Ils sont venus des quatre coins de l’alsace, délaissant parents, femmes, enfants, contraintes du quotidien…mes potes. Il faut dire que je leur ai injecté le virus, quand il y a quelques mois, tout à fait par hasard je découvrais un groupe nomme Airbourne et son premier album « runnin’ wild » (voir chronique), et ce bien avant que la presse spécialisée n'en parle.
Ce combo est un phénomène. Pratiquant un hard rock placé sous le sceau d’acdc. Fondé par les frères O’keeffe : Joël (guitare) et Ryan (batterie), comme les frangins Young ils sont également Australien ; Beaucoup de similitudes et une aura rock n’ roll qui les précède partout là ou ils passent.
Ce soir la salle de la laiterie est pleine à craquer, ce qui ne m’empêche pas de me coller à la barrière pour ne pas en perdre une miette.
The black spiders, groupe Anglais, ouvre le bal déversant un stoner branché black sabbath et old heavy, teinté d’une coloration années 70. Le chanteur/guitariste est à fond dedans, sa guitare accordée très bas, déversant de bons riffs entrainants, pendant que ses camarades se donnent de la tête aux pieds tout au plaisir de leur musique qui traverse les âges du metal. C’est pas mal du tout et le public se laisse porter par l’ambiance old school qui se propage dans la salle. Applaudissements, trois petits tours et puis s’en vont.
Les rodies s’afférent, installant la scène pour Airbourne. Ce que je pensai être des échafaudages, où un décor, caché sous des bâches, en fond de scène, se révèlent à nos yeux comme étant un mur d’amplis Marshall ! Là ça va tuer !
L’ambiance est palpable, l’attente de plus en plus difficile. Extinction des feux, fumigènes et ….ils arrivent, les quatre chevelus Australiens ;
D’emblée c’est l’hystérie : une section rythmique en béton armé, métronomique comme les battements d’un cœur éléphantesque, le bassiste et le guitariste rythmique pris dans un headbanging de malade qu’ils pratiqueront tout au long du concert, pendant que le batteur tape comme un sourd sur ses fûts tout en y apportant un certain groove.
Mais celui vers qui tous les regards convergent, c’est Joël, cheveux sur les yeux, voix éraillée, guitare en brandouillée, regard heureux d’être là, torse nu, son petit gabarit tout auréolé de la puissance d’un bâton de dynamite. « Rock n’ roll résistance » braille t- il dans le micro, tout en s’envoyant moults rasades de vin, ou ouvrant des boites de bières avec son crane, dont il fait gicler le liquide poisseux sur la tête des spectateurs. Il est partout à la fois, allant même jusqu’à se fondre dans le public, tout en dispensant des solos qui écorchent la gamme de blues. Sorte de croisement entre bon Scott et Angus Young.
Le son est énorme, et l’énergie est « High voltage, » powerage », « t-n-t » ; P….n, que c’est bon ! Avec des titres bien énervés comme « stand up for rock n’ roll », « black jack », « hellfire », des mid tempos tel que « too much, too young, too fast » au refrain fédérateur, du boogie rock avec « fat city », des riffs efficaces, ces gaillards nous font revivre ce qui manque maintenant à ACDC : l’énergie des débuts, de celle qui est immédiate, qui ne triche pas : à fond ! À fond ! Le public est en liesse et en sueur, complètement parti : slam et headbanging : ce soir c’est la fête. Et puis, l’air de rien, les musiciens augmentent le son des amplis, au fur et à mesure du show, au fur et à mesure que l’ambiance monte en intensité.
Les lumières se rallument, après un rappel. C’est déjà terminé ? Faut dire que j’ai perdu la notion du temps, tout à mon plaisir. Même un de mes amis qui ne jure que par le death, le black et le grind, n’en reviens pas. « Ok », me confie t-il : « ce n’est que du rock n’ roll, mais là je reconnais que c’était un sacré bon moment ».
Si jamais ils passent par chez vous allez-y….juste pour y sentir ce que cela donne.
olivier no limit