ce disque.Alors quand le groupe décide de fêter les 25 ans de sa sortie par une tournée où ce monument sera joué en entier, tout fan qui se respecte se devait d’être présent !C’est donc avec des étoiles dans les yeux que je me suis rendu au Zenith le 12 février pour un concert que j’espérais anthologique. 
Premier bon signe : aucune première partie ne semble prévue.Connaissant un peu le groupe, ça promet un show long et dense.Confirmation à la fin de « The Dark Eternal Night » qui ouvre les hostilités : Labrie nous promet 3 heures de musiqueImages & Words durant une bonne heure, le groupe aura quelques autres surprises en réserve pour la foule, certes clairsemée, mais enthousiaste de la salle parisienne.
A défaut de grande surprise, c’est surtout une première heure dédiée aux morceaux les plus récents qui nous est proposée.Un titre de Falling Into Infinity et un autre de Train Of Thoughts (le furieux « As I Am », toujours aussi efficace et jouissif avec son bridge « Enter Sandman » qui fait mouche à chaque fois).Le reste est dédié à ce que joue le groupe depuis Systematic Chaos. Autant être honnête, la plus mauvaise période du groupe malgré un regain d’intérêt ces dernières années. Mention spéciale à « The Gift Of Music » qui passe avec les honneurs l’épreuve du live.
Labrie
Inutile d’enfoncer des portes ouvertes en s’arrêtant sur la prestation des musiciens. Comme à leur habitude, c’est un mélange subtil de technique monstrueuse, de précision clinique et de musicalité extrême.Seul Labrie est légèrement en dedans, peinant un peu dès qu’il s’agit de monter dans les aigus mais rien de franchement dérangeant.Et bien entendu, Myung est sous-mixé mais ça fait presque parti de l’identité du groupe depuis le temps. 
Après un bref entracte d’une quinzaine de minute, le groupe revient pour le plat de résistante. Enfin, le moment tant attendu commence !Dès les premières notes de « Pull Me Under », c’est le Zentih complet qui décolle.J’ai tellement entendu ce titre sur CD que j’en avais presque oublié sa phénoménale puissance en live. Ce refrain, cette mélodie entêtante, c’est un vrai moment de communion qui nous est proposé.Mais c’est  encore en dessous de mon morceau préféré de l’album : « Take The Time » qui déboule après la pause « Another Day ».J’ai toujours trouvé que cette chanson était le pied de nez parfait à ceux reprochant au groupe de manquer d’âme. Impossible de ne pas se laisser emporter par son groove contagieux et ce refrain de stade. Dream Theater a souvent couru après un tube, ce qui a accouché de daubes comme « I Walk Beside You ». il était pourtant déjà dans leur discographie depuis le début.
 
Le reste de l’album est déroulé sans accroc avec un plaisir manifeste. Seule ombre au tableau, ce solo interminable de Mike Mangini en plein milieu de Metropolis Part 1 qui a fait retomber comme un soufflé le solo pourtant génial de Myung. Je renouvelle d’ailleurs ma proposition d’amendement interdisant les solos de batterie, comme ça on sera enfin tranquille.
Heureusement le mal ne dure qu’un temps et c’est très vite que le groupe se reprend pour envoyer l’enchainement « Wait For Sleep »/« Learning To Live » ou le finish le plus fabuleux de l’histoire du metal progressif (sans exagération).Que des mélodies extraordinaires, une musicalité de chaque instant et peut-être une des plus belle prestation de Labrie à ce jour.Et que dire de ce final qui filerait des frissons à un cadavre ? Difficile en fait de passer derrière ça, pour ne pas dire impossible.
Rudess - Petrucci
Mais si on fait les comptes, ça ne fait « que » un peu plus deux heures que le groupe joue. Trois heures ont été promises, le groupe a donc encore quelques surprises. Tranquillement, les premières notes de « A Change Of Seasons » retentissent.Pour la petite histoire, ce morceau devait initialement figurer sur Images& Words, finalement coupé en raison de la durée de l’album jugée excessive.
Après avoir entendu l’enchainement des deux, je peux vous assurer qu’il y aurait eu sa place. Aucune longueur dans ce qui nous est proposé.« A Change Of Seasons » est un morceau extraordinaire que le groupe semble avoir beaucoup de plaisir à jouer. Pour ma part, le vieux fan que je suis ne pensait pas l’écouter un jour en live alors adieu l’objectivité, c’était un pur moment de grâce !

 

En un mot comme en mille, Dream Theater nous a offert unevrai belle prestation de metal progressif. S’il est indéniable que le groupe piétine depuis de nombreuses années, il reste le roi quand il pioche dans ses albums de légende. Et quoi de plus légendaire qu’Images & Words ?N’importe quel fan de prog ne pouvait qu’être emballé par une soirée couplant l’intégralité de leur chef d’œuvre à "A change Of Seasons" en intégralité.C’est en tout cas le sourire aux lèvres que j’ai quitté le Zenith de Paris.
J’attends maintenant des soirées similaires pour Awake,Metropolis Pt2 ou encore Six Degrees of Inner Turbulence !

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