/// Lez'Arts Scéniques 2012

Sélestat, France (67) (27/07/2012)

Publié le 05/08/2012 par Dzo

Depuis Lundi, je n’ai jamais autant guetté le site de la météo. Plutôt mauvais signe en début de semaine, à partir du Mercredi la situation s’améliore, les orages devraient passer prêt, mais pas sévir durant cette première journée Metal des Arts Scéniques 2012. Veinards que nous sommes, le site se situe à peine à vingt minutes du domicile. Au final, c’est sous une chaleur écrasante que nous nous rendons à Sélestat pour assister au festival. Plus de 30°C à l’ombre, il est conseillé de ranger ses rangeo au placard. A l’affiche cette année, le trio de thrash teuton, à savoir Destruction, Sodom et Kreator, et la raison de ma venue au fest (hormis la proximité), Ministry! On y retrouvera notamment aussi Municipal Waste, Black Bomb A, Finntroll et Suicidal Tendencies. Affiche placée sous le signe de l’éclectisme donc.

Une fois les voitures garées et après avoir rôti dedans pendant le trajet, direction le site du festival, où durant cette escapade à pied qui longe la rivière de Sélestat, on a le temps de se faire accoster par tout type de spécimen, allant du simple mec engageant la discussion au hippie à l’hygiène plus que douteuse mendiant de l’argent pour se faire payer la place (rien que ça).

Après une halte pour chercher son ticket presse qui fut retardée par un relou qui faisait style d’avoir une accréditation pour entrer à l’oeil, nous arrivons sur le site un peu avant 16h. Je constate que la disposition des scènes a changé depuis l’année dernière. Alors qu’avant ces dernières se faisaient face, pour cette édition 2012, les deux sont collées l’une à l’autre, et ont exactement la même taille. Le stand des buvettes, bouffes et merchandising demeurent quant à eux inchangés. Un point d’eau potable ainsi que des brumisateurs ont été mis à disposition, et au vu de la chaleur qu’il fait, c’est plutôt pas mal. Il y a également un écran géant dressé à gauche des scènes, plutôt sympa pour assister aux concerts de loin.

 

Live Report de Requin Volant pour Municipal Waste et Black Bomb A :

 

A cause d’une arrivée un brin tardive je rate le premier groupe de cette édition et me voici donc directement face à Municipal Waste. Et les ricains ne font pas leur travail à moitié en commençant directement à nous assommer avec un ‘Unleash the Bastards’ qui prend toute sa puissance en live.
Le son est bon, les gus se démènent, le soleil cogne, la bière fraîche coule à flot. Le festival commence très bien. Une set-list modérément axée sur le dernier album nous sera présentée bien que je ne sois pas en mesure de vous la retranscrire intégralement à ma grande honte, tant le groupe a réussi à me perdre en chemin. C’est au terme de 45 minutes d’un Punk/Thrash ravageur que le groupe prend sa révérence et laisse la place à des français que nous connaissons bien: Black Bomb A.

Suite à des changements de line-up, les dernières années du groupe ont été plutôt chaotiques. C’est donc un plaisir de voir ce que cette nouvelle formation peut offrir sur scène après un dernier album assez moyen. Et l’avis que je m’étais fait au Hellfest se confirmera, le groupe est bon sur scène mais Arno manquera, son remplaçant écossais n’étant pas à la hauteur pour apporter la puissance que ce dernier fournissait.

Néanmoins on apprécie quand même la prestation et l’énergie déployée pour nous convaincre fait que l’on oublie, au moins partiellement, les défauts cités précédemment. Naturellement la classique ‘Mary’ vient en fin de show faire chanter l’intégralité des personnes présentes d’une seule et même voix. En conclusion, c’est donc un show pas mauvais qui nous a été offert ici mais qui mériterait plus de profondeur.

 

Suite Live Report (Dzo):

 

Black Bomb A (avec notamment le batteur de Loudblast) est entrain de jouer sur la deuxième scène, tandis que les préparatifs pour le passage de Destruction s’affèrent. A première vue, il y a moins d’affluence que l’année dernière, mais c’est peut être le fait que tout le monde soit regroupé devant les deux scènes qui est trompeur. Le style de Black Bomb A à tendance Metalcore / HxC n’étant pas ma tasse de thé, direction en priorité le stand à bières pour se désaltérer un peu (ou beaucoup) et retrouver quelques potes.

16h30, Destruction est donc le premier du trio teuton à monter sur scène. Le fait que Destruction, Sodom et Kreator soient présents pour cette unique date française (remplaçant Testament, qui a annulé sa venue au fest) a rameuté des fans de tout âge, allant du vieux hardos ayant eu ses premiers émois sur ‘Infernal Overkill’, au jeune pré pubère découvrant le combo. On croisera également Martin Van Drunen, le chanteur d’Asphyx parmi le public, qui a visiblement fait le déplacement pour assister au show des trois compères.

Pieds de micros agrémentés de têtes de mort, batterie surélevée, le trio déboule sur scène et envoie rapidement la purée, sans se faire prier. Le son n’est pas trop mal, sans être exceptionnel non plus. Les morceaux sont énergiques, Mike Sifringer à l’allure toujours aussi rachitique, headbangue sec dans son coin pendant que les vestes à patch du public jonglent entre slams, pogo et lâché de tignasses, le tout sous une chaleur toujours aussi assommante.

Parmi la setlist, on y retrouve ‘Mad Butcher’, ‘Hate Is My Fuel’, ‘Nailed To The Cross’, ‘The Butcher Strikes Back’ et ‘Thrash Til Death’. Mais vers la fin du concert, les choses se gâtent pour le groupe qui connait quelques soucis techniques (blablabla ‘kaput’, c’est tout ce que j’ai compris). Du coup, le show est interrompu quelques minutes pour régler le problème en question. A leur retour, ils interpréteront encore ‘Bestial Invasion’ avant de quitter la scène. Leur passage est tout de même assez court (45 minutes), mais il faut bien admettre que les compos de Destruction sont toutes très ressemblantes, et forcément, une certaine lassitude s’installe, même s’il règne une bonne ambiance. Une bonne entrée en matière pour cette journée placée principalement sous le signe du Thrash.

L’organisation du festival est toujours aussi carrée, puisqu’entre chaque groupe il n’y a quasiment pas de temps mort, les horaires de passage sont donc relativement bien respectées. Peut-être juste le système de jetons pour les boissons qui sont chiants, faire la queue pour en chercher sous ce soleil de plomb n’était pas un mince affaire.

Place maintenant à Lofofora, qui officie dans un registre nettement plus Punk. Ce genre de groupes me rebute, je préfère donc me poser dans le coin canapé à l’ombre pour boire un coup, histoire d’être revigoré pour ce qui suit juste après, à savoir Sodom. D’ailleurs ce petit coin en question était bien sympa : tapis, coussins et canapés qui trônent dans un coin du fest, on ne voit pas souvent ça.

Deuxième round du Thrash légendaire Deutsch avec Sodom; tout comme leurs compères, pas de fioritures sur scène, là aussi, les sodomisateurs attaquent sans se faire prier, devant un public rempli de testostérone déjà bien chauffé par Destruction (mais sans doute refroidi entre temps par Lofofora).
Côté setlist, le groupe interprétera bien évidemment ‘Sodomy And Lust’, ‘Ausgebombt’, ‘M-16’, ‘In War And Pieces’, ‘Agent Orange’ et la classique ‘Sodomized’.

Sodom bénéficiera d’un meilleur son que Destruction, avec un show très classique, bien rôdé et sans accroc, toujours rythmé par d’innombrables slams. Plus de trente ans de carrière au compteur, les allemands n’ont plus rien à prouver et démontrent une nouvelle fois leur puissance en live. Petite préférence pour leur passage par rapport à Destruction.

Changement de registre complet avec les finlandais de Finntroll et leur univers folk. Apparemment, le groupe est attendu par un public relativement jeune, par rapport à Sodom. C’est sur, ce n’est pas la même génération en même temps. Côté son, en restant objectif il faut bien admettre que ce dernier n’était vraiment pas terrible. Là aussi, le groupe semble avoir quelques soucis avec leurs instruments, mais ça n’entachera pas leur énergie pour autant. Le chanteur se montrera communicatif avec le public, à l’instar de Sodom qui restait un peu dans son coin. Le folk et moi faisant deux, je ne pourrai pas citer de morceaux joués.

20h30, il est tant d’accueillir le troisième et dernier groupe de la légende Thrash made in Germany, mais aussi celui qui a sans doute le plus de notoriété. Kreator entre en scène, cette dernière agrémentée de quelques bannières à l’effigie du groupe et probablement du dernier opus. Le soleil ne tape plus, la température commence tout juste à devenir supportable.

Kreator c’est du vu et revu, le groupe passant très régulièrement dans les alentours, mais ça n’empêche pas de réunir une foule conséquente devant la scène, prête à lâcher quelques tours de tifs sur ‘Violent Revolution’ et ‘Extreme Aggression’. Un jeu de lumière rouge plutôt sympa jonche le show, arpenté d’un son plus que correct. Les mecs sont contents d’être là en ce beau jour et le chanteur n’hésitera pas à le faire savoir, en communiquant régulièrement sa joie avec le public.

Comme ses deux prédécesseurs, ça slamme toujours sévère, surtout sur les vieux morceaux comme ‘Pleasure To Kill’ qui en satisfera plus d’un. Pour ma part, le show sera perturbé par un relou qui me proposera une orange en insistant très lourdement (le même fameux relou qui faisait chier aux entrées VIP, put***).
¨’Phobia’ et ‘People Of The Lie’ viendront compléter la setlist conséquente du groupe, qui avec ses 1h15 de show, étaient les plus longs avec Ministry, qui se profile bientôt. Kreator finira tranquillement son show sous les ovations d’un public qui paru plus que satisfait de cette affiche Thrash teuton, qui je le rappelle, était une date unique en France.

Une fois de plus, on vire dans un style complètement différent avec les ricains de Suicidal Tendencies. T-shirt XXXL et casquette plate à l’envers de rigueur, le combo a su ramener pas mal de monde. Et même si je ne suis pas partisan de leur style croisé entre HxC et influences limite Punk, il faut leur laisser le fait que le groupe et son énergique chanteur ont mis le feu au public. J’ai matté le show de loin posé dans le gazon, mais l’ambiance était là (certains pitaient en solo dans leur coin) et le son très propre.

Pour les deux derniers morceaux, le frontman fera monter des dizaines de fans du public sur scène (au grand regret de la sécurité), histoire de bien foutre le bordel et de finir en apothéose.

Allez on se lève, ça va être l’heure du rouleau compresseur Ministry, il faut se trouver une place de choix pour assister à ce que je l’espère, va être une tuerie. Vu lors de leur tournée d’adieu au Hellfest en 2008 (même si depuis, le groupe s’est reformé en 2011), leur passage m’avait littéralement troué le cul, et encore, le mot est faible.

C’est donc avec grande hâte que j’attends la montée du groupe sur scène. Contrairement aux précédentes tournées, ici pas de grillage sur scène ni de crânes de buffles qui ornent la batterie. En guise de déco, simplement un pied de micro imposant ainsi que des banderoles avec le logo du groupe avec un aigle très suggestif; histoire de donner à leur univers un ton de propagande, comme ils le font depuis longtemps. Ministry a toujours fleureté avec les sujets sensibles et la provocation, et ce n’est pas aujourd’hui avec leur come-back que cela va changer!

23h tapante, la bande à Al Jourgensen monte sur les planches, tandis qu’un écran géant en fond de scène fait défiler diverses images de l’ancien président Bush, de l’armée, d’explosions nucléaires, ainsi que des montages vidéos du groupe avec un arrière psychédélique, rappelant un peu l’univers du clip ‘Dope Hate’ de Marilyn Manson.

Trêve de blabla, après cette petite intro, la formation se met à balancer la sauce en commençant par ‘Ghouldiggers’, première chanson du nouvel album ‘Relapse’, sorti récemment, symbole de la reformation de Ministry. Globalement le son est plutôt bon, même si la grosse caisse de la batterie est saturée durant les premières minutes du show. La voix trafiquée de Jourgensen est quand à elle bien répartie, et heureusement que les effets de voix sont là, sinon je ne sais pas trop ce que cela aurait donné vu l’état du bonhomme. A noter que les ricains ont vraiment joué très fort, rendant certains passages à la limite du supportable sans bouchons.

Petite interlude avant le deuxième morceau, le temps pour notre cher Al Jourgensen de déblatérer quelques infamies sur ce cher Georges W. Bush, ennemi juré du frontman du groupe. Papy Al a d’ailleurs prit un sacré coup de vieux en quatre ans, et a l’air d’être bien imbibé (dû à la bouteille de vin qu’il s’enfile entre chaque morceau) et parfois un peu à l’ouest, mais apparemment content d’être là.

S’en suit ‘Rio Grande Blood’, ’99 Percenters’ (du nouvel album), ‘Lies Lies Lies’, l’excellente ‘Waiting’, autant dire une setlist riche, très efficace et percutante, plutôt axée sur les derniers albums du groupe. L’univers décalé et unique de Ministry est vraiment prenant, au point que le concert défile à toute allure sans que je m’en rende compte.

Les mimiques de Jourgensen sont elles aussi uniques et assez marrantes à regarder, le bonhomme se trémoussant de part en part de la scène en allant voir ses musicos. D’ailleurs ces derniers resteront relativement statiques, mais malgré ça, le visuel reste fort et immersif.

Petit retour en arrière dans le début des années 90 avec ‘NWO’, à la rythmique ultra répétitive mais accrocheuse, tandis que des images en noir et blancs défilent sur l’écran géant. On revient ensuite sur le titre éponyme du dernier album, ainsi que ‘Watch Yourself’ (où Jourgy nous expliquera que le gouvernement nous observe) et ‘The Last Sucker’, de l’album du même titre. Puis le point culminant du show arrive lorsque le groupe interprète la mythique ‘Just One Fix’, LE morceau culte de Ministry.

Le combo terminera son admirable prestation sur ‘Filth Pig’, où Jourgensen descendra de la scène afin d’aller serrer la main à TOUT le public des premiers rangs, chose qui a du ravir les fans, mais désespérer la sécurité qui se remet à peine de l’invasion de fans sur scène avec Suicidal Tendencies. On voit rarement ça, et cela montre que du haut de ses 53 balais, Al Jourgensen est toujours aussi proche de son public et le respecte, un beau geste.

Inimitable et identifiable entre mille groupes, Ministry a su s’imposer en grand maître de soirée. Dommage que ‘Senor Peligro’ et ‘Double Tap’ ne figuraient pas dans la setlist, mais ce fut un concert mémorable, qui me laissera un excellent souvenir. Concert d’autant plus mémorable sachant que le frontman s’écroulera sur scène le lendemain à Paris pour finir à l’hôpital…

Pour les derniers rescapés de Ministry, de cette journée très chaude et des effluves de bière, New Model Army livrera une performance au son impeccable, et aux musiciens plus que talentueux (notamment le batteur). Apparemment, le groupe existe depuis plus de trente ans mais c’est la première fois que j’entends leur nom. Quant à leur style, je ne saurai vraiment le définir. Une heure de show qui aidera à finir en douceur cette 1ere journée des Arts Scéniques, que je me contenterai de regarder de loin assis sur un banc, la fatigue commençant à se faire sentir dans les pattes. Le concert terminé, nous quittons le site un peu avant 2h, direction la caisse et une heure plus tard, une nuit de repos bien méritée.

Cette troisième édition nouvelle formule Open Air a une fois de plus, tenue toutes ses promesses, tant au niveau de la prestation des groupes qu’à l’organisation bien ficelée. On peut remercier les bénévoles du site qui se sont démenés afin que tout reste propre (cendriers à divers endroits notamment) ainsi que pour leur motivation et leur bonne humeur. Il y en a eu pour tout les goûts aujourd’hui, et c’est bien cela le plus important. Que dire de plus, si ce n’est, sûrement à l’année prochaine!

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