/// Extremefest 2012 - Asphyx, Suffocation, Inquisition, Origin, Farsot

Z7, Pratteln (CH) (06/07/2012)

Publié le 10/07/2012 par Dzo

Quelques semaines seulement après avoir bouclé le Metalfest 2012, qu’il est l’heure d’ouvrir les hostilités de l’Extremefest, dans la veine du précédent, mais avec des groupes plus ‘extrêmes’. Pas de heavy au programme, seulement du Death, du Grind et du Black.

Tout comme son prédécesseur, ce rassemblement a lieu en Allemagne, en Suisse et en Autriche. Les groupes qui y figurants sont les mêmes et switch entre les 3 fests durant trois jours.

Deux scènes se partagent le gâteau, celle de la salle ainsi qu’une à l’extérieur. Mais contrairement au Metalfest, la ‘Second Stage’ est beaucoup plus petite et intimiste, faisant défiler les groupes les plus ‘underground’.

 

16h30 – 17h00 : Farsot

 

Nous essayons d’arriver scrupuleusement à l’heure afin d’assister à la prestation des allemands de Farsot. Leur approche du Black était intéressant avec ‘IIII’, leur premier album, paru en 2007. Les teutons jouent sur la ‘Second Stage’, devant un public relativement clairsemé et léthargique. D’ailleurs, il n’y a pas des masses de monde tout court dans l’enceinte du festival. Les nuages sont gris et semblent instables, mais pour le moment nous sommes chanceux, pas de pluie au rendez-vous.

La setlist de leur passage est vite torché car sur la demi-heure programmée, ils interpréteront la transcendante ‘Thematik – Trauer’, compo de plus de vingt minutes! Choix étonnant pour un passage aussi éphémère, mais ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre car c’est mon morceau préféré. C’est celui qui reste également le plus intense, et qui permet de se faire une bonne idée du potentiel du groupe. Le chanteur semble un peu à l’ouest, et les autres musiciens assez statiques; un son correct (mais fort) qui reste fidèle à l’album. On notera deux trois allers-retours du frontman entre les backstages et la scène durant les passages acoustiques du morceau. Pas le show de l’année, mais une bonne entrée en matière pour se plonger dans l’ambiance de la journée.

 

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(Photos de leur passage).

 

17h15 – 18h : Origin

 

Direction la scène principale pour avoir le droit à un torrent de notes avec Origin. Le Death technique n’est pas du tout ma tasse de thé, étant allergique aux solos interminables et au défilement d’incessantes notes à la seconde. Le groupe a tout de même beaucoup d’énergie à revendre, à l’image du chanteur sur-motivé qui n’hésitera pas à slammer dans la foule tout en chantant. Mais cela ne m’aura pas empêché de m’ennuyer sec et d’écourter le show au profit d’un apéro bien mérité à l’extérieur, histoire de prendre des forces pour Inquisition.

 

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(Photos de leur passage).

 

20h00 – 20h30 : Inquisition

 

Quelques minutes avant que les ricains d’Inquisition débarquent sur la ‘Second stage’, je suis déjà collé à la barrière comme une groupie, histoire d’être bien placé. Il va falloir profiter pleinement du show car leur passage est malheureusement très court, seulement une petite demi-heure.

Quelques minutes plus tard, les inséparables Dagon/ Incubus investissent la scène, maquillés de traditionnel corpse paint. Un petit message au public, puis Dagon entame les premières notes d’‘Astral Path To Supreme Majesties’, du dernier album. Inquisition fait preuve d’un professionnalisme peu commun dans le milieu Black. Pas besoin de bassiste ou encore de deuxième gratteu pour seconder Dagon, qui occupera le devant de la scène à lui tout seul, avec ses poses parfois comiques (c’est le roi du grand écart).

Incubus, en retrait, se contente de faire son boulot, et le fait bien. Il martyrise ses futs avec ardeur. Il se lèvera de temps en temps afin de croiser ses baguettes en forme de croix renversée en direction du public, qui semble plus que conquit par leur set.

Une gratte et une batterie seulement, mais le groupe n’a pas à rougir, car la qualité du son est bien meilleur que certains groupes qui sont six sur scène. On sent une grande dévotion musicale de la part d’Inquisition. Le combo sévit ensemble depuis plus de quinze ans, la machine Black US est donc bien rodée.

Le show est simple, sans fioritures, mais bien huilé. Le duo nous livre une bonne setlist; ‘Nefarious Dismal Orations’, ‘Command Of The Dark Crown’‘Cosmic Invocation Rites’, ‘We Summon The Winds Of Fire’, chaque morceau dégage une aura mystique qui donne vraiment envie d’apprécier chaque note. On notera tout de même parfois que la voix partira un peu en sucette, quand Dagon n’est pas en mode croassement de corbeau, mais rien qui plombe les morceaux pour autant. Cette dernière est également un peu trop en retrait par moment par rapport à la guitare, surtout au début du set. Incubus aura quant à lui quelques soucis avec sa batterie, la grosse caisse se faisant la malle pendant les passages de double.

Le duo gagnant finira son admirable prestation sur ‘Desolate Funeral Chant’ (qui était pourtant rayée sur la setlist) morceau à l’allure mid-tempo, transcendante et sombre. Mister Dagon quittera brusquement la scène (en emportant au passage la setlist, enfoiré!) laissant hurler sa gratte dans les aiguës. On a vu plus chaleureux pour quitter la scène, mais bon, This Is Black Metal!

Une demi-heure de show qui est passée bien trop vite. Une fois n’est pas coutume, les deux compères n’ont pas fait dans la dentelle, et nous ont livré un black salvateur, aux compos puissantes et efficaces. Excellente performance, mais trop courte, mais ça le groupe n’y peut rien, la loi impitoyable des festivals est comme ça. Ravi de les avoir revus.

 

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(Photos de leur passage).

 

20h45 – 21h30 : Suffocation

 

Après une petite pause salvatrice, changement de décor complet. On passe du Black US au gros Death sans pitié de Suffocation. Première surprise en voyant le combo monter sur scène, c’est l’absence de Frank Mullen au chant, remplacé par Bill Robinson de Decrepit Birth. Son chant est quasi-similaire, sauf qu’il incorpore plus de ‘gruik’ aux morceaux, chose un peu agaçante quand on n’est pas adepte de ce type de chant. Il manque également Mike Smith derrière les futs, qui a quitté le groupe en début d’année.

Autant je suis allergique à Origin, autant j’adhère au Death brutal et primitif que propose Suffocation. Le son est vraiment bon, les morceaux du premier album ‘Elegy Of The Forgotten’ toujours aussi ravageurs et efficaces. D’ailleurs, les ricains finiront en apothéose sur l’énorme ‘Infecting The Crypt’, qui animera la fosse et l’envie certaine d’headbanguer. Fosse qui s’était pas mal remplie depuis les premiers groupes, le début de cette première édition de l’Extremefest était assez vide par rapport au Metalfest.

 

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 (Photos de leur passage).

 

22h30 – 23h30 : Asphyx

 

L’heure tourne, la journée défile vite. La fatigue commence à se faire sentir dans les pattes, mais ce n’est pas le moment de flancher car c’est au tour d’Asphyx de retourner le Z7. Et le retourner, le mot est bien faible, car les hollandais vont littéralement enflammer la foule avec leurs morceaux énergiques et terriblement efficaces.

Ce qui frappe quand on voit le groupe sur scène, c’est cette énergie hallucinante qu’il dégage. Le gratteu donne tout ce qu’il a à chaque morceau, parcourant la scène de part en part, en headbanguant comme un gros taré. Van Drunen maîtrise sa voix exactement comme sur cd. Alwin Zuur, remplaçant de Gubbels à la basse, a l’air ravi d’être là, vu le sourire jusqu’aux oreilles que l’immense gaillard blond avait durant tout le show, entre deux lâché de cheveux.

Le son est nickel, Van Drunen balance quelques boutades en allemands en se marrant entre les morceaux, le groupe ne se prend pas la tête, et la bonne ambiance règne dans la salle.

Je me surprends à croiser les deux compères d’Inquisition dans la fosse entrain de faire du air-guitar sur l’imparable ‘Into The Timewaste’, tiré du dernier album. Chaque morceau que joue Asphyx sur scène est un hit, un déchainement de fureur à s’en briser les vertèbres. Incontestablement le groupe qui aura cumulé le plus d’headbang et le plus de sueur au travers des nombreuses vestes à patch.

Ce n’est pas l’interprétation de ‘Death…The Brutal Way’, ‘Scorbutics’ ou ‘Deathhammer’ qui va faire baisser la pression. La chaleur monte crescendo, l’ambiance aussi. Des minerves seront nécessaires pour certains à la sortie tellement les tignasses tournoient. Le groupe jouera également ‘Minefield’, plus doom que les autres morceaux, mais tout aussi jouissif.

Asphyx est vraiment une tuerie en concert, dommage que la fatigue n’est un peu altéré mon enthousiasme sur la fin. Une heure de show qui aura mit la fosse à rude épreuve, mais c’était un concert de haut niveau et de très bon augure. La claque de cette journée chargée.

 

Pour conclure, excellente journée rythmée par des groupes au profil très différents, mais c’est ça la richesse des fests, pouvoir passer d’un Inquisition au black mystique à un Asphyx au Death ravageur.

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