/// Fear Factory, Once Human

La Laiterie, Strasbourg (05/12/2015)

Publié le 08/12/2015 par Dzo

Il y a vingt ans, précisément le 16 Juin 1995 paraissait un album qui allait marquer de manière indélébile le monde du Metal Industriel. Son nom: Demanufacture, deuxième opus des américains de Fear Factory, groupe qu'on ne présente plus aujourd'hui. Et qu'on aime ou qu'on déteste, il fait parti de ces groupes qui se comptent sur le doigt d'une main qui ont su marquer toute une génération de fans avec leur musique unique.

A cette grande occasion qu'est le vingtième anniversaire de cette galette indémodable, le groupe s'est décidé à repartir en tournée afin d'une part de jouer en intégralité ce fleuron de onze titres, et d'une pierre deux coups de promouvoir leur dernier opus Genexus sorti en Août dernier (et dont la chronique est visible ici). A travers cette tournée qui croise la Russie en passant par l'Israël et la Finlande, nous petits français sommes de gros veinards car quatre dates au sein de l'hexagone sont programmées, dont celle de ce soir à La Laiterie de Strasbourg.

Strasbourg étant toujours un véritable casse tête pour trouver une place pour se garer, je loupe le tout premier groupe Dead Label qui ouvrait très tôt les hostilités, puisqu'ils commenceront à jouer vers 19h30.

J'arrive quelques minutes avant que Once Human ne commence à jouer, groupe venant de Los Angeles tout comme les Headliner de cette tournée. Ce dernier en est au stade embryonnaire car il n'existe que depuis l'année dernière, et a été formé par Logan Mader, ex-membre de Machine Head et de Soulfly.

La particularité de ce jeune groupe qui officie dans un registre Death Metal mélodique est qu'il arbore une femme au poste de chanteuse avec un growl assez imposant. Mais ses mimiques, sa tenue ainsi que son jeu de scène m'amènent à l'inévitable comparaison avec Angela Gossow (ex-Arch Enemy) qui se veut peut-être un peu trop inspiré d'elle. Malgré ça, la jeune femme se démènera pour faire grimper la salle en température, ce qui avait l'air de marcher aux premiers rangs. Vrais fans de la musique ou admirateurs de la plastique parfaite de la jeune femme? La question reste entière…

Musicalement parlant, je n'ai pas trouvé ça transcendant, le son n'étant franchement pas au top (on entendait à peine la gratte par moment) et les compositions prévisibles se ressemblaient beaucoup les unes aux autres. Il y avait de temps en temps de petites accalmies dans les morceaux qui relançaient un peu la machine, mais pas de quoi me faire bondir au plafond. A noter la présence d'un bassiste français au sein du combo américain qui dira quelques mots au public. Le groupe n'ayant qu'un seul opus à son actif pour le moment, le show ne durera pas très longtemps, un peu plus d'une demi-heure.

Il est 21h30 quand l'usine de la peur gagne la scène. Paradoxalement, niveau affluence, la salle semble moins remplie qu'il y a trois ans en arrière lors de la tournée pour The Industrialist (voir le live report ici) mais du monde a tout de même fait le déplacement pour se délecter des notes de Demanufacture qui sera donc joué dans son intégralité ce soir.

Dès les premières coups de double pédale du titre éponyme, la foule présente se déchaîne déjà dans la salle. Le nouveau line-up entre en scène, Matt DeVries ayant cédé sa place il y a quelques mois à Tony Campos (ex-Static X, ex-Soulfly, Ministry) au poste de bassiste. Le quatuor semble en grande forme, même si le chant de Burton C. Bell, éternel talon d'Achille du groupe en live, se veut toujours approximatif, notamment sur les parties de chant clair, mais honnêtement, je m'attendais à pire. Globalement, le son est plutôt bon, le seul petit bémol résidait au niveau de la caisse claire qui avait moins d’impact que la double grosse caisse triggée.

L'enchaînement de 'Demanufacture', 'Self-Bias Resistor', 'Zero Signal' et 'Replica' est un véritable bonheur pour les oreilles, même si on avait déjà eu le droit à ces quatre titres d'affilé lors de la précédente tournée, ce sont véritablement des morceaux intemporels dont on ne se lasse pas d'écouter encore et encore.

'New Breed' avec son entrée très vindicative n'est pas en reste, tout comme le lourd 'Body Hammer' qui fera fureur dans la fosse. Et quel bonheur de voir des titres comme 'H-K (Hunter-Killer)' ou le plus aérien 'Pisschrist' qui délivrent une atmosphère presque mystique être joués en live. Le jeu de lumière bleue de la scène en adéquation avec les tons de la pochette est aussi un plus qui nous plongeait durant près d'une heure dans les abysses mécaniques et industriels de Demanufacture qui, du haut de ses vingt ans, n'a pas pris une ride.

Après le dernier morceau de l'album, à savoir l'atmosphérique 'A Therapy Of Pain', quel meilleur enchainement possible pour la suite? Et bien, deux titres d'Obsolete! En effet, Fear Factory aurait pu se contenter de quitter la scène après avoir joué les onze titres, mais il n'en ai rien, et lorsque Burton C. Bell annonce que le prochain morceau joué sera 'Shock', la température monte clairement encore d'un cran dans la salle, les plus vieux fans comme moi étant plus que ravi. L'enchainement avec 'Edgecrusher' était donc logique et inévitable, juste orgasmique.

Après ce voyage dans le temps, le groupe interprétera tout de même trois titres de leur nouvel opus Genexus (car il faut quand même faire la promo pour assurer la longévité du groupe hein) à savoir 'Soul Hacker', 'Dielectric' et l'excellent 'Regenerate', trois morceaux qui représentent bien ce nouveau fleuron 2015. Même si l'ambiance reste de mise lors de l'interprétation de ces morceaux, l'intensité et la dévotion dans la Laiterie sont tout de même moindre, les "puristes" de FF ne connaissant pas tous forcément le nouveau répertoire du groupe.

Le quatuor américain terminera sur un morceau qui a près de 25 piges, le massif 'Martyr' avec ses petits moments d'accalmie relancés par un gros riff bien gras servi par sieur Dino Cazares à l'aide de sa Ibanez à sept cordes. Mention spéciale aussi pour Mike Heller, qui a véritablement assuré derrière les fûts durant tout le show. En effet, assurer la succession de Raymond Herrera et Gene Hoglan ne doit pas être chose aisée.

Au final, après 17 titres tous excellents, seul quatre albums ont été représentés ce soir, et même si un petit 'Lichpin' ou 'Powershifter' n'auraient pas été de trop, le groupe a parfaitement rempli son contrat. Vingt ans après, la thématique de l'homme face à la machine fait toujours son petit effet, et ce concert nous donne juste envie de ressortir la discographie du groupe et se la repasser en boucle, nous replongeant à l'époque de nos premiers émois musicaux, quand la coupe au bol et les cartes Dragon Ball Z étaient encore à la mode. Bref, ce concert était une excellente façon de terminer l'année en beauté, mais 2016 s'annonce déjà épique avec la venue de Ghost en Février prochain, à suivre donc…

Setlist:

Demanufacture
Self-Bias Resistor
Zero Signal
Replica
New Breed
Dog Day Sunrise
Body Hammer
Flashpoint
H-K (Hunter - Killer)
Pisschrist
A Therapy Of Pain
 
Rappel
 
Shock
Edgecrusher
Soul Hacker
Dielectric
Regenerate
Martyr

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