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ILUMINATO – Liz Demier & Pablo Ferreira, 23/11/2011

iluminato - reflections of humanity

 

ILUMINATO naît au Brésil en 2010 de la volonté de Pablo Ferreira, compositeur et guitariste. Le premier album, « Reflections of Humanity », sort en version digitale tout juste un an après. Entre-temps, le jeune projet voit le jour sur scène, puisque Pablo, accompagné de musiciens de session, a assuré la première partie de SIRENIA au Brésil !

Si les sonorités sont caractéristiques du death metal symphonique actuel, elles rappellent aussi les vétérans du genre. En particulier, la voix de Liz Demier apporte fragilité, lyrisme et innocence à ces compositions très mélodiques mais parfois violentes, notamment grâce aux grunts de Pablo. Un groupe typique du phénomène « Beauty and the Beast » qui a pourtant réussi avec brio à apporter une pierre précieuse à l’édifice déjà vaste du genre ! Rencontre avec Liz et Pablo…

 

 Le groupe est-il uniquement composé de vous deux ?

Pablo – En effet. Pour le moment, on s’est mis d’accord pour ne chercher d’autres musiciens qu’après la sortie de l’album. On joue donc toujours en compagnie de guests, mais malgré tout, on auditionne déjà des musiciens et nous pourrons bientôt annoncer officiellement la formation finale et tous ses membres officiels.

 

Pablo, comment as-tu démarré dans la musique ?

J’ai commencé la guitare à 14 ans dans un groupe de reprises de METALLICA. Durant mon adolescence, j’ai découvert des classiques comme IRON MAIDEN et METALLICA qui ont influencé mon jeu de guitare. Plus tard, j’ai découvert le metal gothique avec TRISTANIA, et ça a été le coup de foudre ! Depuis, j’écoute beaucoup de groupes européens, et c’est grâce à cela que je me suis décidé à former mon propre groupe de metal symphonique : j’aime la liberté de composition que ce style offre et la diversité que l’on peut y trouver. METALLICA, TRISTANIA, THEATRE OF TRAGEDY et CRADLE OF FILTH sont sans aucun doute les influences principales d’ILUMINATO… Le groupe présente un ensemble de riffs, d’ambiances et de grunts alliés à ma propre touche.

 

iluminato - 2011

Votre premier album contient des extraits du film Network, Main basse Sur La Télévision, sorti en 1976…

Tout à fait ! L’idée d’incorporer des extraits d’un film dans l’album vient du titre And When He Falleth par THEATRE OF TRAGEDY, dont l’interlude comporte des répliques tirées d’un film. J’ai toujours été dingue de cette chanson.

Je n’ai pas mis longtemps à me rendre compte que le personnage d’Howard Beale, porteur de plusieurs vérités, convenait parfaitement au thème abordé dans l’album, à savoir la remise en question de la société et de l’existence de l’humanité. On a ensuite utilisé les dialogues du film comme noyau autour duquel les chansons graviteraient.

Ce n’est pas un album-concept, car les messages sont subjectifs et, en un sens, ils ne sont pas tous reliés les uns aux autres. Ils n’ont pas non plus de lien direct avec le scénario même du film, car ce sont des questionnements humanitaires. De ce fait, les chansons se distinguent les unes des autres.

 

Dans la biographie officielle, on peut lire que vous avez souhaité « suivre les origines du metal gothique mais en utilisant une technique moderne basée sur la rapidité ». Qu’est ce que cela veut dire exactement ?

Le metal gothique des années 1990 est fortement influencé par le metal doom, avec ses riffs simples et un rythme lent qui, à mon avis, le font ressembler au rock. Aujourd’hui, le metal évolue différemment, avec des riffs de plus en plus complexes, des batteurs plus techniques… Mon objectif était de ramener à la vie le son des groupes des années 1990, tels que THEATRE OF TRAGEDY ou TRISTANIA, en y ajoutant toutefois une dimension plus mature et une rythmique plus moderne.

D’après moi, du metal symphonique au rythme lent n’irait pas avec la scène metal actuelle : à titre d’exemple, EPICA a évolué album après album vers du death metal, prouvant bien que le metal symphonique peut survivre au sein de la scène actuelle avec des parties instrumentales rapides et élaborées. Dans « Reflections of Humanity », on peut reconnaître les influences plus « traditionnelles » d’un album tel que « Aegis » (1998) de THEATRE OF TRAGEDY, mais avec des riffs de guitare heavy et des parties de batterie plus rapides qui s’apparentent davantage à la scène metal actuelle qu’au rock et au doom metal.

 

Par moments, « Reflections of Humanity » peut évoquer « Enter » (1997) de WITHIN TEMPTATION ou encore « Prison of Desire » (2000) d’AFTER FOREVER. Ces albums font-ils aussi partie de vos influences ?

Pas vraiment, même s’il est certain qu’on partage les mêmes influences ancrées dans les années 1990, comme TRISTANIA. J’imagine que c’est pour ça qu’il y a des similitudes entre « Reflections of Humanity » et ces groupes…

 

liz demier - 2011

 

Liz, comment t’est venu ta passion pour le chant ?

Liz – Je chante depuis aussi longtemps que je respire ! (Rires) J’ai toujours été passionnée par la musique. À 14 ans, j’ai rejoint une chorale, et c’est plus ou moins à cette époque qu’une connaissance m’a familiarisée au metal symphonique. J’ai eu un coup de foudre pour AFTER FOREVER, NIGHTWISH et EPICA, les premiers groupes que j’ai connus. Par la suite, j’ai pratiqué le chant lyrique en autodidacte, mais lorsqu’on m’a demandé de rejoindre ILUMINATO en tant que chanteuse lead, j’ai pris contact avec mon professeur de chant actuel, et les cours font désormais partie de ma routine !

 

Dans la biographie officielle, il est écrit que tu es française ; pourtant tu habites au Brésil. Peux-tu nous en dire plus ?

Je suis française du côté de ma mère, et ma première langue est également le français. D’ailleurs, on prévoit peut-être d’écrire une chanson en français pour notre prochain album ! Mais il est vrai que j’habite au Brésil, et c’est pour ça que nous avons décidé de retirer la partie de la biographie qui disait que j’étais française parce que ça attirait trop l’attention : tout le monde voulait en savoir plus, et pour être honnête, nous n’avions pas l’intention de mettre cela en avant…

En vérité, je me considère bien plus brésilienne que française aujourd’hui. Mais j’ai effectivement cette double identité culturelle en moi, et je suis heureuse d’habiter au Brésil, un magnifique pays où vivre !

 

L’Europe connaît très peu de groupes sud-américains. Pour terminer, pourriez-vous en citer quelques uns ?

Pablo – Personnellement, je ne suis pas très branché par les groupes sud-américains du genre. Mais je peux nommer ceux dont je me souviens : les trois groupes assez connus au Brésil et qui font un travail formidable sont HYDRIA, HOLINESS et ECLIPTYKA. Les autres, bien qu’appartenant à un autre style de metal mais qui ont leur place dans la scène metal brésilienne sont KORZUS, KRISIUN, et bien sûr ANGRA…

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L’album est disponible sur les plateformes de streaming et sur Youtube :

 

 

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