/// HellFest Open Air 2014 - VENDREDI

Clisson, Loire Atlantique (20/06/2014)

Publié le 25/06/2014 par Mindkiller

     Nous revoilà à la période de l'année la plus enjouée. Les petits oiseaux chantent, les vêtements deviennent plus légers, le soleil est radieux et les festivals d'été font leur entrée. Encore une fois, cette année, un lieu est à ne pas louper. Le pays : France ; la ville : Clisson, charmante bourgade médiévale. Mais surtout, son festival de metal, devenu l'un des plus incontournables de France. Et cette neuvième édition ne déroge pas à la règle tant l'affiche est alléchante. Le public ne s'y trompe d'ailleurs pas, puisque ce sont près de 152 000 personnes qui sont recensées cette année, soit 50% de festivaliers en plus que l'année précédente avec ses 103 000 visiteurs (le tout sur trois jours pour les deux chiffres). Et avec le temps qu'il faisait cette année, le HellFest "cuvée 2014" était au top. 
     La chaleur est donc un parfait moyen pour aller voir les premiers groupes de cette journée de vendredi. Premier constat, n'ayant pas été chercher mon pass la veille, et dormant en dehors du site : celui-ci a énormément évolué. Un bien ou un mal ? Un peu des deux. Si l'idée de faire un village HellFest est bonne, ce qui l'est moins est cette passerelle surplombant la route. L'idée est louable, notamment pour fluidifier la circulation des riverains ; cependant, un escalier en métal de plusieurs mètres de haut n'est peut-être pas la meilleure idée du monde si le temps est pluvieux... Mais ne ternissons pas ce festival tout de suite, même si cette année, de trop nombreux points négatifs (qui partent pourtant d'une bonne intention !), sont présents. Concentrons-nous sur les concerts. 

 

     10h30, premier groupe à ouvrir ce festival, en même temps que Necroblood que je ne regarderais pas : les espagnols de ANGELUS APATRIDA. Découverts, pour ma part, avec la sortie de leur album Clockwork en 2010, je m'attendais à une continuité de ce que j'avais entendu, c'est-à-dire un son placé plus dans les hauts médiums et très influencé par Megadeth. Et en un sens, je n'avais pas tort. Sauf que le son est massif et bien plus lourd que ce que je pensais. Et même si le show était court, il a été vif et fort. En une demi-heure, les gars nous ont brossé un tableau de leur carrière en piochant dans leurs 4 albums sortis. Après ça, dur de ne pas se dire que l'on est déjà entraîné dans l'ambiance du HellFest. 
     Cependant, il faudra que j'attende l'arrivée sur scène de THE ORDER OF APOLLYON pour me remettre dans un concert. Et là, première déception. D’une, nous ne sommes pas bien en-dessous de la tente (chaleur, poussière), et le son de la Valley, placée derrière, parasite celui de la Temple. Autant dire que ça pose un gros souci, étant données les différences de sonorités des deux scènes. Si la Temple est plus pagan et black, la Valley, elle, est très orientée vers le stoner, le doom et le sludge. Deux fréquences radicalement opposées. Dommage pour THE ORDER OF APOLLYON : je n'ai pas pu savourer pleinement leur concert qui, pourtant, semblait être de très bonne qualité. À noter, par contre, une reprise très étonnante pour un groupe de black metal avec le titre Creeping Death, qui plus est, repris à l’identique. Alors certes, entendre ce titre de l'époque glorieuse de Metallica (pour une quasi unanimité de metalheads) est plaisant, mais nous sommes en droit de s'attendre à autre chose de la part d'un groupe officiant dans une des variantes de black metal. 
     Arrive ensuite KRONOS sous l’Altar, scène voisine de la Temple, sous le même chapiteau. Ici, pas de son parasite, mais un gros souci : le son est laborieux (ce qui restera un peu à l'image de cette journée, notamment sous les deux tentes, Altar et Temple). En effet, même pour du death/grind, le son est lamentable. Insupportable sans bouchons d'oreilles... Je quitte donc l’Altar, déçu de n'avoir pu voir un groupe que j'aime. 
     Pour finir cette matinée, le prochain groupe, FUELED BY FIRE, rattrape cette sensation. Si le son est encore un peu trop saturé de parasites, il est nettement plus clair que sous les tentes. Et puis, il y a cette attente. En effet, cela fait une bonne demi-douzaine de fois que je loupe ce groupe, que j'aime pourtant depuis le premier album, alors l'occasion est vraiment trop belle pour ma part. Et la qualité du show est au rendez-vous. Énergie, communication et plaisir d'être là. La réaction du public est, du coup, très positive. Et le beau temps présent aide à ce que ce début de HellFest se passe bien. De plus, le show est vraiment bien équilibré : les trois albums du groupe sont bien représentés et les morceaux du premier album sont ceux qui fonctionnent le mieux. On peut éventuellement regretter que le solo de Thrash is Back ne se soit pas amélioré avec le temps, et qu'il flirte toujours d'aussi loin avec la justesse, mais ce n'est qu'un petit détail sur la qualité du show. Cependant, la chaleur et le manque de sommeil me font quitter le site et louper un groupe que je voulais absolument voir : Toxic Holocaust

     16h00, j'arrive pour regarder DESTROYER 666. Malheureusement, ce qui avait déjà été constaté pendant le concert de The Order of Apollyon se répète (et sera là tout le week-end). Impossible d'écouter complètement un concert en étant au bord de la tente, et vu l'affluence du week-end, ça nous oblige à être présents sous la tente au moins une heure à l'avance pour la tranche horaire 11h/16h, et deux heures à l'avance après 16h. Impossible, donc, de profiter comme les années passées de tous les concerts, ou de voir le concert un peu écarté de la foule à cause du son insoutenable par ses basses de la Valley, bien trop près de la Temple. Déçu de n'avoir rien pu voir du groupe, je m'en vais à l'espace presse pour deux interviews que vous découvrirez dans notre dossier spécial HellFest 2014 qui sera disponible gratuitement en téléchargement (on vous gâte chez Metal France !).
     Je reviens donc pour voir le show d'IMPALED NAZARENE. Même constat qu'à chaque fois, le son est soit déplorable, soit invivable à cause de la Valley (mais quelle idée de faire jouer les deux scènes en même temps, surtout que le son n'est pas du tout sur les même fréquences !). Cependant, on sent l'aura culte du groupe. Le show est en plus très bon et le groupe donne beaucoup à son public. Si le son saturait moins, c’aurait été parfait (et si le sol n'était pas en pente descendante de la scène au public aussi). Du coup, ne connaissant que très peu le groupe, je n'en profite pas outre mesure, mais l'envie de mieux le découvrir est là, car les ambiances sont vraiment bonnes. 

     18h45, le show à venir de ROB ZOMBIE me fait quitter plus tôt la Temple, histoire de mieux profiter du concert. Et grand bien m'en a pris, j'arrive à me faufiler dans les premiers rangs afin de pouvoir mieux en profiter au point d'arriver sur l'extrémité droite de la scène, pile face à un John 5 très souriant. Avant d'en lire plus, sachez tout d'abord que la scène industrielle n'est pas celle que je préfère. Mais le show commence très bien pour moi vu que le groupe l'entame par Dragula, l'un des rares titres que je connaisse. Ainsi, me voilà paré pour regarder un concert où les musiciens se font vraiment plaisir. La communication avec le public est d'ailleurs le credo de ce concert, puisque Rob Zombie, John 5 et Piggy D ne font que haranguer la foule. On voit alors Rob venir dans le pit des photographes et saluer ses fans tout en continuant le show, tandis que John 5 est souriant comme jamais et nous livre une prestation à la hauteur du talent qui lui est reconnu, à l’instar de Piggy D qui, tout en assurant la moitié de la partie rythmique, donne aussi dans le sourire tout le long. Quant à la setlist, même si je ne connais pas bien la carrière du groupe, plusieurs titres me parlent : Dragula en premier lieu, mais quelques autres aussi. Et quand arrive le moment des reprises, c'est l'euphorie générale. Entre Am I Evil ? de Diamond HeadSchool's Out d'Alice Cooper ou le riff principal d'Enter Sandman de Metallica (et, comble, avec un son plus puissant à trois que si les "Four Horsemen" l'avaient jouée face à nous !). Bref, un show qui m'a fait apprécier le Zombie et qui me donne envie de voir ce qu'il donne sur un show lui étant entièrement consacré. De plus, pour beaucoup présents en 2011, le concert était bien meilleur, Rob ne s'arrêtant pas sans cesse pour parler au public et ainsi faire que le live soit réduit de moitié. Une bonne surprise, donc. D'autant plus que les décors scéniques correspondent totalement à l'idée que l'on se fait du personnage grâce à sa musique et ses films. 
     Malheureusement, après avoir vu le show entier de ROB ZOMBIE, avoir une place appréciable pour TURISAS est mission impossible. J'en profite donc pour aller me balader sur le site et le découvrir un peu plus. Outre la grande roue (est-elle vraiment utile ?, la perte de place est phénoménale pour un nombre aussi conséquent de festivaliers), le site permet, une fois encore, une immersion totale dans l'univers du HellFest. Le HellCity Square est aussi une bonne idée, même si, du coup, l'effet très mercantile s'en ressent. Mais peut-être cela est-il la contrepartie nécessaire d'un festival devenu aussi populaire… 
     Je reviens donc vers les Mainstages pour tenter de voir IRON MAIDEN, mais là encore, tout étant tellement noir de monde, et mon faible goût pour ce groupe me font aller voir le match de foot au Metal Corner. Peu amateur de foot, l'ambiance y est très bonne et bon enfant (peut-être grâce à la victoire de la France, aussi). Du coup, un bon moment et un repos bien mérité avant de reprendre la dernière ligne droite de cette première journée marathon.

     22h55. Le dilemme du soir s'impose comme une torture. Qui voir entre DEATH TO ALL et SLAYER ? Ne pouvant choisir, je décide de scinder les deux concerts pour en apprécier une moitié de chacun. Je commence donc par DEATH TO ALL, une version quasi identique de Death, Chuck Shuldiner en moins, par la force des choses. Cependant, sous la tente, on sent l'aura culte du groupe : une ambiance entre respect et joie du public est là, et le groupe donne énormément de lui-même, plongeant le public quelques 20 ans en arrière lorsque Chuck nous donnait des concerts de folie. Le "death old school" du groupe fonctionne toujours autant et le remplaçant de Chuck s'en sort avec les honneurs pour le remplacer, tant à la guitare qu'à la voix. Je n'en vois qu'une demi-heure, mais je repars avec l'impression d'avoir vu un très bon show. 
     L'arrivée devant SLAYER me surprend  : si Kerry King ne change pas, une métamorphose s'est opérée sur Gary Holt et Tom Araya. Gary Holt, tout d'abord, qui a perdu une longueur de cheveux mais gagné une longueur de barbe, au point où j'ai eu du mal à le reconnaître. Quant à Tom Araya, il a pris un énorme coup de vieux et les cheveux et barbe blanche ne l'aident pas à "rester jeune". Par contre le show délivré est d'une puissance incroyable. Gary Holt remplace à merveille feu Jeff Henneman et même s'il reste très en retrait par rapport au reste du groupe, le concert est musclé et parfaitement rôdé. Seul Gary Holt fait un peu "à part" dans la cohésion de groupe, restant sur l'extrémité gauche de la scène sans jamais trop en bouger, alors que Kerry King, Araya ou Bostaph assurent le show de façon impressionnante. Et puis finir le concert sur les incontournables Raining Blood et Angel of Death reste toujours une bonne idée, surtout quand celles-ci finissent avec un hommage "Heineken" à Jeff Henneman (un hommage écrit sur le logo de la célèbre bière néerlandaise). 
     C'est sur une note très positive et chargée en émotion que se termine ce concert, me laissant agréablement surpris, pour aller voir ENSLAVED. Là, par contre, très difficile pour moi de vous dire ce qu'il en était. Le son était très bon (moins de monde sous la tente ?) mais par contre, c'est très lent et très... mou (n'ayons pas peur des mots). Cependant, c'est un groupe que j'écoute très peu, donc je pense que le côté "néophyte" joue énormément. Car ENSLAVED est le genre de groupe qui doit prendre toute sa dimension quand en on connaît les titres et la carrière. Néanmoins, il est certain que ce concert s'adressait à un public de fans, et vu l'ambiance et le plaisir que semblait prendre les musiciens, on peut tabler sur un bon concert. Dommage que ça ne m'ait pas davantage touché. 
     Enfin, un peu endormi par le précédent concert, j'ai beaucoup de mal à apprécier le show de SEPTICFLESH, au point de partir et d'aller voir le groupe DEATH ANGEL après seulement une chanson. DEATH ANGEL joue donc en clôture de cette journée après plusieurs changements qui ont fini par agacer le chanteur (qui le dira pendant leur temps de jeu). Et il est même dommage qu'un groupe qui annule toute sa tournée européenne sauf son concert au HellFest soit traité avec si peu d'égards. Du coup, l'énervement du chanteur lui permet de livrer une prestation hallucinante de pêche et de plaisir. Le groupe puise en plus énormément dans ses deux premiers albums pour ce concert, ce qui finit de ravir les fans présents lors du show qui a commencé à 1h du matin. Mais le public, fatigué (chaleur et alcool obligent), n'est plus très réceptif. Ainsi s’achève cette première journée de festival… du moins pour les concerts ! 

 

SETLISTS:

ANGELUS APATRIDA : Violent Dawn - Of Men & Tyrants - Vomitive - Give'Em War - You Are Next - Blast Off - Legally Brainwashed
THE ORDER OF APOLLYON : Intro / God Speak - Ich Bin Das Licht - Four Beasts - Never - Word - Creeping Death - L'Orgueil
FUELED BY FIRE : ? - Thrash is Back - Forsaken Deity - ? - Defaced Mortality - Rising From Beneath - Obliteration - Eye of the Demon
DESTROYER 666 : Rise of the Predator - Raped - I Am The Wargod (Ode to the Battle Slain) - Satan's Hammer - Ghost Dance - Black City / Black Fire - Satanic Speed Metal
IMPALED NAZARENE : INTRO S.F.P. : 1999: Karmageddon Warriors - Violence I Crave - Flamong Sword of Satan - Kohta Ei Naura Enää Jeesuskaan - Armageddon Death Squad - King Reborn - Sananvapaus- Cogito Ergo Sum - Kult - APOLOKIA: Condemned To Hell - Pathological Hunger For Violence - Enlightenment Process - Motörpenis - Ghettoblaster - Vigorous And Liberating Death - The Horny & The Horned - Sadhu Satana - Total War / Total Winter
ROB ZOMBIE : Dragula - Superbeast - Living Dead Girl - Dead City Radio & The New God of Supertown - Drum Solo - More Than Human (White Zombie Cover) - Sick Bubble Gum - Never Gonna Stop (The Red, Red Kroovy) - House of 1000 Corpses - Am I Evil (Diamond Head Cover) - Thunderkiss '65 (White Zombie Cover, inclus des parties d'Enter Sandman de Metallica et de School's Out d'Alice Cooper)
TURISAS : To Holmgard & Beyond - The Great Escape - For Your Own Good - Battle Metal - No Good Story Ever Starts With Drinking Tea - We Ride Together - Stand Up & Fight - Rasputin (Abba Cover)
DEATH TO ALL : Flattening Of Emotions - Left To Die - Suicide Machine - Spiritual Healing - Crystal Mountain - Spirit Crusher - Symbolic - Zombie Ritual - Pull The Plug
SLAYER : Hell Awaits - The Antichrist - Necrophiliac - Mandatory Suicide - Captor of Sin - War Ensemble - Hate Worldwide - Disciple - Implode - Seasons In The Abyss - Dead Skin Mask - Raining Blood - Black Magic - South of Heaven - Angel of Death
DEATH ANGEL : Left for Dead - Son Of The Morning - Evil Priest - Claws in so Deep - Seemingly Endless Time - Execution / Don't Save Me - 3rd Floor - Empty - The Dreams Call For Blood - Mistress of Pain - Fallen - Thrown to the Wolves

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