/// SVART CROWN + RLHT + SIX GRAMMES EIGHT et SEARING SKULL

LE GRILLEN ( Colmar ) (10/03/2017)

Publié le 16/03/2017 par olivier no limit

LE GRILLEN : Pour fêter ses deux années d’existence, l’association Colmarienne HEADBANG nous proposait ce vendredi 10 mars, une affiche metal alléchante plutôt tournée vers le metal noir avec les groupes Français à l’honneur.

 

C’est SEARING SKULLqui ouvre les hostilités alors que la petite salle du GRILLEN se remplie petit à petit.

Originaires d’Alsace, ces musiciens, vraiment underground, font dans un black pagan metal traditionnel qui est loin d’être désagréable ; en fait j’en ai apprécié la démarche car ils jouent aussi bien sur des mids tempos un peu thrashy et obsédants comme peuvent en pondre SATYRICON que s’envoler vers des pulsations plus speed à coup de blast beat enragés ;  ils essayent de ne pas vouloir s’enfermer dans des carcans tout en respectant et drivant de cette aura glacée propre au black. La salle répond plutôt honorablement à leur musique bien posée et habitée par ce qu’on appelle la passion. Ce soir, pour l’occasion, ce combo, qui est né il y a tout de même 20 ans et qui semble renaitre de ses cendres pour cette soirée, n’a rien de déplacé, bien au contraire, car ils annoncent ce qui va suivre.

 

Quoique….. C’est ensuite au tour des Colmariens SIX GRAMMES EIGHT d’entamer la danse de guerre.

Alors certains ont dit qu’ils faisaient un peu « intrus » dans cette scène dédiée ce soir au Black. Perso, j’ai bien aimé, adorant la diversité dans le metal. Leur musique oscille entre hardcore et death core et ils balancent leurs pulsions à grands coups de breakdowns salvateurs, emmenés par deux chanteurs, l’un hardcore, l’autre plutôt « groinck », pendant que les guitares tranchent dans le tas comme des massues. Fort d’un nouvel album nommé « Aldebaran » ils ont la rage. Dans le public quelques fans à casquettes y vont de leur danse syncopée et au fur et à mesure de leur set, on sent, que pour ces musiciens, la musique est plus qu’un passetemps, mais plutôt une manière de vivre.

 

Et puis ce sont les niçois de SVART CROWN qui prennent possession de planches.

C’est marrant la vie. Ce matin je me passais en boucle la musique de leur dernier opus « Abreaction », en vue de la chroniquer. Là, je suis juste au pied de leur leader, devant la scène et l’effet est saisissant. Ils sont en chair, en os et en ombre. Effectivement, leur musique est noire, torturée charriant des ambiances glauques, agressives et malsaines. Issus de l’underground, JB Le Bail et sa meute dispense un death / black qui peut aussi bien être teigneux que lourd et plombé. Leur nouvel album « Abreaction « est une sorte de d’exutoire à toutes le galères qu’ils ont subi ces derniers temps (et elles furent nombreuses) .Du coup leur musique, par le biais de titres comme «Transsubstantiation », « Khimba Rites », « Orgasmic Spiritual Ecstasy », dispensent une émotion palpable, de celles qui marquent tout ce qu’un musicien doit endurer pour survivre envers vents et marrées. Mais SVART CROWN c’est aussi, malgré les changements de line up, une machine bien huilée où les nouveaux venus, le batteur Kevin Paradis et le guitariste Kevin Verlay, font corps avec JB et le bassiste Ludovic Veyssière. Le public, je pense, le ressent car il est monté d’un cran dans le plaisir. Sur les planches, le visage de JB Le Bail irradie son plaisir d’être là ce soir. C’est un signe.

SET LIST: In Utero
 Colosseum
 Profane
 Transsubstantiation
 Khimba Rites
 Revelatio
 Orgasmic Spiritual ecstasy
 Until The last breat
 Therapy of flesh
 An Eternal Descent

 

 

Arrive ensuite les dieux de la fête. REGARDE LES HOMMES TOMBER.

 Ce ne sont pas eux qui viennent à nous mais nous qui venons à eux. Que veux- je dire par là ? Qu’en 7 titres joués sans pauses, ses musiciens, les visages à moitié cachés par des cagoules noires, nous happent dans leur post black qui se nourrie d’influences telles que le sludge, le hardcore. Leur chanteur, Thomas, déclame ses mots via son gosier black puis parfois, dans une attitude mélodramatique, se tourne et s’accroupi face à la batterie, pendant que leur musique pulse drainant en elle une atmosphère qui remplit tout l’espace, entre colère désabusée et mélancolie de tous les instants. Leur musique, leurs présences, font que le public est vraiment dans une totale communion. On en oublie tout le reste. Dans une de mes chronique j’avais écris, je cite : « C’est parfois comme un filet d’eau qui devient fleuve puis rejoint le lit d’une rivière, tout en étant toujours cohérent ». Et bien sur scène c’est la même chose. On se trempe, on s’immerge dans leur musique. Il y a dans l’attitude de certains musiciens de Black metal quelque chose de distant, pourtant de majestueux, c’est ce qui se dégage de leur prestation de ce soir. Comme dit l’autre, le temps a suspendu son vol.

SETLIST:  Prélude « 
  Embrace the Flames 
 Ov Flames, Flesh and Sins
 A Sheep among the Wolves
 ....To Take Us
 Thou Shall Lie Down”
 The Incandescent March

Voilà c’est fini. Bien que n’étant pas un très grand fan de Black, je viens de passer, dans cette petite salle à taille humaine, un moment qui fait que je rentrerai chez moi rassasié d’une plénitude que seule me donne le metal.

Merci à tous.

Partager cet article

Commentaires des internautes

Vous devez être connecté pour ajouter des commentaires

/// Contenu similaire

/// Interviews