IN FLAMES / SEPULTURA / DAGOBA (Paris, Elysée Montmartre)
Voilà un concert attendu depuis longtemps. Je quitte mon Alsace natale pour ce Paris mouvementé. L’entrée de l’Elysée est déjà noire de monde. En attendant, j’ai la chance de rencontrer Björn Gelotte, guitariste d’In Flames près de l’entrée… L’excitation se fait encore plus grande.
Les portes de l’Elysée s’ouvrent … C’est parti.
Le concert commence avec Dagoba, groupe marseillais. Ils sont très enthousiastes de faire partie d’une affiche aussi colossale, et ça se ressent. Après une intro orchestrale, le groupe déclanche une grosse animation dans le pit avec leurs premiers riffs. Le son est puissant, une bonne énergie s’en dégage. Je les avais déjà vus jouer en Alsace il y a environ 3 ans. Je ne peux pas dire qu’ils n’ont pas évolué depuis tout ce temps. Jacky, le batteur est une vraie machine derrière ses fûts. Et il ne faut pas oublier la présence de Vortex de Dimmu Borgir sur leur chanson « It’s All About Time » qu’ils ont bien évidemment jouée en passant une bande sur laquelle Shawter rajoute sa voix.
Malheureusement j’ai pu constater quelques manques de justesse dans la voix claire du chanteur. Cependant, les marseillais ont trouvé leur public, et leur présence ce soir leur aura fait plaisir à eux, autant qu’à leurs fans.
Environ 20 minutes après, Sepultura entre en scène. Et dire qu’il y a quelques années ils remplissaient un Zenith ! Mais bon, on sait tous pourquoi. Non, Igor Cavalera ne sera pas de la partie pour la tournée de leur album « Dante XII ». C’est l’ex-batteur de Soulfly, Roy Mayorga qui le remplace. C’est avec appréhension que j’aborde le set des brésiliens. Le public est enthousiaste, même si la nostalgie revient par moment. Derrick Greene est impressionnant. Beaucoup de charisme et de présence. On sent qu’il s’est approprié les morceaux. Voix puissante, son efficace, Sepultura reste fidèle, même si l’image de Max Cavalera continue à hanter les esprits de nombreux fans. J’ai beaucoup apprécié le contact de Derrick avec le public. Il veut lui aussi gagner sa place dans nos coeurs, et on lui rend bien. Il se munit même d’une belle Flying V sur quelques morceaux afin de seconder Andreas Kisser . Petite touche d’humour : le guitariste commence à narguer le public sur la coupe du monde. Mais c’est avec bon cœur que l’on commence à chanter « Et ,1 et 2, et 3, zéro !!! ».
Maintenant la fin approche et ils ne peuvent pas ne pas jouer le morceau tant attendu. Ah si… on commence à entendre le fond du début de « Roots ». Il dure… On s’attend à entendre le premier riff d’un moment à l’autre… Mais non, nous n’y avons pas encore droit. Andreas Kisser se prend à jouer quelques accords de Black Sabbath. Bref hommage. Soudain, c’est le moment tant attendu : « Roots Bloody Roots », sous un tonnerre d’acclamations. Bonne claque. C’est sur cette dernière chanson mythique que le groupe quitte la scène. Maintenant c’est au tour des suédois
L’attente se fait longue. Le rideau se baisse, les techniciens préparent le terrain. Sur la scène on peut apercevoir de gros amplis recouverts de draps. Que nous réservent-ils ? Les techniciens portent les fameuses chemises identiques à celles des membres avec leur nom greffé ainsi que le logo du groupe.
In Flames. Un des groupes phares de ces dernières années. L’attente se fait longue… Soudain, l’on entend « Your Bedtime Story is Scaring Everyone » en intro. Le rideau est toujours baissé. On peut voir la silhouette des suédois, enfin. Et c’est avec les premiers accords de « Pinball Map » que le rideau tombe. C’est l’explosion. Le public chante, bouge… L’ambiance est à son comble. Les effets de lumières sont très réussis : spots mobiles, bannières lumineuses… In Flames attaque avec puissance. Anders, le chanteur, est très motivé et proche du public. Mais sa voix laisse à désirer par moment : je ne l’entends pas bien. Mauvais mixage ? A part ça, la salle est déchaînée. Les titres s’enchaînent. De “Jester Race” à “Come Clarity”. Je me retrouve à chanter avec mes voisins et à lever le poing. « Hornz Up ! ». Les suédois jouent leurs tubes : « Trigger », « Take This Life », « Cloud Connected », « Episode 666 », « The Quiet Place ». Et c’est lorsqu’ils jouent inévitablement « Only for the Weak » que toute la salle se met à sauter. Les riffs, mélodiques et puissants nous transportent « behind space ». Jesper et Björn sont malheureusement un peu trop statiques. Les “vieux” titres tels que “Moonshield”, “Behind Space”, “Insipid 2000” font bien sûr des heureux. Les vieux souvenirs et sensations des anciens albums remontent à la surface. La magie s’opère également sur la chanson « Come Clarity ». In Flames a son propre son, son propre style. Leur public les suit, malgré leur évolution. Show intense, on sait à quoi s’attendre avec In Flames. La fin arrive. Jesper balance plusieurs médiators dans la foule. C’est avec de grands sourires et élans de générosité que nos amis les suédois quittent la scène.