/// Godflesh, CROWN

La Laiterie, Strasbourg (17/05/2013)

Publié le 05/06/2013 par Dzo

Après une semaine de dur labeur, rien de tel qu’un bon concert à Strasbourg pour se vider la tête devant une affiche plus qu’exaltante. Direction donc La Laiterie où jouera le monument Godflesh, figure emblématique qui a marqué divers sous-genres de Metal depuis bien des années, soutenu par les colmariens de CROWN en première partie.

Une fois arrivé à Strasbourg, première surprise, c’est dans la petite Laiterie située juste à côté du Molodoï que se déroule la soirée. Voilà un bon moment que je n’avais pas assisté à un concert ici. Arrivé vers 20h15, c’est dans une salle presque vide que je me rends. Très étonnant au vu de l’affiche, mais le prix (23 euros le soir en caisse, quand même) peut en avoir rebuté certains.

Couronné de succès il y a de cela quelques jours au Grillen de Colmar lors de sa Release Party pour la sortie de leur premier album Psychurgy, c’est CROWN qui va donc avoir l’honneur d’ouvrir les concerts de Godflesh pour les quatre dates françaises prévues, dont la première ce soir ici.

Qu’à cela ne tienne, malgré une fosse cruellement vide, c’est aux alentours de 20h30 que les alsaciens investissent la scène. Souvenez-vous, le duo avait été accompagné par Frederyk Rotter de Zatokrev sur certains morceaux au Grillen (Live Report ici). La symbiose a visiblement bien fonctionné puisque c’est en trio que CROWN va euthanasier le public français durant ce mois de Mai.

CROWN Stras

Les lumières s’éteignent, tandis que le combo monte sur les planches de La Laiterie. La scène est dépouillée de tout artifice, seul deux pieds de micros trônent au milieu. Après un petit interlude le temps de faire monter la pression, c’est sur la massive ‘Abyss’ que sont lancées les hostilités. Malgré quelques petits problèmes de sons et de réglages qui viendront entacher les deux trois premières minutes du morceau, l’emprise de la musique de CROWN se fait rapidement.

Il faut dire que la formation colmarienne a donné un show dantesque au Grillen comme je le stipulais plus haut, ce qui m’a donné envie de revenir me prendre une claque sans hésiter ce soir.

‘Blood Runs’ est le morceau suivant, de nature hypnotique et mélancolique, l’effet CROWN commence petit à petit à gagner le public, qui fort heureusement, est un peu plus nombreux que lors des toutes premières minutes. Le trio est discret et livre ce qu’il sait faire de mieux, une musique lourde (23 cordes, ça aide), lancinante et prenante, qui ne se laisse à aucun moment gagner par la linéarité, force indétrônable du groupe. Le concert est ponctué d’images psychédéliques récurrentes qui défilent en arrière plan.

Frederyk Rotter, en fond de scène, headbangue en rythme sur les notes lancinantes de ‘Empress / Hierophant’, tandis que Stéphane Azam restera assez statique et concentré. Le moment le plus fort de leur passage à mes yeux est indéniablement lorsque ‘Alpha : Omega’ est jouée, avec son ascension progressive qui finira dans un déluge d’agressivité, là où le chant de Frederyk prend tout son sens et son ampleur.

crown stras 2

C’est un véritable mur du son qui s’abat sur nous public, lorsque le trio conclut son set avec la puissante ‘Mare’ du premier EP, compo au riff complètement dévastateur et orgasmique à la fois. C’est sur le sifflement de leurs énormes huit cordes que CROWN quittera discrètement la scène, sous les applaudissements d’un public qui pour la plupart, semblait découvrir le combo, mais a été séduit par leur prestation et leur univers mystique. Un très bon concert, une fois de plus, très addictif.

 

Setlist:

Abyss
Blood Runs
Empress / Hierophant
Psychurgy
Alpha : Omega
Mare

 

Ne connaissant que très peu la formation, plus pour sa renommée que sa musique, c’est quasiment en néophyte que je vais assister au passage de Godflesh. Malgré cela, c’est avec une certaine impatience que j’attends la montée du combo sur les planches de la petite Laiterie.

Après quelques balances, il est un peu plus de 21h30 quand le duo entre en scène. Là aussi, pas de batterie physique, ça sera une boîte à rythmes programmée, à l’instar de CROWN, qui fera tout le boulot des percussions. ‘Love Is A Dog From Hell’ sera le premier morceau interprété, devant une salle qui s’est considérablement renflouée depuis le début de soirée. Là aussi, le son est bon mais moins massif qu’auparavant; malgré ça, l’immersion du monde froid de Godflesh est quasi immédiate et me prends littéralement aux tripes.

La basse se distingue bien de la guitare et des différents samples, tandis que les allures un peu martiaux de la boîte à rythmes me rappelleront sans cesse les rythmiques des premiers albums de Ministry, que ce soit dans les structures assez répétitives ou le son lui-même.

godflesh laiterie 2

L’ambiance de la soirée est considérable. Ces deux mecs, avec leur quarantaine bien tassée, ont une énergie intacte, malgré la simplicité de leur show. Chaque chanson qu’ils joueront retournera la foule, que ce soit par la lourdeur ou cet aspect industriel si caractéristique de leur musique.

Le duo anglais se montre peu communicatif avec le public, mais ça n’entache en rien le concert. Après tout, c’est pour une branlée auditive qu’on est là, pas pour du pipeau. La setlist du groupe pioche dans l’efficace, notamment lorsque ‘Pure’ ou ‘Like Rats’ seront jouées.

Les morceaux défilent sans réelle interruption, et c’est sur ‘Crush My Soul’ que la soirée se terminera, après quasi une heure et demi de concert. Laps de temps que je n’ai absolument pas vu passer tant j’étais plongé dans l’univers si particulier du groupe, là ou il est parfois difficile de mettre des mots pour définir leur style, assez atypique.

Après une telle prestation, je comprends mieux la dévotion que tant de groupes ou personnes ont à l’égard de Godflesh. Il va vite falloir que je rattrape tout ce temps perdu sans connaître ce groupe et m’imprégner de leur discographie. Une soirée mémorable marquée par une petite gueule de bois le lendemain, mais ça en valait vraiment le coup!

Photos de Godflesh

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