/// Monolyth + Elyose + Kera

Studio Campus, Paris Bastille (31/10/2015)

Publié le 03/11/2015 par Mindkiller

Halloween, cette fête celte est venue fouler nos terres il y a une quinzaine d'années et nous avons pour l’événement un lot conséquent de concerts rock et metal qui se créent. Ma venue parisienne pour ce week-end m'a fait fouler les salles du Studio Campus, petit studio de répétition situé dans le quartier Bastille, proche d'une rue connue des fêtards, la rue de la Roquette. Au programme du soir, 3 groupes qui me sont totalement inconnus : Monolyth (que je rate), Elyose et Kera. Des groupes de région parisienne à la qualité totalement inégale.

 

Je me prononcerai très peu sur Elyose. Ce groupe n'est pas à mon goût mais les défauts majeurs sont frappant, notamment avec leur chanteuse qui ne semble n'être là que pour nous asséner de son chant insupportablement haut et totalement cliché dans un genre "symphonique" du pauvre. Les musiciens font le job et s'amusent sur scène, assurant un set carré, mais la chanteuse dont la plastique est inversement proportionnelle à sa qualité artistique fait que je ne tiens pas deux morceaux. Dommage. Mais ce ne sont de toutes façons pas ceux pour qui j'ai eu la meilleure pub. Et je comprends tout de suite pourquoi quand Kera nous lance son premier titre.

Jeune groupe formé en 2014, ils foulent les planches pour la première fois depuis juin avec un bassiste fraîchement débarqué puisque présent depuis un mois dans le groupe. La première chose visible : le chanteur. L'aisance scénique dont il fait preuve est hallucinante et il harangue la foule à plusieurs reprises. Si le public est réceptif, il reste timide au début pour finir par se laisser complètement happer par la musique du groupe. Et c'est là toute leur magie. Car oui, du travail reste à faire, du moins par rapport à ce concert. La mise en place étant parfois un peu "hasardeuse" mais ces soucis sont tout de suite oubliés tant l'énergie aussi bien musicale que scénique est saisissante. Et pour son premier concert avec eux, David (basse) s'en sort très bien. Comprenez là que nous n'avons pas des musiciens professionnels, ils ne peuvent donc pas passer toute la journée à apprendre des morceaux. La rapidité qu'a eu leur nouvel arrivant pour intégrer les morceaux à son répertoire est donc très honorable. Mais il n'est pas le seul à récolter les lauriers. Les guitaristes, doués d'une belle technique, se livrent dans quelques petits duels bon-enfant de soli guitare. Quand à la batterie, elle assure un set carré malgré quelques petits écarts.
Le genre musical que le groupe nous offre, sa jeunesse ainsi que l'arrivée d'un nouveau venu pardonne d'ailleurs ces petites erreurs purement techniques que tout le monde n'entendra pas forcément. Les titres de leur premier EP (disponible à cette adresse) sont associés à ceux de la précédente formation de quelques uns des membres, qu'est Thanatic Eyes. Une reprise de Dream Theater vient aussi compléter, et de façon fort agréable, ce set solide. Leur death progressif est d'ailleurs bien exécuté, restant dans les standards du genre et ne laissant pas trop leurs inspirations prendre le pas sur leur identité. Oui, on retrouve en effet pas mal de Michael Amott version Arch Enemy dans le jeu des guitaristes, mais, même si c'est frappant en début de set, cette impression s'estompe au fur et à mesure du concert. D'ailleurs sur les trois titres présents sur leur page Soundcloud, seul un titre pourrait y faire penser, en alliant par ailleurs une approche à la John Petrucci (excusez du peu). Alors comme tout ne peut pas être parfait, et que je tiens à garder une part d'objectivité, on pourra reprocher un certain décalage aux chœurs souvent trop "lisses" et ne convenant peut être pas tout à fait, sur scène, au style de musique. Ils dénotent totalement avec la voix très marquée du chanteur qui est très charismatique pour une formation "amateur". D'ailleurs ces même chœurs sur la version studio des titres, sont plus intéressants car moins "propre". Peut être était-ce l'ancien bassiste qui les assurait par le passé? Bref, un point de travail à fournir pour que ça ne donne pas une impression étrange de ne pas entendre la même musique par moments.
Aussi, une certaine timidité du bassiste et d'un des deux guitaristes qui sont un peu en retrait est en décalage par rapport à la présence du chanteur. Mais pour un groupe aussi jeune, c'est à la fois compréhensible (doublement pour le bassiste qui a du se lancer dans un exercice difficile), et excusable. Il est d'ailleurs certain, vu l'énorme potentiel du groupe, que ça ne peut que décoller un peu plus à chaque concert. De plus, l'étroitesse de la scène, et l'espace qu'occupe le chanteur, ne leur permet pas de pouvoir naviguer à souhait sur celle-ci. En dehors de ces points, nous avons eu l'impression que le groupe prenait du plaisir à jouer ensemble, et c'est un point important.

Comprenez donc que ce concert a été une bonne surprise et a permis de découvrir un groupe de la jeune scène metal parisienne. Un groupe prometteur qui, s'il travaille encore, peut se faire un nom dans le milieu death prog' parisien. En attendant, n'hésitez pas à les soutenir en écoutant leurs morceaux sur leurs différentes pages internet et d'aller les voir au Cirque Electrique de Paris le 5 Mars. Le groupe le mérite.

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