/// Fall of Summer Festival

Torcy (77) (05/09/2014)

Publié le 23/10/2014 par Mindkiller

Le mois de septembre n'est généralement pas propice aux festivités, à moins d'être étudiant et de faire les fameuses soirées d'intégration. Mais parler d'un festival en cette période est généralement quelque chose de rare dans le monde du metal. Pourtant, l'association La Korpo épaulée par Dooweet nous a concocté le bien nommé Fall of Summer Festival. Et force est de constater que pour la première édition la programmation a de la gueule. Avoir des groupes qui, malgré leurs quelques trente années d'existence n'avaient pas encore foulé les scènes françaises. Et la base de loisirs de Torcy donne un côté estival à ce festival, tout comme la météo qui, bien que maussade le vendredi, a été magnifique le samedi. Le lac de Torcy et sa Blackwater Stage donne aussi un côté Metal Camp au festival français. Autant dire que c'est avec beaucoup de (bonnes) surprises que nous avons abordé ce festival.

C'est donc sur un camping que l'on pourrait appeler le Mosquito Feast Camp que nous débarquons. Première surprise, il est vraiment proche du parking, ce qui le rend bien plus attractif. Le petit bémol que l'on pourrait y voir cependant reste la taille du camping comme du parking. Les deux étant plutôt petit, on est en droit de se demander comment le festival pourra grossir. Mais, d'un point de vue totalement personnel, le fait qu'il reste un festival confidentiel, est plutôt positif. Avec ses quelques 2500 à 3000 festivaliers sur les deux jours, le festival respire et permet une circulation vraiment fluide de la circulation. Moi qui ne suis habitué qu'au HellFest, ce festival est un vent de fraîcheur pour moi. Et c'est après une courte nuit que nous nous apprêtons à arpenter le site.

Il est 16h le vendredi quand le festival ouvre ses portes. Avec un peu de retard ce qui empêche Cruxifiction et Mercyless de pouvoir jouer tout le temps imparti. Si Cruxifiction est un groupe que je survole à cause de la file d'attente pour l'achat de jetons (félicitations à l'organisation pour l'ouverture d'une caisse supplémentaire), je regarde un peu plus attentivement Mercyless, un des pionniers du death metal francophone. Formés en 1991, il est presque dommage de voir le groupe joué si tôt sur le festival. Cependant, malgré une musique fort agréable, elle semble un peu trop emprunte de ses influences à la Slayer donnant parfois l'impression de n'être qu'un groupe tentant de lui ressembler. Le show reste cependant de très bonne facture et permet une bonne entrée en matière. De plus, le groupe pioche sa setlist surtout dans son tout premier album (Abject Offerings) ce qui n'est pas sans ravir les fans. C'est ainsi quatre titres sur sept qui seront issus de ce premier album. une belle performance donc. C'est après 20 minutes de pause qu'arrive Agressor. Si je connaissais de nom Mercyless, le groupe qui arrive est un groupe que j'ai découvert avec leur dernier album Death Threat sorti il y a déjà huit ans. C'est aussi le premier groupe à jouer sur la Blackwaters Stage, une scène avec un espace plus grand qui tourne le dos au lac de Torcy, autant dire que le cadre est agréable et permet un moment de détente avant la reprise. Le set est sympa, mais ne les connaissant pas très bien, je suis plus dans une optique de découverte. Et autant dire qu'elle est bonne. Le groupe livre un set vraiment solide d'après le public en faisant honneur à sa discographie.
Mais le show qui m'aura le plus fait vibrer sur cette journée restera sans conteste le show de Rotting Christ. Si le groupe n'est plus à proprement du black metal pur et dur, il n'en reste pas moins très efficace en donnant une prestation solide oscillant entre le thrash, le death et le black metal. Un show qui prendra vraiment et où l'on sent que le groupe est heureux d'être là à partager cette affiche. Le reproche que l'on pourrait leur faire, qui sera le même sur quasi tous les groupes présents sur ce festival, est qu'il manque de communication entre les titres, les enchaînant le plus possible. Mais c'est aussi dû au court temps de jeu qui sont d'environ une heure par groupe. Du coup, ils forcent sur la musique mettant de côté la communication entre le groupe et les festivaliers. C'est après cinq petites minutes de répit qu'Aura Noir envahit la Blackwater Stage (aussi appelé la Mainstage). Contrairement au son de Rotting Christ qui est vraiment très équilibré, celui des norvégiens respirent surtout les aigüs à plein. Du coup le son sera presque criard. Heureusement que le groupe livre son black thrash le plus travaillé en piochant dans toute sa discographie. Un show qui ravi les fans du combo malgré ce son très dans les aigües (mais qui correspond bien au style aussi il faut dire).
Il est 21h45 quand arrive le tour de Borknagar de jouer. Je ne connaissais surtout le groupe que de nom, et force est de constater que si leur show n'était pas désagréable, il n'est pas resté dans mes incontournables du festival. Leur black mélodique à tendance folklorique est certes très bien fait, mais il ne me parle pas plus que ça du coup, il m'est très dur d'en parler car le show ne m'a pas marqué et il faut dire que j'attends surtout avec hâte la tête d'affiche de la journée qu'est Venom. Avec plus de 35 ans de carrière, le groupe est attendue. Pas spécialement pour sa qualité musicale, mais pour son statut de groupe culte qui n'aurait pu sortir que ses albums Black Metal et At War With Satan pour avoir ses galons. Et autant dire que le groupe, vu l'accueil qui lui est réservé, est très attendu. Pour ma part, c'est mon premier concert des anglais. Et si les vieux titres font toujours mouche, on ne peut pas dire que ce groupe soit régulier au niveau de la setlist proposée. Les titres des premiers albums fonctionnent toujours aussi bien, mais les titres plus récents manquent cruellement de panache et me lassent assez vite. Ce qui est bien dommage car après ce concert, épuisé, je décide d'aller me coucher. Tant pis pour Impaled Nazarene et Carcass dont je n'ai pas pu pleinement profiter lors de leurs passage au HellFest...

C'est donc après une (courte) nuit de repos que je me prépare pour le premier concert de la journée. Connaissant le groupe qui ouvre cette journée de fest depuis leur premier EP, et très emballé par le premier album qu'ils nous ont fait, autant dire que j'attendais les Can of Worms au tournant. Et quelle claque ils m'ont mis. Un show énorme, vraiment bien fait où l'on sent que les gars ont vraiment bien bossé leur passage. Tout l'album est bien représenté et il prend une dimension encore plus puissante sur scène. Autant dire que ce groupe est une bonne surprise et qu'il me tarde de les revoir sur une scène où ils auront bien plus d'honneur. Après ce concert, les autres groupes auront fort à faire pour retenir mon attention. Car entre le concert de Can of Worms et celui de Debauchery, les groupes présents ne m'inspirent pas énormément. Et la confirmation est faite que le show n'était pas à la hauteur de ce que je pouvais attendre. Les 4 groupes à passer sont pour moi anecdotiques et ne retiennent pas du tout mon attention. J'ai même plutôt hâte qu'ils finissent pour laisser la place à des groupes que j'apprécient plus. Si la musique n'est pas toujours mauvaise, il manque aux groupes une aura et une dimension scénique qui me font vraiment savourer les choses. Dommage. Peut être qu'en réécoutant je savourerai mieux, mais je n'en suis pas certain.

C'est donc avec Debauchery que mon attention reprend. Le groupe nous livre une prestation digne de sa réputation : carré et massif. Ne connaissant que l'album Continue To Kill et quelques titres de parts et d'autres (dont l'hilarante I Can't Dance de Genesis), je savoure chaque moments et prends un pied quand le morceau Continue To Kill est joué. Un groupe qu'il me tarde de revoir sur scène pour un set un peu plus long. D'autant que pour cette date, le groupe n'avait pas, de ce que j'ai pu entendre, son show visuel au complet. La poupée ensanglantée est bien là, mais il manque les gogos, au grand dam de beaucoup de mâles présents au festival. Une fois les allemands partis, c'est au tour d'un autre groupe teuton de faire son entrée sur scène. Si le thrash allemand est représenté surtout par le Big Three (Kreator, Sodom, Destruction) et par des groupes comme Holy Moses ou encore Tankard, le groupe qui vient est un groupe qui ne parle qu'aux amateurs de thrash 80's et technique. Assassin n'a pas eu la chance des groupes précédemment cité, mais cela tient en partie de l'instabilité de son line up et du fait que le groupe a été absent des bacs pendant près de quinze ans. Car entre Interstellar Experience qui date de 1988 et The Klub qui date de 2005, le groupe n'a rien sorti. Et il a fallu six ans au successeur de The Klub avant d'être mis en boite. Autant dire que le groupe est plutôt discret. Et c'est bien dommage. Car même si la voix du précédent chanteur ne plaisait pas à tout le monde, l'album de 1988 est un petit bijou. Autant dire qu'ils étaient attendus pour cette date en terres françaises. Et pour l'occasion le groupe nous livre un show énorme en piochant dans toute sa discographie (bon, 4 albums au compteur, ça aide à pouvoir jouer de tout). Ils agrémentent leurs show d'un mémorable jam avec le mot qu'ils ont l'expression qu'ils auront le mieux retenu de notre contrée : Trou du cul ! Bref un show qui a fait plaisir autant aux fans qu'au groupe visiblement et qui fera plaisir de revoir. N'ayant aucun souvenir de Salem, je ne pourrais en dire beaucoup plus. Et j'aurais préféré qu'il en soit de même pour Artillery. Les danois donnaient leur premier concert en France et les albums des 80's m'avaient bien plus. Leur heavy thrash me plaisant pas mal. Cependant leur concert me laisse un goût amer. C'est toujours aussi bon musicalement, mais la voix elle me déplait. Elle vire trop dans le mélodique et lorgne presque vers le power heavy. Alors certes c'est juste et maîtrisé, mais ou est la rage d'antan ? Bref un show qui me déçoit un peu et qui fait parti de ceux dont j'aurais pu m'abstenir pour garder un bon souvenir de ces légendes. Dommage.

S'il y a des légendes qui, elles, ne m'ont pas déçues lors de ce concert par contre reste celui de Cancer. Les anglais, pilier du death UK, viennent pour la première fois eux aussi en France. Et si leur prédécesseur à fouler les planches de la Sanctuary livrent un show qui me parait un peu fade, les anglais eux vont nous livrer un set béton. Je dois avouer que je ne connaissais que quelques titres écoutés il y a quelques temps via le net. Autant dire que le show était une découverte plus qu'une immersion dans leurs classiques. Pourtant immersion il y a bien eu. Le groupe nous a livré un set carré, puissant et lourd. Loin du death metal actuel qui se veut surtout rapide, celui là pesait sur les ambiances et ça a fait un bien fou. Autant dire qu'il a été l'un des plus apprécié, pour ma part, sur ce festival. Mais le haut du pavé revient à Bobby et son Pentagram. Le groupe livre un show énorme et sans se démonter par le gros soucis technique qui a pesé sur une partie non négligeable de leur show. Cependant l'énergie de son chanteur fait oublier le tout. Les musiciens ne sont pas en reste non plus et ce groupe, bien souvent mis de côté par les labels suite aux déboires de son leader, prouve qu'il est vraiment là pour donner le meilleur de lui même maintenant. Son doom metal est agréable et avec le couchant il donne une dimension vraiment particulière au festival. Pour ma part, moi qui ne connaissais que le premier album, j'ai été servi avec la setlist, et surtout avec l'incontournable du groupe, Sign of the Wolf. Un show qui m'a autant marqué que celui de Heaven And Hell au HellFest 2009, autant dire sa qualité. D'aileurs plusieurs personnes m'accompagnant ne connaissant que très peu le groupe ont été charmé par cette prestation. Encore une fois, il a juste été dommage qu'ils ne jouent qu'une heure. Même si l'heure de passage était idéale, une heure de plus aurait été bénéfique. Mais c'est là de la gourmandise !

C'est après un moment de repos et de sustension que je courre retourner sur la Blackwater Stage pour voir la 2e partie du show de Sodom. J'arrive pile au moment de leur superbe chanson d'amour, la bien nommée Sodomy & Love. Le groupe que je voyais aussi pour la première fois (pas par faute de passage cependant) nous livre un set massif. Ils semblent cependant un peu agacé de la durée de jeu faisant remarquer qu'une heure est un peu court. Je partage à nouveau cet avis, surtout pour un groupe tête d'affiche. Cependant, vu le nombre de groupe à passer et la logistique à mettre en place (rapport au lac et au public affluant sur ce lac en dehors des festivaliers) de faire jouer les groupes plus longtemps. L'orga ayant tentée de faire au mieux et ça se ressent. Le public est cependant bien réceptif. Enchaînant mosh pits et slams sur la plage. Si le slam est une bonne idée sur ce sol (les chutes étant moins douloureuses) les mosh eux, s'avèrent plus compliqués. Mais ça n'empêche pas l'ambiance d'être là. Il est donc plutôt difficile pour moi d'enchâiner les deux concerts à venir vu mon goût plutôt limité pour ce qui va suivre. Car si Enslaved livre un show que je trouve mou (identique à celui du HellFest) il n'en reste pas moins un bon concert avec un son vraiment propre. Mais leurs titres ne me conviennent pas pour un concert. C'est plus une musique que j'apprécierai en CD chez moi le temps de me reposer. Cependant les musiciens se font plaisir et font plaisir aux fans. Mais le froid tombant et le manque d'engouement pour leurs musiques font que la fatigue arrive vite. Au point ou je déclare forfait pendant Watain qui malgré une scène vraiment très belle livrera une prestation qui ne m'émeut pas du tout. Je décide donc d'aller me coucher et de braver le froid de la nuit.

Cette première édition est donc un franc succès. L'organisation, le cadre, les groupes et l'accueil des bénévoles (mention spéciale à la sécurité et à Jessica du bar du camping) ont fait de ce festival un évènement qu'il nous tarde de retrouver en septembre prochain. Une superbe édition avec des groupes qui visent un public de connaisseurs. L'avis des festivaliers est par ailleurs unanime, ce festival, malgré une invasion phénoménale de moustiques, est entré dans le top des festivals français. Nous sommes très loin d'un HellFest qui brasse énormément de gens et a, pour certains, perdu de sa superbe en brassant un public de plus en plus large. Le Fall Of Summer première édition est un festival qui, s'il n'est pas renouvelé, manquera cruellement à la scène metal française. Donc, à toute l'orga, bottez nous le cul en 2015 pour une deuxième édition restant sur cette même optique !

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