/// Fall of Summer 2015 (Vendredi)

Torcy (77) (04/09/2015)

Publié le 08/09/2015 par Mindkiller

Rappelez-vous l'an dernier. Un tout nouveau festival pointait le bout de son nez sur le territoire national. Il regroupait beaucoup de vieux groupes dont certains n'avaient encore jamais foulé le sol français. Après cette édition, nous étions beaucoup à se demander comment le festival allait pouvoir faire mieux l'année suivante. Mais les questions sont vites tombées dans l'oubli avec l'affiche de cette année.  Et le choix de l'un des derniers festival de l'été a été fait de façon tout à fait naturel. Dommage qu'il soit cependant en concurrence directe avec le MFest et le Gohelle Fest car sur le même week end.

Un petit festival, à plus forte raison quand il est nouvellement créé, est bien sûr toujours à améliorer. Et cette deuxième édition voit déjà des différences appréciables par rapport à l'année passée. D'une la taille du camping. Il a été vraiment agrandi et s'est vu débarrasser de la horde de moustique le peuplant l'année passée. Plus notable pour les arrivants du jeudi soir, une soirée avec de la musique passant toute la nuit jusqu'environ 5h du matin. Le camping gagne énormément en cachet dans ce cas. Et les rencontres avec d'autres festivaliers s'en retrouvent ainsi facilitées car la convivialité est encore plus de mise. Aussi, la migration du camping juste à côté du parking pour le premier, et très proche pour le second rend aussi la chose agréable. Les plus chanceux auront même eu le privilège de se mettre sous des arbres, permettant de ne pas suffoquer par la chaleur à 9h le matin. Ces bonnes surprises laissaient présager de bonnes choses pour le festival en lui même, et à raison.

Car le vendredi les choses sérieuses ont commencé. Et l'honneur d'ouvrir cette seconde édition du festival revient à Barrabas. Autant le dire, le groupe, avant qu'il ne soit annoncé par le festival, m'était totalement inconnu. Et les quelques écoutes faites ne m'avaient pas emballé. La chose se retrouve être toute autre sur scène. Malgré un chant français qui a tendance à être un peu gênant, notamment dans le doom. Ceci dit le groupe donne un doom particulier, tirant sur le punk aussi bien dans le chant que dans certains titres. Peut être le chant français qui donne cette impression. Alors oui, le groupe est un groupe d'ouverture de festival, et l'attention n'est pas à son comble. D'autant plus que l'ouverture des portes s'est faite attendre retardée plusieurs fois. De fait, tout le monde n'était pas encore rentré quand le groupe a commencé. (La logistique autour du festival reste d'ailleurs le bémol de cette édition et le point vraiment mélioratif pour l'an prochain, mais j'y reviendrais). Revenons au groupe. Si l'attention n'est pas à son comble, le groupe profite néanmoins d'un petit public les regardant et les soutenant. Pour ma part je retiendrais surtout le titre Judas est une femme qui, sans être parfait, reste assez bien en tête. Cependant il manque pas mal de lourdeur au groupe pour être un des fers de lance du doom français. Après ce set, c'est à l'un des pionniers du death grind français de fouler les planches de la Sanctuary Stage. Formé en 1991 et ayant splitté quelques temps après, Putrid Offal est tombé dans l'oubli. Cette date du Fall of Summer est la première apparition française depuis leur reformation datant de cette année. Encore une fois, le groupe n'est pas inoubliable, mais reste tout de même un groupe très intéressant qui groove et donne envie de bouger. Mais l'heure encore "matinale" de leur passage fait que les spectateurs encore embué de la soirée sont timide sur les pogos. Ceci dit, il reste un groupe à suivre, car les titres présentés sont vraiment intéressant et il serait temps de voir de nouveaux titres pointer le bout de leur nez avec ce groupe.

Il est 14h quand arrive l'un des groupes que j'attendais. Groupe de thrash teuton de la deuxième moitié des 80's, Accuser est un groupe au parcours chaotique mais avec une énergie folle. Ce passage à Torcy est une aubaine pour les fans français qui ont du mal à voir jouer le groupe chez nous. Le public, tout comme le groupe, le sait et la communication est présente. Le groupe fait se remuer la foule, et bénéficie d'un son vraiment propre. Les 45 minutes de jeu qui leur sont allouées passent vraiment vite et il sera vraiment intéressant de les revoir vite tant leur set est énergique et groovy. C'est donc sur une note très énergique et groovy que je me place pour voir Endstille. Il faut dire avant tout que je n'ai pas forcément été très convaincu par ce que je connais d'eux. Et ce concert ne me convaincra pas d'avantage. Le son exécrable (qui sera récurrent sur la Sanctuary Stage) n'aidant pas à apprécier le groupe à sa juste valeur. Dommage pour le groupe. Peut-être un prochain passage m'aidera à mieux apprécier le groupe. Mais peu importe. Le groupe suivant va ramener cette énergie perdue pour 45 minutes. Les irlandais de Gama Bomb arrive sur scène et malgré un look que Dragonforce n'aurait pas renié il y a quelques années (couleurs ultra flashy), le show est parfait pour du thrash old school. Le show "best of" qui nous est proposé ravi les oreilles et le groupe donne l'impression de se faire plaisir. Après le concert mou précédent, celui-ci est parfait pour se réveiller et se remettre dans une ambiance qui sera de rigueur pour quasiment tout le reste de la journée.
Arrive le tour de Grave de fouler les planches de la Sanctuary. Le groupe nous délivre un show puissant et massif, malgré un soucis de tête d'ampli qui lâche dès le premier morceau ce qui interrompt le show le temps de la changer. En dehors de ce soucis, le groupe envoie un show vraiment plaisant. Mais ça ne va pas durer. Car si Deströyer 666 nous a donné un show sympathique, il en va tout autrement pour Angel Witch.
Il faut avant tout savoir que ce groupe était l'un des plus attendu du fest pour moi. Leur album Angel Witch datant de 1980 figurant sur mon top 10 des meilleurs albums existant. N'ayant jamais pu les voir sur scène cette édition du Fall of Summer était l'occasion rêvée. Mais quelle déconvenue. L'impression de voir un (mauvais) groupe de reprise est là pendant tout le show. Entre un chanteur chantant à la limite de la justesse (et bien plus souvent faux que juste) sur toute la durée du set et un son plus que mauvais (une des guitares n'a pas été audible sur tout le concert et leur son manquait de pêche au point où l'on aurait eu l'impression de voir un concert de pop/rock), la déception est au rendez-vous. Autant dire que le massacre du titre le plus connu du groupe, à savoir Angel Witch ressemble plus à un massacre qu'à un réel hymne. Dommage, je continuerai à écouter ce groupe sans vouloir pour autant les voir sur scène.
Heureusement arrive ensuite le concert de Candlemass qui remet les pendules à l'heure. Ce groupe est et reste LE groupe (avec Pentagram) du heavy doom. Et leur show le prouve une nouvelle fois. Il est presque dommage que le groupe ne joue pas au crépuscule. Le souvenir de Pentagram l'an dernier en pleine nuit restant un des grands moments du fest. En tout cas le changement de chanteur opéré il y a trois ans déjà ne rend pas le groupe moins bon. La présence scénique est vraiment de rigueur et le set est vraiment impeccable, permettant de retomber dans les meilleurs moments du groupe. Assurément l'un des meilleurs concerts du fest. Malheureusement le temps de jeu n'est pas assez long et il est temps de laisser la scène pour aller voir Asphyx. Peu de souvenirs de ce concert. Mais c'est un groupe qui, sans le trouver mauvais, ne me touche pas particulièrement. Et il faut dire que la grosse baffe de la journée est le show suivant avec un Destruction vraiment en forme. Je n'avais pas encore eu l'occasion de voir l'un des 4 piliers du thrash teuton, et autant dire que c'était une erreur monumentale ! Le show est puissant, groovy. Celui qui me dit que le thrash n'est pas festif, je le met au défi de ne pas avoir envie de bouger et de faire la fête avec le groupe. La discographie du groupe est visitée pendant ces 55 minutes de jeu. Puisant aussi bien dans les vieux titres que dans les plus récents. Et finir le show sur The Butcher reste assurément l'une des meilleures choses à faire pour un groupe comme celui-ci. Alors oui, les envolées aiguës du chant peuvent rebuter, mais elles font partie du charme de ce groupe. Et ajouter à cela un son massif permettant de tout bien dissocier donne vraiment l'impression d'avoir un show parfaitement rodé.

Après ce concert, difficile pour Mayhem de faire mieux. Alors oui, ce groupe est capable de faire de très bons concerts (nombre des festivaliers présents m'ont assuré qu'un de leur concert au Divan du Monde il y a peu de temps était vraiment bon). Mais ce soir... le groupe donne dans le pire de ce qu'il peut donner. Son brouillon au possible piochant plus dans les basses que dans les aiguës, énergie scénique aux abonnés absent et d'une mollesse telle que l'on aurait l'impression de voir un concert de doom... Si Destruction était l'un des meilleurs show de la journée, Mayhem en est, avec Angel Witch l'un des pires. C'est donc avec empressement que l'on espère la fin pour voir les japonais de Sabbat.

Car oui, ce concert est un évènement en France. Le groupe nippon formé en 1984 vient pour la première fois en France. Et ça se sent. Le public scande pour la première fois de la journée le nom d'un groupe tant il est pressé de faire la fête avec lui. Alors oui, la filiation avec Venom est facile à faire (d'un autre côté, ils étaient au début de leur carrière un cover band de ce groupe). Mais l'énergie qu'ils diffusent est palpable. Officiant entre heavy, thrash et black, le groupe propose un set très bien rodé. Et le jeu de scène du chanteur (uniquement vêtu de ses bottes et de son string en cuir clouté) est vraiment très bon. Seul bémol du concert : les lumières qui ne sont pas forcément raccord avec la musique. Mais le show en lui même est excellent. Et, même si j'abhorre ce geste, détruire sa basse (qui, vu le nombre de fois où elle a du être réaccordée devait être d'une qualité vraiment pauvre) pour en donner les deux morceaux au public est un geste marquant. Premier passage en France et seul date européenne de la tournée 2015 mais carton plein pour ce groupe au chanteur simple et proche de son public. Si certains s'entouraient d'une horde de fan et donnaient plus l'impression de vouloir se faire voir que de partager avec son public (chanteur d'un célèbre groupe de Black Metal français), Gezol fait dans la simplicité avec sa veste à patch (dont Sortilège était fièrement arboré) et répondant à ses fans qui viennent le voir. Une leçon de vie dont certains auraient besoin.

Après cette journée de concert, la bonne chose faite par le fest est d'organisé un "after" heavy / thrash (qui ressemble aux soirées glam' de la péniche) jusque trois heures du matin. Un vrai plus pour finir la nuit. D'autant plus que le bar du camping était lui aussi dans cette optique avec de la musique diffusée jusqu'aux alentours de 5h du matin. Cependant, il serait de bon ton l'an prochain d'éviter les morceaux rap, reggae et trance ! Mais le bilan de cette journée reste très positif malgré l'attente pour les sandwich (pouvant aller jusqu'à 1h30 pour en manger) et les ruptures fréquentes de nourriture. 

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