/// Pleasure to Kill

Le 5e Avenue - Orléans (08/03/2014)

Publié le 09/03/2014 par Mindkiller

Orléans, une ville bien étrange. Il y a encore quelques mois, tout le monde pleurait de l'annonce, pas encore officielle, de la fermeture de l'Infrared. Un bar qui était bien plus que ça avec sa salle de concerts et le soutien de la scène locale (bien que des grands noms aient foulé les planches de cette scène). L'Infrared avait prouvé que le (hard) rock et le metal avait sa place dans cette ville. Le premier février, le bar ferme. Ses habitués, venus massivement pour la soirée de cloture, se sentaient orphelin... Où aller pour voir des concerts de hard et de metal dans Orléans ?
Quelques semaines plus tard je reçois une invitation pour le concert d'un groupe local qui existe depuis maintenant 6 ans. Pleasure To Kill. J'avais vu le groupe quelques mois plus tôt sur une date qui avait laissé un goût un peu amer. Une dizaine de personnes venus voir la formation thrash qui se produisait sur une grande scène. Déstabilisant, d'autant plus que leurs musiques ne sont pas mauvaises et que, pour une fois, le chant en français passe vraiment bien. Et hier soir, le même scénario s'est à nouveau produit. Alors certes, je suis arrivé en retard pour le concert suite à un planning un peu chargé et je n'ai vu que la fin du set de Beyond The Ashes (qui de ce que j'en ai entendu sonne plutôt bien). Mais la foule présente m'a paru bien étrange. Il est 21h30 et il ne semble n'y avoir qu'une quinzaine de personnes dans la salle. Pour un concert à 3€, cela fait bizarre, surtout que les noms proposés pour la scène locale, ne sont pas des groupes inconnus. Certes, je peux comprendre que l'emplacement du bar et sa disposition peuvent rebuter un peu. Cependant, tout le monde ne peut pas avoir le luxe d'avoir une salle de concert aux petits oignons dans son bar, surtout quand celui-ci s'avère être plutôt petit. Après avoir parlé un peu avec le groupe en tête d'affiche (qui a joué devant un public stoïque, assis ou appuyés contre un mur) j'apprends que le premier groupe a ramené plein de monde. Alors je suis désolé, mais je vais perdre toute neutralité que je me suis toujours tenu d'exprimer.

Pourquoi diable aller à un concert si ce n'est que pour voir ses amis ? Pour trois euros l'entrée, est-il si difficile de s'intéresser aux autres groupes présents sur scène ? Le respect de l'affiche n'est-il plus de mise ? Où peut être les émissions du samedi soir sur la TV sont plus intéressantes qu'une soirée musicale, à (re)découvrir des groupes et rencontrer du monde ? Une place de cinéma, s'il n'y a qu'un acteur qui nous plait, car le seul que l'on connait dans le film, et que celui-ci meurt dans le premier tiers du métrage, quitte-t-on la salle avant le générique de fin ? Il ne me semble pas. Le plus inquiétant est que c'est ce même public qui râle qu'il ne se passe rien dans l'orléanais. Comprenez les organisateurs. Ils essaient de faire bouger les choses pour que le public se barre avant même la fin des concerts. Imaginez la gueule de Ben Barbaud si son premier Furyfest avait tourné de la même façon. Le HellFest n'existerait alors pas.

Mais pour ceux qui ont décrété que Pleasure to Kill ne méritait pas votre attention, sachez tout de même que ce groupe a réussi, malgré les conditions de jeu (une chaleur étouffante dans la salle) à faire plaisir au peu de public massé dans l'assistance. Le set est rôdé, malgré quelques couacs qu'ils assumeront et dont ils rigoleront avec nous, et les compos maitrisées. En bonus, nous avons eu droit à un titre de l'album à venir, pour l'instant en instrumental, qui met plutôt bien en bouche. La voix de Dums est au top et malgré le peu de monde présent, on sent la rage de bien faire les choses. Du thrash français sonnant dans le moderne (nous sommes loin du thrash façon Exodus) mais qui donne quand même furieusement envie de headbanger, de taper du pied et de faire la fête avec le groupe, sur leurs musiques. Les titres ont encore plus de corps sur scène que sur album, malgré quelques petites erreurs largement compensées par l'énergie diffusée par le groupe. Dommage que le public Orléanais soit devenu à la limite du metalleux bobo....

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