/// Satyricon, Chthonic

La Laiterie, Strasbourg (23/11/2013)

Publié le 24/11/2013 par olivier no limit , Dzo

Olivier No Limit:

LA LAITERIE (Strasbourg).

Ce soir est un soir particulier: je vais voir SATYRICON. Je ressens la même émotion que pour DARK TRANQUILLITY, il y a quelques jours, car ce sont des groupes cultes qui ne passent pas souvent par chez nous. Ce sont des maitres.

Je retrouve CAROLE de METAL FRANCE appareil photo prêt à mitrailler. Parait qu’un autre chroniqueur du webzine est là, DZO, grand fan de Black Metal.

C’est CHTHONIC qui ouvre les hostilités.

Originaires de Taïwan, ils font dans le black symphonique. Ils sont l'un des principaux groupes représentant la scène metal asiatique et possédent une reconnaissance internationale.

Et bien, d’emblée c’est du lourd. Ils ont déjà une certaine carrière à leur actif et cela se sent : c’est mélodieux, soit, mais c’est puissant, agressif et plein de présence ; FREDDY "LEFT FACE OF MARADOU", chante aussi bien dans les aigus que les graves, il joue même parfois d’un drôle d’instrument appelé « erhu » et harangue la foule avec brio. Il nous dit qu’ils sont loin de chez eux mais qu’ils ont plaisir à être ici. Cela se sent.

Question visuel c’est vrai qu’ils en imposent: la bassiste est jolie et se sert de son instrument, comme en transe, complétement partie dans sa partition. Le guitariste débite mélodies et rythmiques avec art, Quant au clavier et au batteur qui porte de drôles de masques, ils ajoutent à une présence vraiment prenante.

Arrive ensuite SATYRICON .

SATYR et FROST sont accompagnés, entre autre, de DIOGO « YOGY » Bastos, ANDERS ODDEN (alias Neddo de Cadaver qui jouait en live avec CELTIC FROST).

Comment vous dirais-je ? D’emblée il se passe quelque chose, comme une communion. Ils font du black, mais, ici, on se passe de maquillages trop peinturlurés, de trucs ensanglantés et de tous ces effets propre au style.

Pas besoin de tout cela ; les 6 musiciens sont sobrement habillés de noir, sauf FROST, torse nu derrière sa batterie, et ils ont dans leur maintien un truc qui fait de ce set un spectacle unique et atypique : ils font preuve d'une PRESENCE vraiment palpable qui en impose !

Derrière son micro / trident « SATYR » montre qu’il est un des maitres de ce groupe vraiment pas comme les autres.

Pas mal de titres du dernier album sont à l’honneur tels que : “Voice of Shadows”,” Our World”,” It Rumbles Tonight » . ce qui est cool, c'est que sur scéne ces compositions deviennent plus sombres et plus électriques.

Mais on a la joie aussi d’entendre des “trucs “ comme « Now, Diabolical », « Hvite Krists Død » et surtout «The Pentagram Burns » qui va déclencher un pogo plutôt violent dans la salle.

Un faux départ et ils reviennent nous jouer une petite poignée de morceaux comme « Mother North », »K.I.N.G ».

Et puis c’est fini!

De ce concert il me restera ces riffs répétitifs et hypnotiques, sur des tempos médiums, qui vous obligent au headbanging sans pouvoir y échapper. Un copain m’a dit que leur musique lui rappelait parfois CELTIC FROST, il y a de cela.

Et puis il y a eu autre chose : le public ! Il était ce soir le 7eme musicien, car chantait en cœur sur une majorité de titres et cela vous prenait aux tripes !

En tous les cas ce concert me marquera bien plus que certains autres, car ici, ce soir, il s’est passé quelque chose : SATYRICON était là !!!

 

Dzo:

Des concerts en ce mois de Novembre, il y en a à la pelle dans notre région alsacienne, et pour tous les goûts: tandis que Death s’imposait au Grillen de Colmar ce Mercredi, hier c’était l’horror Punk/Metal de Wednesday 13 qui hantait la petite Laiterie, et ce soir c’est au tour de Satyricon de faire vibrer nos tympans.

Le concert commence et finira relativement tôt, car La Laiterie enchaîne avec une autre soirée; la horde de chevelus qui a fait le déplacement pour Satyricon sera donc dehors assez rapidement en ce Samedi soir où le blizzard cogne sec.

Le premier groupe, Chthonic, ouvrira la soirée dès 19h30, pour jouer approximativement une grosse demi-heure. Ce que j’en entends de loin ne me tente pas pour un sou, du coup je préfère patienter dans le hall en attendant Satyricon. D’ailleurs, je me demande encore pourquoi cette formation complètement inconnue au bataillon (et qui le restera pour moi) venant de Taïwan ouvre pour un tel groupe. Le merchandising, très complet (mais surtout très cher), propose une panoplie de t-shirt, cd et vinyle du dernier album, qui se nomme sobrement Satyricon (double chronique visible ici). Il y a également des peaux de batterie dédicacées par Frost, mais je ne préfère pas savoir à combien elles étaient vendues…

21h, alors que la salle s’est considérablement renflouée, il est enfin l’heure de rentrer dans le vif du sujet avec nos norvégiens préférés. Et une fois le sextuple monté sur scène, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que ça castagne et que les tignasses virevoltent.

En effet, si la foule reste assez calme et statique sur ‘Voices Of Shadows’, digne représentant du dernier opus éponyme qui ouvre le set, c’est une autre affaire lorsque ‘Hvite Krists Død’ du mythique The Shadowthrone est jouée. Là, c’est l’effet Satyricon de la première ère qui fait effet, à l’époque où les Corpse Paint et l’aura glaciale du duo norvégien dominaient leur musique. Même si j’admire beaucoup l’évolution du groupe durant ces dernières années, revenir sur les vieux morceaux n’est pas sans effet, bien au contraire.

Niveau setlist justement, on a le droit à un panel de la plupart de la discographie de Satyricon, passant de la poignante ‘Hvite Krists Død’ que j’évoquais plus haut, à des morceaux plus récents comme ‘The Pentagram Burns’ ou ‘Black Crow On A Tombstone’. Bien évidemment, le dernier opus sorti récemment sera représenté en masse puisque pas moins de quatre titres (sur 15) lui seront dédiés.  Globalement, la foule répond un peu moins présente sur ces derniers, mais ne manquera pas de se rattraper sur des valeurs sûres comme sur la médiévale ‘Forherkset’ ou ‘Possessed’.

Le très charismatique Satyr mène sa barque et ses troupes comme à son habitude, tandis que Frost, caché derrière son énorme batterie, est un monstre d’efficacité, d’agressivité et  une fois n’est pas coutume, aligne un jeu millimétré toujours aussi impressionnant. Le line-up de scène a encore une fois  un peu changé; si on retrouve toujours Steinar Gundersen au poste de guitariste, c’est avec grand (très grand…) regret que je constate que la belle blonde ne tient plus le poste de claviériste, étant remplacée par un sombre inconnu, nettement moins charismatique, cela va de soi.

Le concert défile à une vitesse folle, que c’est déjà l’heure du rappel. Le groupe quitte un temps la scène, avant de revenir et de balancer les premières notes de ‘Mother North’, hymne éternel et inlassable de l’entité Satyricon. La foule reprend la chanson en chœur, tandis que Frost se déchainera littéralement derrière les fûts en livrant un blast-beat implacable qui ira même jusqu’à couvrir un peu le jeu des grattes.

Deuxième rappel, et c’est armé de sa Flying V que Satyr regagne les planches et enchaîne sans se faire prier sur la Black’n’Roll ‘Fuel For Hatred’, qui déchainera là aussi de nombreux lâchés de tignasse dans la fosse. Et c’est sur K.I.N.G que se clôturera le concert, morceau que tout le monde connaît sur le bout des doigts. Le groupe finira en ligne en remerciant chaleureusement la foule qui a fait le déplacement en masse ce soir. Au final, une bonne setlist malgré quelques indispensables qui manquent à l’appel (‘Repined Bastard Nation’ ou ‘Dominions Of Satyricon’), mais malgré ça, Satyricon nous a prouvé ce soir qu’après vingt ans de carrière et une évolution toujours plus prononcée au fur et à mesure que les albums sortent, qu’ils résident toujours comme des indispensables de la scène norvégienne. Un très bon concert que je ne suis pas prêt d’oublier, malgré les nombreuses fois ou je les ai déjà vu.

 

Setlist:

Voices Of Shadows

Hvite Krists Død

Now, Diabolical

Black Crow On A Tombstone

Our World, It Rumbles Tonight

Nocturnal Flare

Possessed

The Wolfpack

The Infinity Of Time And Space

Forhekset

To The Mountains

The Pentagram Burns

 

Rappel

 

Mother North

 

Rappel

 

Fuel For Hatred

K.I.N.G

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