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DREAM THEATER – A View From The Top of The World

Dream Theater - A View From The Top Of The World

Qu’attendre de DREAM THEATER en 2021 ? Rester créatif et continuer à surprendre est une gageur pour n’importe quel groupe qui dure, et plus encore pour ce groupe, réputé pour sa technicité et sa recherche mélodique toujours plus ambitieuse et démesurée.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis l’arrivée de Mike Mangini à la batterie en 2011, les productions du groupe divisent. Si personne ne conteste les compétences indiscutables du batteur, les fans regrettent surtout le départ de Mike Portnoy, qui plus qu’un batteur faisait partie de l’identité et de la patte de composition d’un groupe qui a révolutionné et popularisé son style.

Et moi dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense ? Pour moi, c’est 50/50. Depuis le départ de Portnoy, j’aime un album sur deux. J’avais personnellement adoré « Distance Over Time » (sorti en 2019) de par son écriture plus belle, directe et l’audace de sa composition (je vous défie de trouver des morceaux ressemblant à S2N, At Wit’s End ou l’outro de Barstool Warrior ailleurs dans leur discographie).

Donc tout logiquement je n’ai pas vraiment apprécié « A View From The Top of The World ». Le premier problème résidant pour moi dans l’artwork : une vision panoramique, qui empêche l’attention aux détails et aux subtilités qui le colorent. On a donc un décor mais pas de sujet. Et surtout la symétrie qui se dégage de cette cover la rend terriblement fade et dérobe à l’album toute réelle intention et fait juste propre. Même pas joli à regarder parce que tout est trop lointain.

Et c’est exactement ce qui ressort de l’écoute des morceaux : le groupe repompe des poncifs de composition et des tics d’écriture de plus en plus visibles, donnant aux chansons une sensation de « déjà vu ». The Alien en est un très bon exemple, en plus de recycler des motifs mélodiques de leurs propres morceaux, ils réutilisant la carte du « passage lourd et technique puis solo léger de Petrucci ». Ce type de riffing très Heavy et d’ambiance pesante sera réutilisé à foison dans l’album, donnant réellement un sentiment de répétition et un manque cruel d’originalité. Tout ça n’en fait pas forcément un morceau désagréable à écouter, mais on a connu le quintet plus créatif et audacieux et ces derniers nous offrent donc un opener moyennement convaincant.

Answering The Call nous ressort immédiatement un riff et une ambiance lourde, mais avec un peu plus de finesse et une meilleure section vocale, plus originale et agréable à écouter… mais également un thème symphonique quasi similaire à celui de Breaking All Illusions, décidément.

Il faudra attendre l’arrivée de Invisible Monster ou Transcending Time pour écouter de bons morceaux, qui tout en étant plus modestes ne supplantent jamais la complexité d’exécution et l’identité de ses auteurs. Le thème principal de Invisible Monster évoque de la mélancolie mais aussi un soupçon d’inquiétude, et le sujet du morceau pourrait très bien en faire la facette plus douce de The Enemy Inside (dans l’album « Dream Theater », 2013). La progression et l’évolution de la musique au sein de cette chanson est agréable et semble fluide, comparativement aux autres morceaux. Et puis qui d’autre peut réussir à écrire des morceaux aussi bêtement joyeux que techniques comme Transcending Time ? Ces morceaux brillent par leur simplicité et non par la volonté d’un groupe de toujours pousser les curseurs pour exploser les cerveaux de ses spectateurs. Si DREAM THEATER y parvenait avant, il semble que le mieux soit, comme l’avait montré « Distance Over Time », de mieux diriger l’écriture et l’oreille de l’auditeur au lieu de le noyer. Ce qui se résume avec la nouvelle chanson longue et épique à ajouter au catalogue du groupe : A View From The Top of The World. Malheureusement, le morceau ne capte jamais réellement notre attention ni ne marque par un élément ou une mélodie et ressemble juste à une idée un peu moyenne traînée en longueur, avec un sursaut d’efficacité sur les quatre dernières minutes mais c’est trop tard.

Au moins cette fois, le mix général est plus juste. La batterie est plus claire et s’équilibre bien avec le reste de la formation, et la basse est bien en avant, ça donne du corps à la musique et restitue bien la sensation de grandeur que cherche à nous faire ressentir le groupe. Reste toujours le problème de James Labrie… toujours en peine avec sa voix, ses lignes de chant se noient dans les effets et trahissent leur manque de naturel. Cela dit, un effort a été fait pour maintenir le chant dans un medium un peu plus confortable pour Labrie. Du coup ce n’est pas tout le temps si affreux, mais suffisamment pour que le problème continue d’être soulevé.

Pour conclure, je dois être honnête : plus j’écoute cet album, moins je le trouve faible. Mais ce coup-ci, DREAM THEATER ne réussit pas à sortir de son cadre, et peine à nous emmener aussi loin qu’ils le veulent. Donc on se retrouve avec un groupe bien vivant, toujours debout, sur le devant de la scène, mais qui domine tellement le reste du monde qu’il ne parvient plus à en magnifier les détails. À force de ne plus prendre de risques, DREAM THEATER pourrait bien s’enfermer dans son rêve, et nous fermer les rideaux de son théâtre.

 

 

 

TRACKLIST

1 – The Alien
2 – Answering The Call
3 – Invisible Monster
4 – Sleeping Giant
5 – Transcending Time
6 – Awaken The Master
7 – A View From The Top of The World

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