/// MY OWN PRIVATE ALASKA + MISS MY VENUS

Bateau Ivre (Mons / Belgique) (24/10/2011)

Publié le 06/11/2011 par D

Le Bateau Ivre est un de ces bars magiques, déjà devenu mythique dans ma belle ville de Mons. Situé sur la place même, à côté de tout, cet endroit est l'uns des plus réputés pour ce qui est des concerts de musique alternative & indépendante, et c'est pas plus mal. Maintenant, ne nous attendons pas à une salle immense : ne pouvant contenir plus de 40 personnes à peu de choses près, le Bateau a une scène assez petite, idéale pour renforcer le côté proche du public avec une ambiance intimiste parfaite. Et c'était parfait pour MOPA, qui était déjà passé dans ce même endroit pour jouer un set acoustique il y a quelques mois.

 

Ainsi arrive MISS MY VENUS, formation m'étant jusqu'alors encore inconnue, qui nous joue un rock/metal alternatif franchement pas piqué des vers. Avec ses visuels et ses samples éléctroniques, MMV ne séduit que trop peu de gens en dépit du fait que le public reste réceptif face à une musique très bien exécutée et bien ficelée. La maîtrise du set se lit dans les yeux des artistes et c'est beau. Une musique puissante, servie par un chanteur quelque peu amorphe mais qui porte une voix claire parfaite pour ce style de musique. Notons aussi les quelques cris poussés qui amplifient un côté violent qui manquait parfois au set. Au final, une très bonne découverte, une musique originale qui sort des formations dites "néo", comme on le dit dans notre jargon.

 

MY OWN PRIVATE ALASKA est un groupe Toulousain qui exécute une musique très complexe et unique : un piano, une voix, une batterie et basta.

Le mélange créé se veut puissant, prises de trippes, dépressif dans un sens, et complètement dans une optique de catharsis pure et dure. MOPA le sait : la Belgique est un pays de "welcomers" et, malgré le fait de se trouver dans un bar où certaines personnes aiment parler, leur musique est tellement originale que tous ou presque ont préféré la fermer pour apprécier le set. Un Bateau Ivre qui se remplit lentement... Belle image, non? Et directement, Tristan, clavériste de son état, annonce que le groupe jouera un set dit "électrique". Quel est la différence, à part de voir le chanteur Milka hurler dans son micro? Le visuel, mes enfants.

Le comportement des trois hommes assis n'a rien à envier à personne : possession totale de la musique, headbang, spasmes rhytmés, ... On pourra même voir Milka jeter son pied de micro sur la batterie de Yohann, pour donner un bon coup de cymbale en plus. Milka est comme malade, il se donne comme un fou qui a besoin de parler, d'hurler. On aura droit ici à un set parfait entre musiques du premier EP "MOPA" (Ego Zero, le final I Am An Island dont je reparlerai), de l'album "Amen" (After You, Amen, Just Like You and I, Anchorage) mais aussi l'intégralité du "pas si officiel que ça" EP qui vient juste de sortir "A Red Square Sun" (Red, Speak to Me, There Will Be No One).

Autant dire que tout est bien rempli et nous laisse pas le temps de respirer.

Il faut cependant mettre deux ou trois points en avant : outre la prestation parfaite du groupe, MOPA peut mettre le chaos sur scène, ou ailleurs. Nous aurons le droit de voir Milka sortir du bar avec son micro pour chanter dehors, ou aller au fond du bar, dans le public, pour hurler sa complainte.

Mais je retiendrai surtout le final, le morceau "I Am An Island". Comme je disais : le Chaos total. Voir les trois personnes s'exiter sur leur instruments pendant un break quasiment drone doom (oui) qui glace le sang de tout le public, c'est sans prix. Une beauté sombre et parfaite.

 

MOPA s'impose ici comme un groupe unique, à part entière, qui saura vous retourner le ventre comme une rupture imprévue. C'est difficilement explicable, mais c'est à vivre. Pas de note, rien n'est parfait.

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