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HELLOWEEN – par Camille Duranton

helloween 2021

 

5/5

 

En plus de 50 ans d’histoire du metal, de nombreuses formations, déformations et reformations ont eu lieu. Si le retour d’anciens illustres musiciens suscite l’enthousiasme sur le papier, il rend de plus en plus de fans dubitatifs quant à la sincérité des intéressés et la plus-value artistique provoquée par leur retour. Le doute était donc permis concernant HELLOWEEN, groupe-fondateur du power metal allemand, surtout quand on connaît les difficultés qu’ont eu les musiciens à ramener dans leurs rangs Michael Kiske, chanteur entre 1987 et 1993, qui s’est sorti du lot avec sa participation au légendaire diptyque d’albums « Keeper of the Seven Keys ».

L’espoir était cependant permis lors de la tournée Pumpkins United (2017-2018), au cours de laquelle les sept musiciens se donnaient à fond pendant des concerts de trois heures, en passant en revue 30 ans de carrière, faisant plaisir aux nostalgiques et aux amateurs de leurs travaux plus récents.

Puis arrive enfin HELLOWEEN, l’album qui synthétise cet élan artistique retrouvé. Force est de constater que cette tournée a permis aux musiciens de se découvrir et se redécouvrir, ce qui leur a permis d’accoucher d’un disque synthétique, dans lequel le groupe joue sur la nostalgie sans tomber dans la facilité.

L’auditeur sceptique pourrait cependant douter de la sincérité de la démarche à l’écoute d’Out for the Glory (qui n’est pas sans rappeler Eagle Fly Free), morceau d’ouverture signé par Michael Weikath (guitare) dans lequel Michael Kiske se taille la part du lion des envolées vocales. Seraient-ils tentés de reproduire ce qu’il faisait à l’époque des « Keeper of the Seven Keys » ? Ces doutes sont gommés dès Fear of the Fallen, écrite par Andi Deris (chant) et Kai Hansen (guitare et chant), qui montre bien que le groupe n’entend pas oublier ce qu’il fait depuis 1994. Au contraire, à l’image de la tournée précédente, toutes les périodes sont assumées. Une autre preuve de confiance artistique est le titre Mass Pollution, sur lequel HELLOWEEN a choisi d’écarter Michael Kiske du chant principal.

 

helloween 2021

Photo : Franz Schepers

 

Les musiciens sont en effet au service de leurs compositions et non de leurs égos ou d’une volonté passéiste sur ce disque. De fait, les quatre compositeurs principaux ont su s’entendre, se réunir et tirer le meilleur de leurs idées pour accoucher d’un disque varié et pertinent à tous les étages. Ainsi, Best Time de Sascha Gerstner (guitare), aux mélodies fortes et aux accents « old school », cohabite avec le plus planant Angels, alors que l’agressif Indestructible de Markus Grosskopf (basse) laisse place à l’épique Robot King et ses lignes de chant fédératrices, qui ne demandent qu’à être reprises en chœur. Kai Hansen, compositeur principal de HELLOWEEN à ses tous débuts, s’illustre ici avec un final touchant le firmament : Skyfall. Cet hymne spatial offre un voyage inoubliable, à grands renforts d’harmonies à trois voix et d’aller-retours entre les chanteurs et les guitaristes, qui donnent tout ce qui leur reste pour offrir un feu d’artifice final du plus bel effet.

 

Car si les musiciens s’illustrent par leurs capacités créatives, ils se montrent également impeccables en tant qu’interprètes. Aucun guitariste ne prend le pas sur l’autre : en 1h15 de musique, chacun a le temps nécessaire pour offrir « leads » flamboyants et riffs directs, sans jamais prendre le pas sur l’autre. Grâce à une production aux petits oignons assurée par Charlie Bauerfriend et Dennis Ward, l’équilibre sonore est assurée et même la basse de Markus Grosskopf n’est jamais en difficulté dans le mix, face aux guitares. Dani Loble (batterie) se montre toujours aussi pertinent : il accompagne le groupe dans ses cavalcades (Down in the Dumps), sait se faire plus discret quand c’est nécessaire, mais déballe quand même l’artillerie lourde quand il s’agit de briller (Skyfall) !

Parmi les retours dans le metal, ceux de Michael Kiske et Kai Hansen au sein de HELLOWEEN paraissaient les plus risqués, tant il semble ardu de mettre d’accord sept musiciens d’expérience. Cependant, ici, l’art prime et la formule fonctionne aussi bien sur scène que sur disque. Les mauvaises langues pourraient s’interroger sur la longévité du groupe sous cette forme… On ne pourrait que leur conseiller d’apprécier ce que le groupe offre à l’instant présent : un disque soigné, qui prend le parti de raconter l’histoire du groupe tout en se tournant vers l’avenir. Une entreprise ambitieuse, mais réussie en tout point.

 

TRACKLIST

01 – Out For The Glory

02 – Fear Of The Fallen

03 – Best Time

04 – Mass Pollution

05 – Angels

06 – Rise Without Chains

07 – Indestructible

08 – Robot King

09 – Cyanide

10 – Down In The Dumps

11 – Orbit

12 – Skyfall

___________________

Merci à Camille Duranton pour sa contribution !

 

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