/// SYMPHONY X + MYRATH + MELTED SPACE

CCO, Villeurbanne (04/03/2016)

Symphony X - Tournée européenne 2016

Publié le 21/03/2016 par lucinda

C'est sous une pluie battante que nous patientons avant d'accéder au CCO de Villeurbanne, cette même salle où j'avais assisté pour la première et unique fois à un concert d'AFTER FOREVER, il y a de cela presque neuf ans. Si ce beau souvenir me radoucit face aux intempéries, je ne peux que me rappeler les inconvénients de cette salle (les spectateurs atterrissent sur le côté de la fosse, gênant ainsi les personnes déjà présentes et encourageant les aller-retour intempestifs...), qui accueille ce soir SYMPHONY X et deux excellentes premières parties, et ce, à guichet fermé.

 

Les Français de MELTED SPACE sont visiblement heureux de jouer ici pour la première fois, qui plus est, devant une salle pleine à craquer. Les compositions de Pierre Le Pape, quoique superbes sur scène, ne pourront être pleinement appréciées qu'après une écoute sur CD au préalable. On savoure notamment No Need To Fear, qui permet à Clémentine Delauney d'occuper davantage le devant de la scène, tandis que son union lyrique avec Lucie Blatrier apporte une belle dimension à la seconde partie ; quant à Trust & Betrayal, elle met en scène les deux chanteurs masculins, pour un duo des plus convaincant. Les quatre voix sont en forme et font preuve de complicité, entre eux, mais aussi avec les musiciens présents sur scène. On acclamera surtout la performance de Guillaume Bideau, dont la voix impressionnante atteint des sommets avec une aisance déroutante, et qui n'est pas sans rappeler celle d'un certain Russell Allen... En somme, une vraie révélation !

Le groupe termine sur l'intense Lost Souls From The Other Side, sollicitant la présence de tous les chanteurs sur le devant de la scène. En un mot : le set est bien ficelé, les compos sont de qualité, et les musiciens font preuve d'un professionnalisme remarquable. Il ne fait aucun doute que MELTED SPACE est à ce jour l'une des formations les plus prometteuses de l'Hexagone. À voir et à revoir sans plus tarder !

 

Le fait que les membres de MYRATH commencent à s'affairer sur scène pour installer leur matériel n'échappe pas au public, qui réagit au quart de tour. Elyes Bouchoucha, aux claviers, sera d'ailleurs largement acclamé lorsqu'il s'attèlera aux soundchecks de son micro, possédant une voix d'or dont nous aimerions profiter davantage !

L'envoûtante intro Jasmin, issue du nouvel album "Legacy" (2016), ouvre ainsi la marche. Le groupe franco-tunisien offre comme à son habitude une performance à la hauteur de leurs compositions, avec un Zaher Zorgati qui ne déçoit pas, même si on ressentira une certaine amertume dans son jeu, et pour cause : il dédiera un morceau à un ami mourant à l'hôpital, et lancera un joli doigt d'honneur symbolique comme pour mieux illustrer les paroles du nouveau titre Get Your Freedom Back. MYRATH présente également à l'audience Storm Of Lies et Nobody's Lives, en plus de l'excellent Believer, qui a fait l'objet d'un clip très réussi en ce début d'année. Comme sur CD, ce morceau, très positif tant par ses paroles que par ses sonorités, passe incroyablement bien en live et risque bien de ne plus quitter leurs setlists à l'avenir.

Bien sûr, le fait que les deux premiers albums soient complètement occultés déçoit toujours, mais nous comprenons la démarche qui est de ne proposer que des titres plus accrocheurs dans le cadre d'une performance live. Entre deux nouveautés, on appréciera Merciless Times et Wide Shut, extraits du troisième album "Tales Of The Sands" (2011).

 

C'est pour la tête d'affiche que les choses vont se gâter : tout au long du concert, nous aurons un mal fou à nous imprégner des mélodies et de l'intensité de certains morceaux, tant notre attention est portée sur les mouvements de foule incontrôlés qui manquent de nous heurter à tout moment. Pour tout dire, le public, quoique clairement fan du groupe, ne semble pas toujours se soucier de ce qui se déroule sur scène... Le fait qu'un concert de metal soit ponctué de pogos et autres bousculades n'a bien sûr rien de surprenant. Mais ici, les limites du respect ont clairement été franchies... Autre point noir : le volume des samples et celui du micro de Russell Allen est réglé trop bas : un vrai gâchis lorsqu'il s'agit d'une performance vocale aussi imperfectible et puissante. En un mot : nous passons à côté des subtilités qui font la richesse de leur musique !

Une fois n'est pas coutume de la part d'un groupe avec une telle ancienneté, les Américains joueront l'intégralité du dernier album "Underworld" (2015), laissant finalement peu de place aux compos incontournables signées SYMPHONY X. Heureusement, cet opus est excellent du début jusqu'à la fin, et tous les titres (en particulier NevermoreUnderworld, Legend ou encore la belle Swan Song) valent la peine d'être entendus dans leur version live.

Entre deux morceaux, Russell prend le temps de raconter le thème de certains titres, notamment avant Without You, premier single issu de "Underworld" et dont le refrain est scandé en chœur par le public. En vérité, il sera frustrant d'entendre les fans chanter à tue-tête le refrain du morceau éponyme, quand les envolées de Russell auraient bien sûr été préférables... Ceci dit, le charisme naturel du chanteur semble tout éclipser ! Il faut dire que l'artiste mêle habilement classe et attitude rock'n'roll. Russell a également la particularité d'échanger avec les spectateurs, parfois en en désignant directement dans la foule. Pour Charon, le chanteur fera mine de naviguer à l'aide de son pied de micro ; mais c'est sur To Hell And Back que Russell nous offrira son plus beau jeu de scène : il enfilera tour à tour deux masques, l'un clairement plus maléfique que l'autre, créant ainsi un duel entre deux personnages différents.

Michael Romeo, malgré sa réputation de guitariste hors norme, fournit le minimum scéniquement parlant, se rapprochant parfois des premiers rangs sans trop en faire. On se délecte bien entendu de ses quelques soli, mais la participation plus active du musicien n'aurait rendu le show que plus dynamique. Quant aux autres musiciens, ils se contentent de jouer sans réellement interagir entre eux...

En plus de l'intégralité de leur dernière œuvre, SYMPHONY X jouera quatre morceaux issus du reste de leur discographie, à commencer par The Death Of Balance / Lacrymosa, qui donne l'opportunité aux musiciens d'interpréter une instrumentale. Elle est suivie de Out Of The Ashes et Sea Of Lies, deux anciennes compos que je n'avais également pas l'honneur de connaître.

Une chose est sûre : le CCO a chaud ! A plusieurs reprises, Russell aspergera largement les premiers rangs de sa bouteille d'eau !

Alors que le public rappelle en criant le groupe sur scène, Russell revient (on remarque qu'il en a profité pour troquer sa chemise "Symphony X" pour un t-shirt du Sweden Rock Fest 2012) et rétorque, faussement lassé : "Vous en voulez plus ? Bon... Très bien...". La formation enflamme donc la salle avec Set The World On Fire (Lie Of Lies), excellent titre d'ouverture du non moins emblématique "Paradise Lost" (2007).

Le chanteur en profite pour présenter chacun des membres, sans oublier de se présenter lui-même ! Après de chaleureux remerciements à l'attention des fans qui soutiennent fidèlement le groupe, malgré la difficulté que l'industrie a pu connaitre ces dernières années, Russell crée la surprise en faisant monter sur scène "le plus jeune fan présent dans la salle", à savoir : un garçon âgé de moins de dix ans arborant fièrement un t-shirt de l'album "Paradise Lost" ! À l'instar d'un Jacques Martin patient et pédagogue, Russell posera quelques questions en anglais au jeune garçon, tel que : "Tu joues d'un instrument ?", ce à quoi il répondra affirmativement, avec l'aide du public. Mais lorsqu'il s'agira de préciser quel type d'instrument, la communication deviendra plus difficile, créant l'hilarité dans la foule.

Le groupe clôture ce concert avec l'excellentissime Legend, et ce pas avant que Russell ait fait une référence à la légende Ronnie James Dio en levant les cornes vers le ciel.

 

Malgré une ambiance trop arrosée et irrespectueuse à mon goût, SYMPHONY X fait mouche et mériterait d'être revus dans une meilleure salle avec un public plus passionné par la musique que les pogos !

Setlist

Overture
Nevermore
Underworld
Kiss of Fire
Without You
Charon
To Hell and Back
In My Darkest Hour
Run With the Devil
Swan Song
The Death of Balance / Lacrymosa
Out of the Ashes
Sea of Lies

Rappel

Set the World on Fire (The Lie of Lies)
Legend

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